Une bio autonome et productive

Mardi 12 mai, la ministre de l’Agriculture est venue découvrir la ferme de Bruno Martel, président de l’Agence bio qui est chargée du développement, de la promotion et de la structuration de l’agriculture biologique.

Pose photo des associés du Gaec de Guimbert avec la minsitre de l'agriculture - Illustration Une bio autonome et productive
Pose photo avec la ministre : Bruno, Apolline et Maxime Martel et Raphaël, salarié (à gauche).

À Bains-sur-Oust (35), le Gaec de Guimbert a su créer les conditions pour se projeter dans le futur. Installé depuis 1995, Bruno Martel travaille aujourd’hui avec sa fille Apolline. Son fils Maxime, actuellement salarié sur l’exploitation, doit prochainement rejoindre le Gaec. Un autre salarié, Raphaël, complète l’équipe. Au total, l’exploitation représente 3,5 UTH.

Autonomie à 95 %

Découverte de la salle de traite – bientôt remplacée par 3 robots –, caresse aux petits veaux et pose photo devant les vaches ont cadencé la visite de la ministre venue en Ille-et-Vilaine pour redire son soutien à l’agriculture biologique (lire en page 4). Un symbole pour cette exploitation convertie depuis 26 ans. « Le CTE avait été une première marche », rappelle Bruno Martel, évoquant les anciens contrats territoriaux d’exploitation qui avaient amorcé la réflexion sur l’évolution du système.

Le système repose largement sur l’herbe

Aujourd’hui, le Gaec cultive 227 ha, dont près de 193 ha en prairies. Le maïs ne représente que 10 à 12 % de la SAU. « Les rotations longues sont essentielles », insiste Apolline Guimbert. L’exploitation mise également sur des mélanges céréaliers et un système très autonome. « Nous sommes à 95 % autonomes en fourrages », souligne-t-elle.

Le troupeau compte 135 vaches Prim’Holstein pour une production annuelle de 765 000 L de lait. L’élevage cherche aussi à faire durer les animaux. « L’objectif est de faire vieillir les vaches ; la moyenne est aujourd’hui de quatre lactations par animal », indique la famille.

Stockage de carbone

Le système repose largement sur l’herbe et la biodiversité : prairies de longue durée (7 ans de vie au moins), 60 ha de marais pâturés, entretien de 18 km de haies. Les éleveurs mettent également en avant la fertilisation organique (au travers du pâturage jour-nuit) et de l’épandage du lisier par pendillard afin de limiter les émissions. Les prairies multi-espèces contribuent également à l’enrichissement des sols.

Engagé dans la démarche « Ferme laitière bas carbone », le Gaec affiche une empreinte de 1,01 kg de CO₂ par litre de lait et revendique près de 293 t de CO₂ stockées chaque année grâce aux prairies et aux haies.

Bruno Martel a profité de cet échange pour alerter sur le contexte économique. « Il ne faut pas oublier le poids des charges et notamment du carburant », a-t-il insisté, dans une période où les coûts de production restent élevés et que le bio relève progressivement la tête après des années post-Covid difficiles.

Didier Le Du

Connecté aux réalités économiques

L’éleveur défend une vision productive de l’agriculture biologique. Pour lui, la bio doit rester connectée aux réalités économiques et aux marchés, tout en continuant d’innover. Les échanges avec la ministre ont aussi porté sur les aides Pac, les MAEC, la structuration des filières bio ou encore la recherche.


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