En 2017, les associés de la SCEA des Roses, à Neulliac (56), décident de déléguer une partie du lavage de leur élevage porcin à un robot. « Je commençais à avoir des douleurs articulaires aux épaules et aux mains », se souvient Anne Le Hellaye, l’une des associées. « Aujourd’hui, s’il tombe en panne, il faut vite le réparer, car plus personne ne veut recommencer à laver à la main. » Après bientôt dix ans d’utilisation, le ProCleaner X100, conçu par l’entreprise Washpower, cumule presque 3 000 heures de fonctionnement. L’automate intervient régulièrement en maternité, en post-sevrage, en engraissement et dans la verraterie. Pour gagner en efficacité, chaque lavage est précédé d’un trempage. « Il fait 80 % du travail », estime l’agricultrice. « Ensuite, nous appliquons un détergent puis faisons les finitions à la main. Pour une salle de 66 places, cela nous prend environ deux heures à deux personnes. »
Un automate 2.0
Anne Le Hellaye a récemment testé la dernière version du ProCleaner, baptisée X150. Selon l’éleveuse, cette nouvelle génération présente plusieurs avantages : une batterie offrant jusqu’à 20 heures d’autonomie en remplacement de l’alimentation secteur, une conception en inox et une utilisation plus confortable. « Les deux bras se déplient automatiquement, alors qu’il faut les assembler manuellement sur l’ancien modèle », explique Maëlle Picourlat, responsable marketing et communication chez Washpower. « Le robot est aussi équipé d’un système de détection d’obstacles : lorsqu’il en rencontre un, le bras concerné se replie automatiquement tout en poursuivant le lavage. C’est particulièrement utile dans les salles avec de nombreuses descentes d’aliment. Enfin, les différents programmes sont facilement paramétrables depuis l’écran tactile. »
Des buses orientables
À la SCEA des Roses, le robot effectue deux passages par couloir. Le premier avec un angle de 20°, le second avec un angle de 45°. « Chez nous, son utilisation a augmenté notre consommation d’eau, mais cela varie en fonction des élevages », reconnaît l’éleveuse. « C’est le prix à payer pour l’automatisation. » Les buses haute pression permettent également de nettoyer les fosses lors des passages, sans avoir à démonter les caillebotis comme auparavant.
Alexis Jamet
La SCEA en bref
La SCEA des Roses élève 580 truies en sept bandes avec un sevrage 28 jours. L’exploitation compte trois associés, quatre salariés et une apprentie.Le maïs, le blé et l’orge produits sur la ferme sont utilisés pour la Faf. « Nous cultivons aussi des pommes de terre, des haricots et des pois », ajoute Anne Le Hellaye. Côté génétique, l’élevage travaille avec les souches de chez Topigs depuis 25 ans. « Nous n’avons pas de groupement », souligne l’éleveuse. « Cela nous permet d’être libres dans tous nos choix. »

