C’était annoncé et cela se confirme désormais presque tous les ans. Le changement climatique se traduit par des vagues de chaleurs plus nombreuses, souvent plus précoces et marquées par des pics de température plus élevés. Le bovin n’est pas le mieux armé pour y faire face. Il n’apprécie pas la chaleur et la supporte d’autant plus mal que son environnement est chargé d’humidité ou fait de matériaux ayant tendance à emmagasiner et à restituer des calories.
Au pâturage, les arbres et leur ombre sont devenus précieux. Par ailleurs, à une époque où les vaches laitières passent de plus en plus de temps à l’intérieur, le bâtiment doit tendre à n’être qu’un simple parasol. Les éleveurs de l’Ouest rencontrés pour ce dossier ont souvent été marqués, voire choqués, par l’impact du stress thermique sur leurs animaux : niveau de halètement jamais connu, non consommation de la ration, chute de production, voire boiteries et problèmes de reproduction par la suite…
Même léger et insidieux, le stress thermique a un coût. Mais il n’est pas totalement une fatalité. Des moyens existent pour améliorer le confort de vie des animaux en conditions chauds. Deux points majeurs sont à considérer. D’une part, une offre d’abreuvement à la hauteur pour répondre aux besoins en eau qui augmente : suffisamment d’abreuvoirs, quitte à en rajouter, offrant du débit et une boisson toujours propre. D’autre part, une ventilation à la hauteur, si possible naturelle – cela est efficace et coûte moins cher – et si nécessaire mécanique. Enfin, face au stress thermique, toute la conduite peut être aménagée : sortie au pâturage de nuit, composition et concentration de la ration, horaire de distribution à l’auge, complémentation minérale…
Toma Dagorn

