Dossier technique

L’investissement dans un rouleau ouvre le champ des possibles

Cuma de Plouasne (22) - Dotée d’un rouleau Faca, la Cuma fournit des efforts pour limiter les fuites d’azote : cet outil permet de broyer les couverts végétaux, les adhérents étant attentifs à la couverture de leurs sols, notamment après légumes.

Un rouleau Faca posé au sol - Illustration L’investissement dans un rouleau ouvre le champ des possibles
Le rouleau est très apprécié par les adhérents. Les lames peuvent être retournées quand un côté est usé. | © Paysan Breton – F. Paranthoën

Tout a démarré par une demande d’essai de matériel spécifique aux Établissements Hervé et à son antenne de Plumaudan (22). « Nous avons voulu tester le rouleau hacheur de couverts de marque Bonnel. L’essai a tout de suite été concluant », se souvient Benoît Bernard, président de la Cuma de Plouasne (22). Les adhérents cherchaient à l’époque une solution pour détruire leurs couverts, car certains d’entre eux cultivent des légumes à destination de la conserverie et de la surgélation. L’exploitation du président « est sur un captage d’eau, la nappe est peu profonde. Mes sols calcaires ne retiennent pas les nitrates, nous sommes toujours dans la limite des 50 mg/L. Pourtant, nous fournissons de gros efforts, qu’ils soient agronomiques ou financiers ». Parmi les leviers actionnés pour limiter ces fuites d’azote, l’agriculteur cite la mise en place de couverts courts après haricot pour pomper cette matière fertilisante. L’investissement de ce rouleau Faca a été de 17 000 €, « fortement aidé pour la Cuma par le recours à une mesure mise en place par FranceAgriMer ».

Semer sans labour

Cet outil hacheur de 4 m de large est lourd, pesant sur la balance 2,230 t. De quoi avec ses 2 trains de rouleau bien appuyer sur les végétaux et les broyer. « Il peut être attelé à l’avant ou à l’arrière, un système de pivot central lui permet de suivre le devers des parcelles ». Le modèle sélectionné à rouleaux de 500 mm de diamètre est équipé de lames biseautées boulonnées. Celles-ci peuvent être retournées pour les user des deux côtés.

Le rouleau fonctionne très bien sur des couverts développés

Dans son système de culture, Benoît Bernard veille à ne pas bouleverser la structure de son sol. En utilisant ce rouleau, « je peux semer des céréales sans labour. Le fait d’être attelé à l’avant n’écrase pas la végétation avant le passage de l’outil, tout est haché, même les passages de roue ». Pour bien fonctionner, le président de la coopérative d’utilisation de matériel précise que « le couvert doit être bien développé, environ à hauteur de genou, avant d’être cassé, sinon la matière est plutôt couchée ». Aussi, des espèces comme la moutarde doivent être détruites avant qu’elle lignifie, sous peine de rater ce broyage. « Il faut des brins courts pour obtenir des résidus homogènes, ceci afin de ne pas perturber les semis ». L’objectif est de broyer 15 jours à 3 semaines avant le semis de céréales, « les végétaux se dégradent ensuite très vite ». Au sujet de la vitesse d’avancement, « que l’on aille lentement ou rapidement, le résultat est le même, nous l’avons essayé à 3 ou à 15 km/h. Si on l’utilise plus vite, le sol sera légèrement travaillé. Dans tous les cas, la consommation de carburant est incomparable par rapport à l’utilisation d’un broyeur ».

Autre utilisation de ce rouleau, celle de déchaumage après un colza. « Les sols riches en argile sont plus sujets à des problèmes de limace. Je l’utilise pour déchaumer, puis je laisse sécher les parcelles pour diminuer ce risque limaces et en évitant de passer plusieurs fois avec d’autres outils ».

Fanch Paranthoën

Une Cuma au service de 30 adhérents

La Cuma de Plouasne n’a pas de chauffeur et ne possède que du matériel attelé. « Nous avons la particularité d’adhérer à une union de Cuma pour les chantiers de moisson (Cuma Armorique) ». Les 30 adhérents de Plouasne peuvent utiliser des remorques, des épandeurs à fumier et à lisier, des outils de travail du sol ou du matériel d’entretien des abords type épareuse. Pour l’herbe, la coopérative dispose d’une conditionneuse pour l’ensilage ainsi que des outils de fauche. Concernant le maïs, « nous disposons d’un semoir à écartement variable, capable d’implanter du maïs à 50 cm d’interrang. Il nous sert aussi pour le colza, les betteraves ou les haricots ».


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