Dégâts de Geomyza : faut-il resemer ?

Les semis réalisés entre le 20 et le 30 avril semblent les plus touchés avec de nombreuses parcelles concernées. La particularité des attaques de géomyze sur des stades très jeunes est la capacité du maïs à repartir. Malgré un redémarrage, le potentiel est entamé, mais il faut les considérer comme viables pour décider ou non d’un resemis. 

Gros plan sur un pied de maïs attaqué par la géomyze - Illustration Dégâts de Geomyza : faut-il resemer ?
Plantes attaquée sans rédemarrage de talle (épi brun). | © Arvalis-Institut du végétal - B. Collin

Après 3-4 jours de chaleur, il est désormais possible d’évaluer l’ampleur des dégâts et de décider du devenir de la culture en place. La difficulté étant de prendre en compte la capacité de redémarrage de plantes attaquées.

Évaluer le peuplement restant sur les parcelles attaquées

Avant de prendre la décision de ressemer, il est important de bien estimer les dégâts par des comptages. Après l’installation de la chaleur, on distingue désormais l’état des différents pieds présents :

• Pieds sains qui se sont développés rapidement depuis le retour du chaud ;

• Pieds partiellement atteints mais qui redémarrent ou qui tallent : ces derniers seront plus chétifs mais peuvent donner un épi. Il faut les compter dans l’estimation du peuplement ;

• Pieds atteints dont l’apex est totalement détruit : la feuille centrale est desséchée, les feuilles anciennes subsistent mais la plante est bloquée et ne redémarrera pas – Ne pas les comptabiliser dans l’estimation du peuplement.

Parcelle fortement attaquée, sans redémarrage, resemis à prévoir

Réaliser au minimum une dizaine de comptages sur 10 m² (13,3 mètres linéaires sur un rang, écartement 75 cm) dans la parcelle, à différents endroits représentatifs (selon exposition, proximité d’éléments du paysage : haie ou bois…) pour avoir une estimation objective de la réalité.

En règle générale, on estime qu’un re-semis n’est intéressant que s’il ne reste dans la parcelle que moins de la moitié du peuplement prévu initialement. Vu les frais déjà engagés et la date avancée, le seuil de retournement peut être très bas (40 à 50 000 pieds), notamment si le débouché est la vente de grain.

La décision de ressortir le semoir dépend de plusieurs paramètres :

• La régularité de répartition des plantes. 40 000 pieds bien répartis auront moins d’impact sur le rendement et le salissement de la parcelle par les adventices, que des zones entières à faible peuplement. Dans les observations réalisées cette année, on observe surtout des attaques diffuses et dispersées dans les parcelles avec 3-4 pieds consécutifs détruits ;

• Les coûts déjà engagés et à réengager sur la parcelle (désherbée ou non) ;

• Le potentiel de rendement net de séchage accessible sur la parcelle en semis tardif (offre climatique, réservoir en eau du sol, capacité à irriguer, coûts de séchage…) ;

• La date de récolte acceptable en fonction de la culture suivante.

Arvalis-Institut du végétal

Pour en savoir plus : Vous pouvez lire aussi Des maïs peu poussants exposés aux attaques de géomyzes et En cas de re-semis d’un maïs, le désherbage déjà réalisé peut-il être une contrainte ?

En cas de re-semis, éviter le sur-semis

Il est fortement recommandé de détruire les plantes restantes, pour éviter leur concurrence (ombrage) vis-à-vis du nouveau semis. Dans la mesure des disponibilités, re-semer une variété d’indice très précoce et réduire la densité (potentiel réduit). Le travail du sol et les délais à l’application sont à ajuster en fonction du désherbage déjà effectué sur le premier maïs. Le risque géomyze est probablement passé, mais s’il y a un risque taupins, protéger le resemis, car les conditions peuvent encore être très favorables à l’activité de ce ravageur. À cette date, une intervention de post-levée est plus adaptée.

Une capacité de compensation

Il ne faut pas négliger la capacité de compensation par tallage. À titre d’exemple, en 2016 – année de référence en termes d’attaques de Geomyza, un de nos essais attaqué avec 70 % de pieds touchés, n’a perdu que 30 % des pieds. La pluie de juin avait permis une production de grains significative sur les plantes redémarrées. Par ailleurs, suite à la perte de pieds, les plantes espacées peuvent développer d’un deuxième épi. Ces épis surnuméraires compenseront partiellement le défaut de peuplement.L’incidence de l’attaque est donc très dépendante des conditions de croissance à venir. Mais il en est de même pour la capacité à produire d’un semis tardif.


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