Les premiers cas de kératoconjonctivite sont apparus il y a environ huit ans. « Ça a commencé par quelques vaches, puis la maladie s’est aggravée et s’est propagée », se souviennent Jaap et Nicolas Zuurbier, deux des associés du Gaec. « Il fallait traiter les animaux avec de la pommade antibiotique dans les yeux deux fois par jour. C’est vite devenu ingérable. » La kératoconjonctivite est une maladie infectieuse qui affecte les yeux des bovins. Elle est transmise par les mouches, qui agissent comme un vecteur mécanique entre un animal malade et un animal sain. D’abord transmise au pâturage, la maladie a ensuite commencé à circuler dans la stabulation, où les insectes étaient de plus en plus nombreux, notamment en raison du dérèglement climatique. « Les symptômes peuvent aller de l’écoulement des yeux à des ulcères, de la photophobie, voire, dans les cas les plus graves, jusqu’à la cécité », explique Matthieu Le Bars, vétérinaire de l’élevage. « Les vaches atteintes mangent moins et font donc moins de lait. »
Chaque année, nous vaccinons l’ensemble du troupeau
Une injection annuelle
Afin d’endiguer la maladie, les éleveurs ont recours à l’autovaccin depuis mars 2019. Après des prélèvements réalisés sur l’élevage et l’isolement de la souche bactérienne (ici Moraxella bovoculi), les associés achètent tous les ans auprès de leur vétérinaire des doses d’un vaccin spécifique à leur troupeau*. « Chaque année, nous vaccinons l’ensemble du troupeau en février-mars, avant l’arrivée des mouches », précise Nicolas Zuurbier. « Les plus jeunes animaux reçoivent une première dose à l’âge de trois mois, puis un rappel trois semaines plus tard. » Le rappel annuel coûte 4,75 € par animal. Le coût de la primovaccination dépend quant à lui du poids du bovin : au-delà de 300 kg, le prix est de 9,50 € par animal (deux doses de 10 ml). Pour un bovin de moins de 300 kg, il est de 4,75 € par animal (deux doses de 5 ml). Grâce à ce protocole, la maladie est aujourd’hui maîtrisée, même si elle reste présente dans le troupeau. « L’été dernier, nous avions oublié d’administrer la première dose aux jeunes », se souvient Matthieu Le Bars. « Ils ont présenté des symptômes, ce qui confirme l’efficacité de l’autovaccin. » Heureusement, les quelques bovins concernés ont été rapidement traités grâce à des antibiotiques.
Contention et surveillance
Malgré l’utilisation de l’autovaccin, la surveillance du troupeau reste indispensable. « Même quand les vaches sont au pâturage, nous les contrôlons tous les jours lors de l’apport de concentrés à l’auge », indique Jaap Zuurbier. Au moment de la vaccination, un bon système de contention est également essentiel. « En bloquant les vaches au cornadis, on travaille sans danger. Il faut environ deux heures pour vacciner tout le troupeau. » Alexis Jamet
* Voir l’article « Autovaccin : la solution sur-mesure des élevages »
Gérer les mouches dans le bâtiment
Pour réduire la pression des mouches dans le bâtiment, les associés du Gaec Zuurbier utilisent plusieurs solutions. Un brumisateur a été installé devant la salle de traite, et des huiles essentielles sont appliquées ponctuellement. « Nous utilisions aussi des mini-guêpes entre avril et octobre au niveau de la fumière et de la fosse », ajoute Nicolas Zuurbier. « Elles pondent dans les larves de mouches et contribuent ainsi à réduire leur population. C’est un confort pour les vaches, mais aussi pour nous.

