Dossier technique

Sans tonne, moins de tassement du sol

À Plélan-le-Grand (35), l’EARL Ménage mise sur l’épandage sans tonne pour valoriser le lisier tout en limitant le tassement des sols et les salissures sur les routes. Portée par l’Union de Cuma Armorique, cette nouvelle activité a déjà dépassé les 24 000 m³ épandus.

Trois hommes devant un système d'épandage replié - Illustration Sans tonne, moins de tassement du sol
De gauche à droite : Florian Mury, Laurent Chénedé et Guillaume Ménage. | © Paysan Breton

En cette matinée de fin mars sur une des parcelles de blé de l’EARL Ménage, le chauffeur de la Cuma avance rapidement, épandant le lisier grâce à la rampe de 24 mètres. L’impact sur le sol encore humide est limité. « L’épandage sans tonne est un moyen d’emmener du lisier au plus tôt en parcelle et de ne pas abîmer nos cours de ferme et les routes », argumente Guillaume Ménage, éleveur en veaux et ovins à Plélan-le-Grand (35).

Sur son exploitation, l’épandage sans tonne est possible sur 80 % de ses surfaces (SAU de 56 ha). « J’ai recours à cette technique depuis plusieurs années via une autre Cuma auparavant. Mais nous avions des besoins en local. C’est pourquoi nous avons décidé d’investir dans du matériel via l’Union de Cuma Armorique qui comprend la Cuma Agribocage d’Iffendic, dont je suis membre du bureau, et la Cuma de Treffendel. » L’activité d’épandage sans tonne a été lancée cette année.

Débit de chantier moyen de 200 m3/h

« Une dizaine d’adhérents sont engagés, mais ils seront plus nombreux à utiliser cette solution qui peut convenir sur prairie et sur maïs également, avec possibilité d’enfouisseur et de déchaumeur. Nous avons de la demande », précise Florian Mury, chef d’équipe salariés de la Cuma Agribocage. Sur cette campagne, « l’objectif de 20 000 m3 épandus a été dépassé, pour atteindre 24 000 m3. Nous avons fait beaucoup d’épandages de lisiers de porc ou bovin et de digestat. »

Facturation au m3 et à l’heure

« La facturation se fait au m3 et à l’heure. » L’Union Armorique a investi dans un camion-citerne de 30 m3 et dans le système sans tonne avec tuyaux, système de pompage et rampe de 24 m. « Le camion de transfert est un moyen de mieux faire accepter les épandages à nos riverains, il laisse moins de terre sur la route », précise Guillaume Ménage.

Autonomie du chauffeur

Le conducteur du système sans tonne est autonome sur le chantier. Le pompage du lisier est fait grâce à un matériel mobile installé près de la fosse, qui comprend un moteur et un bras de pompage (Taurus 300 SX). « Le débit de chantier est intéressant, pouvant aller de 260 m3/h quand on est proche du pompage à 170 m3, à 1,6 km », précise Laurent Chénedé, salarié de de la Cuma Agribocage.

« Il faut par contre apprendre à gérer le tuyau notamment. » Ce dernier mesure 1 000 m sur sa partie plus résistante et flexible (de marque Perwolf, les engins peuvent rouler dessus), et une rallonge de 600 m peut être ajoutée. Guillaume Ménage apprécie la vidange du tuyau avant de le débrancher, « qui permet de garder les abords propres ».

Agnès Cussonneau

Du matériel propre à la Cuma

La Cuma Agribocage dispose de son côté de différents matériels pour l’épandage : un caisson de transfert de 70 m3, une tonne à lisier de 25 m3 avec un pendillard de 24 m et un enfouisseur de 6 m, une autre tonne à lisier de 16 m3 avec pendillard de 16 m et encore une autre tonne servant uniquement au ravitaillement.


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