Hugues Loury a repris la ferme familiale en 2023, avec sa compagne Pernelle Crenn. « Nous avons conservé l’activité de vente directe mise en place il y a 23 ans par mon père qui avait par ailleurs fait le choix de l’agriculture biologique en 1997, puis du séchage en grange en 2001 (avec déshumidification) », a retracé l’agriculteur à l’occasion d’une ferme ouverte organisée le 6 mai par Agrobio 35. Plusieurs acteurs des collectivités avaient été invités à visiter l’exploitation.
Partenariat avec le groupement Manger Bio 35
Les 2 associés travaillent avec 2 salariés sur l’élevage, produisant 400 000 L de lait. 45 % du volume est commercialisé à l’usine Lactalis de Vitré et 55 % est vendu en direct, dont environ la moitié en restauration collective (l’hôpital de Vitré est le plus gros client), l’autre moitié étant commercialisée vers des boulangeries, des pâtisseries, des restaurateurs, des artisans… Les agriculteurs délèguent une grande part de leur commercialisation à Manger Bio 35, dont l’objectif est d’approvisionner les acteurs de la restauration hors domicile en produits bio et locaux. Le groupement compte 46 producteurs et transformateurs – artisans et emploie 7 salariés.
Plus d’1/4 des volumes vers la restauration collective
« Nous avons rejoint la STG ‘Lait de foin’ dans le but de valoriser notre façon de travailler, notamment l’absence totale de produit fermenté dans l’alimentation des animaux. Pour répondre à la forte demande de nos clients, une partie de notre lait est désormais pasteurisée », précise Hugues Loury.

Seaux et bidons lavables
Des responsables de restauration (collège, hôpital…) ont précisé les différentes utilisations du lait provenant du Gaec dans leur cuisine : riz au lait, entremets, purée, béchamel… « Notre lait est livré dans des seaux de 5 L et des bidons de 10 à 20 L, selon les commandes. Un moyen de limiter les déchets. Nous demandons juste à nos clients de les rincer et de les sécher. Ils sont ensuite relavés sur la ferme avant une nouvelle utilisation. »
Agnès Cussonneau
Un troupeau adapté au terroir
« Nous avons arrêté le maïs grain en 2024 et le concentré en 2026. Pour l’alimentation des animaux, nous n’achetons plus que du son, notamment pour un apport minéral », décrit Hugues Loury. « Un échange paille-fumier est en place avec un autre agriculteur. » Les 81 vaches laitières sont en croisement 3 voies (Prim’Holstein, Simmental, Jersiais). « Nous recherchons des vaches petites qui se déplacent facilement et s’adaptent à notre terroir. » 100 % de la SAU de 115 ha est pâturable avec beaucoup de haies (13,5 km de linéaire), mais certaines parcelles sont réservées à la fauche. 80 ha sont réellement pâturés. La parcelle la plus éloignée se situe à 1 km de la salle de traite. Les veaux sont élevés sous leur mère. « Certaines parcelles présentent 27 % de pente, d’autres sont des marécages. Nous avons aussi des bois pâturables. » Une diversité qui permet de sortir les vaches de fin janvier à début décembre selon la portance. Cette alimentation 100 % herbe et foin offre de bons taux (TB de 46 et TP de 37), parfaitement adaptés aux attentes de leurs clients.


