Savoie est une femelle en 3e veau « qui a vêlé il y a une semaine et qui démarre bien en lait. Cependant, une mammite s’est développée sur le quartier avant gauche », décrit Guenaële Jourdain, éleveuse installée à Scaër (29) au sein de la Ferme de Kervennou. Cette description est donnée à Maelys Lecomte, ostéopathe animalier, qui suit l’élevage. « Nous faisons appel aux médecines alternatives pour nos animaux, la cause d’un problème est souvent plus profonde que ce que l’on peut voir. Cette mammite peu sévère peut avoir pour origine un déséquilibre alimentaire ou faire suite au vêlage », se questionne la Finistérienne.
J’aime le fait de n’utiliser que mes mains
Après des observations et des manipulations diverses, sur le flanc, sur la colonne vertébrale, sur la mamelle, Maelys Lecomte fait marcher la vache qui vient de recevoir ses soins. « En effet, j’ai senti des résistances sur le quartier avant gauche, j’ai travaillé sur les ganglions. Une lombaire était en dysfonctionnement », pose-t-elle comme diagnostic. « Les nerfs partent de la colonne vertébrale, cette lombaire et cet étage neurologique correspondent à la mamelle ». En plus de mettre le doigt sur le mal du jour, l’ostéopathe a réalisé un check-up complet : « C’est une vache en forme, sans restriction, tout est a priori normal au niveau hormonal ». Pour vérifier ce point, la praticienne s’est focalisée sur la tête de Savoie, « la plupart des hormones sont sécrétées au niveau du cerveau. Si l’articulation de la SSB (symphyse sphéno-basilaire) a une bonne mobilité dans tous les axes, c’est un bon indicateur ».
Profiter du tarissement
L’ostéopathe conseille en général de faire appel à ses services « au tarissement. Ceci afin de bien préparer le vêlage ». Ce moment de la vie de l’animal « est aussi une période pour la vache où elle recharge ses batteries, il faut profiter de ce temps de repos », ajoute de son côté l’éleveuse. Sur la ferme, la prévention des problèmes de santé est de coutume, Guenaële Jourdain ayant aussi recours à de l’acupuncture. « Certaines sont très réceptives à cette pratique, d’autres non ».
Après 5 années d’études d’ostéopathie et le passage de 2 examens devant l’Ordre des vétérinaires, Maëlys Lecomte a démarré son activité en avril dernier. Elle dit « avoir toujours voulu travailler dans le milieu des soins pour animaux. J’aime le fait de n’utiliser que mes mains, et le contact avec les animaux. Finalement, le corps sait très bien se guérir seul, nous sommes là seulement pour l’aider ».
Fanch Paranthoën
La monotraite règle les problèmes de boiterie
La ferme de Kervennou ne trait les vaches qu’une seule fois par jour, le lait est en partie transformé sur place. Guenaële Jourdain fait remarquer que le fait d’être passé en monotraite « a réglé les problèmes de boiterie. Le troupeau a besoin de moins d’énergie. Elles ne maigrissent plus l’hiver, ce qui fait que le coussinet gras interne au pied ne diminue plus ».

