Mickaël Joubier est installé à Taupont (56) avec son frère David depuis 2007. Avec leurs salariés, les deux associés gèrent un élevage de poules pondeuses et exploitent 350 ha, dont 40 dédiés à la production de plants de pommes de terre. « Nous avons converti l’exploitation en agriculture biologique en 2016 », raconte l’agriculteur. « À l’époque, j’avais l’impression d’avoir fait le tour de mon système conventionnel. Aujourd’hui, je trouve le métier plus épanouissant et beaucoup plus technique. »
Six passages d’outils à dents
Cette année, les éleveurs entament leur sixième campagne de production de plants avec Douar Den. « La pomme de terre est notre culture principale. Nous organisons notre rotation autour d’elle, avec l’objectif de la faire revenir sur une même parcelle tous les six ans. » Une stratégie facilitée par la diversité des cultures implantées sur l’exploitation : céréales, chanvre, légumes industrie, oléagineux… Très souvent, les tubercules sont implantés après une céréale. Après la moisson, les agriculteurs apportent du carbonate et sèment un couvert de féverole et de phacélie. Une fois ce dernier détruit, les associés épandent du digestat (20 m3/ha) ou de la fiente de poule. Cette année, l’itinéraire de préparation du sol évolue : le tamisage est remplacé par des outils à dents. Avant la plantation, environ six passages de déchaumeur sont réalisés, avec un réappui au rouleau Packer presque entre chaque intervention. « La profondeur de travail doit atteindre 28 à 30 cm », explique Alain André, responsable du service cultures chez Douar Den. « Pour finaliser la préparation, un passage de herse rotative est le bienvenu. »
Herse étrille et butteuse
Pour désherber, Mickaël Joubier utilise une herse étrille de 12 m à ressorts et à dents indépendantes, ainsi qu’une butteuse Grimme. Le premier et le second passage de herse sont réalisés en prélevée, le troisième en post-levée. Chaque passage est espacé de sept jours. « Il faut intervenir quand il n’y a rien dans le champ, c’est-à-dire quand les adventices sont au stade filament », affirme Alain André. « L’important est de bien nettoyer le dessus des buttes. En pomme de terre, une culture sale n’a pas de rendement. »
Intervenir quand il n’y a rien dans le champ
Afin de limiter les risques d’abîmer la culture, une plantation à 4 cm de profondeur sous le niveau initial du sol est recommandé. Pour peaufiner le désherbage et reconstituer les buttes, un ou deux passages de butteuse complètent l’itinéraire. Côté traitement, de l’huile minérale est utilisée contre les pucerons tandis que la bouillie bordelaise sert à contenir le mildiou. « Nous réalisons environ 10 à 12 passages de pulvérisateur par parcelle », précise Mickaël Joubier. « C’est une culture qui demande beaucoup de suivi : elle aime qu’on s’occupe d’elle. »
Limiter les repousses
Trois semaines avant la récolte, le défanage est assuré par un broyeur de fanes. « Nous recherchons surtout de la quantité, et non de gros calibres », note l’agriculteur. Afin d’éviter les repousses de pommes de terre, le labour est ensuite proscrit pendant les deux années suivantes.
Alexis Jamet
Arrêt du tamisage
L’arrêt du tamisage a été motivé par plusieurs raisons : prolifération d’adventices, remontée de cailloux après un labour, érosion des sols. « Dans ce secteur, il n’est pas rare de voir le Blavet devenir marron après un orage de printemps », lance Alain André. Mickaël Joubier a alors revendu tout son ancien matériel. « L’avantage est de pouvoir travailler maintenant en quatre rangs, contre deux auparavant. Le débit de chantier est nettement amélioré. Cette année, certains de nos salariés ont même pu prendre des récupérations pendant la saison : du jamais vu chez nous. » Outre l’aspect agronomique, le remplacement de la tamiseuse par des outils à dents réduit la consommation de GNR. En septembre, la récolte sera assurée par une arracheuse Grimme 290 équipée du module AirSep. Cette technologie permet de séparer les pierres et les mottes des pommes de terre grâce à une soufflerie, et donc de récolter dans des parcelles non tamisées.

