L’outil « vaccination » en élevage bovin repose sur quelques principes simples mais essentiels. Il convient en premier lieu « d’identifier les risques sanitaires propres à l’exploitation en partenariat avec le vétérinaire traitant. Souvent, la réalisation d’analyses complémentaires est nécessaire pour identifier l’agent pathogène responsable », indique Vetea Plichart, vétérinaire technique MSD Santé animale. Puis, on devra choisir des vaccins adaptés (en fonction de la maladie, de la technologie, du mode d’administration, des objectifs de l’élevage) et autorisés pour les espèces concernées, respecter les protocoles de primovaccination et de rappels pour garantir une immunité durable et assurer des conditions d’administration rigoureuses (voie, dose, hygiène, matériel stérile).
Établir un calendrier vaccinal
Pour bien anticiper, « il convient d’établir avec le vétérinaire un calendrier vaccinal qui doit tenir compte de l’âge, du statut immunitaire des animaux (mère et veau) ainsi que de la saisonnalité de la reproduction. »
Pour optimiser la réussite de la vaccination, « le statut immunitaire des animaux doit être performant et en capacité de répondre à la stimulation antigénique, en limitant toute situation stressante ». Une bonne alimentation compte. « Il est important d’éviter des restrictions énergétiques dans les semaines précédant la vaccination. Pour les vaches en préparation vêlage, un apport suffisant en énergie et protéines + oligoéléments permet d’obtenir un bon volume et une bonne concentration en immunoglobulines G du colostrum et du lait de transition afin de transférer au veau les vitamines, oligoéléments et anticorps nécessaires à sa bonne santé. »
S’assurer du succès de la vaccination
Dans l’idéal, il est préférable de « ne pas programmer une vaccination en plein changement de ration ou lors d’un déplacement de lot ». Les minéraux et vitamines sont également la clé de l’immunité (notamment la vitamine A pour la réponse vaccinale des veaux). « Penser aussi à l’accès à l’eau facilement avant, pendant et après le chantier vaccinal. »
Éviter de vacciner des animaux stressés
Autre précaution, il est préférable de ne pas vacciner en période de pics de stress (sevrage, mélange de lots, transport, déparasitage, écornage, parage, IA/collecte d’embryons) ou lors des chaleurs extrêmes, des vagues de froid, des orages. Et « il ne faut vacciner que des animaux en bonne santé ». Côté gestion du troupeau et manipulation, plusieurs attitudes sont à éviter : la contention d’une durée longue, des animaux trop serrés, le mélange de lots dans les jours précédant la vaccination.
Respecter les préconisations
Ensuite, les bonnes pratiques vaccinales sont à respecter, il faut bien lire la notice pour chaque vaccin et respecter les préconisations d’utilisation, notamment la chaîne du froid. L’hygiène d’injection est également importante : utiliser du matériel propre (seringue neuve à usage unique ou pistolet nettoyé à l’eau chaude), injecter à travers une peau non souillée… « Les heures et jours qui suivent la vaccination, il est important de surveiller les animaux ». En cas d’effets indésirables, Vetea Plichart conseille de « prendre contact immédiatement avec son vétérinaire pour déclarer un cas de pharmacovigilance. »
Agnès Cussonneau
Les impacts de la FCO ont été évalués à l’automne
La Chambre d’agriculture avait réalisé une enquête auprès de 58 exploitations laitières finistériennes à l’automne dernier, à la sortie de l’épisode estival de FCO. Sur les 58 producteurs enquêtés, plus de 60 % sont en bio, le troupeau moyen étant de 84 vaches laitières et la suite (80 vaches en bio et 90 vaches en conventionnel). « Premier constat : la FCO semble avoir touché la quasi-totalité des élevages. Seules 2 fermes conventionnelles au troupeau vacciné (FCO 3 et FCO 8) avant l’arrivée de la maladie n’ont vu aucun symptôme », souligne Isabelle Pailler, conseillère lait à la Chambre d’agriculture de Bretagne. 23 troupeaux avaient été vaccinés contre la FCO 3 (15 avant l’épizootie, 5 pendant et 3 après), 15 ont aussi été vaccinés contre la FCO 8 (5 avant, 8 pendant et 2 après). Enfin, 7 troupeaux ont été vaccinés contre la MHE. Les avortements, les problèmes de reproduction, de vêlages prématurés, les trayons et mamelles abîmés entraînant des complications pour la traite, la baisse de production laitière font partie des symptômes souvent cités. « Les manques à gagner et les dépenses supplémentaires étaient alors estimés en moyenne à 3 500 € par ferme ou encore 43 € par vache », chiffre-t-elle. À ce jour, elles sont en fait plus importantes « du fait des décalages sur les naissances enregistrées sur ce printemps, de l’ordre de 1,5 à 2 mois. Les exploitations en vêlages groupés de printemps sont davantage touchées. » Au moment de l’enquête, les pertes étaient plus importantes dans les exploitations bio (4 000 €/ferme, 49 €/vache). Au contraire, même en intégrant les coûts des vaccins, elles étaient plus faibles pour les troupeaux vaccinés (2 440 €, 31 €). En moyenne, « près du tiers des pertes sont liées à la diminution de la production laitière. La mortalité et la naissance de veaux non commercialisables représentent 1/5 des pertes. Les dépenses vétérinaires concourent aussi à faire augmenter la facture. » Au-delà des pertes économiques, plusieurs éleveurs ont très mal vécu cette période sur le plan psychologique avec l’impression de « ne pas voir le bout du tunnel ». Sur cet hiver et ce printemps 2026, parlant d’une seule voix, le GDS, le GTV, la Draaf et la Chambre d’agriculture de Bretagne ont incité les éleveurs de bovins à vacciner leurs cheptels contre les sérotypes 3 et 8 de la FCO et contre la MHE, ou à faire les rappels nécessaires. « Même ceux qui ont eu un passage de FCO l’an passé ont intérêt à le faire », notent les responsables. De même, il est important de « vacciner les animaux avant la mise à l’herbe pour simplifier la contention. Le rapport bénéfices – risques est en faveur de la vaccination. Les conséquences à moyen terme de la maladie sont importantes comme en témoigne la baisse notable de naissances ce printemps. »

