Malgré toutes les précautions prises dans la conduite du pâturage, la présence de refus reste inévitable. Leur destruction est indispensable pour limiter la montée en graines des adventices comme des graminées précoces. Elle favorise également une repousse plus homogène, produisant une herbe plus appétente, tout en contribuant à réduire les parasites qui trouvent refuge dans ces zones délaissées. Pour atteindre ces objectifs, une coupe nette à une hauteur de 6 à 7 cm est essentielle afin d’assurer un redémarrage rapide de la végétation. Les refus doivent aussi être fragmentés finement pour accélérer leur dégradation. L’utilisation d’un broyeur s’impose donc pour répondre à ces deux exigences. Reste à choisir entre les appareils à axe vertical et ceux à axe horizontal.
L’axe horizontal pour la qualité de coupe
Regroupant gyrobroyeurs et tondeuses de refus, les premiers bénéficient de rotors équipés de plusieurs couteaux, garantissant une coupe franche, plus difficile à obtenir avec un broyeur à axe horizontal doté de marteaux. Le gyrobroyeur autorise en outre des vitesses de travail plus élevées tout en limitant la puissance nécessaire à largeur équivalente. En revanche, l’avantage revient à l’axe horizontal pour la finesse de broyage et la qualité de répartition des résidus.
Une coupe plus franche avec l’axe vertical
Dans la catégorie des appareils à axe vertical, la largeur de travail tend à augmenter avec l’agrandissement des exploitations. Les modèles portés de 2,40 à 3,40 m, encore largement présents dans les exploitations individuelles, cèdent progressivement du terrain aux versions repliables de 4,50 à 8 m, disponibles en configurations portées ou semi-portées. Au-delà de certaines largeurs, ou pour des machines plus lourdes, l’attelage semi-porté s’impose. Moins maniable en apparence, il offre en contrepartie un meilleur suivi du sol grâce à la présence de multiples roues de jauge.

Tondeuse ou gyrobroyeur
Le marché des broyeurs à axe vertical comprend ainsi des modèles légers, dédiés à l’entretien des prairies, et des machines plus lourdes, capables de broyer également résidus de culture et couverts végétaux. Les premiers sont accessibles avec des tracteurs de faible puissance. Il convient d’ailleurs d’éviter un tracteur surdimensionné, susceptible d’entraîner une usure prématurée de la transmission : la puissance admissible par les boîtiers doit être vérifiée. Ces broyeurs disposent généralement de deux à quatre lames par rotor. La conception des lames et du carter conditionne leur capacité à intervenir dans des végétations plus ou moins denses ou ligneuses. Si les appellations varient selon les constructeurs, les tondeuses de refus privilégient la qualité de coupe, tandis que les gyrobroyeurs se distinguent par leur polyvalence en acceptant les herbes plus dures et les petites broussailles. Sur les modèles portés fixes, la hauteur de coupe se règle via des patins latéraux boulonnés. Selon les versions, des roues ou un rouleau peuvent améliorer le suivi du terrain.

Une progression des largeurs de travail
Sur les modèles repliables, ces équipements deviennent indispensables pour assurer un bon travail sur terrain irrégulier. En semi-porté, les configurations sont nombreuses selon les constructeurs : type d’attelage (piton, chape, bras de relevage), conception du châssis, débattement du relevage ou encore nombre et disposition des roues. Certains modèles proposent un réglage hydraulique de la hauteur de travail. Les versions les plus évoluées se distinguent par leur aptitude à intervenir également sur couverts et résidus, grâce à une conception plus robuste, à des boîtiers acceptant de fortes puissances et à l’ajout de couteaux ou contre-couteaux. Cette polyvalence répond principalement aux attentes des Cuma, qui peuvent amortir leur coût sur de grandes surfaces.
Polyvalence pour l’axe horizontal
Du côté des broyeurs à axe horizontal, la demande s’oriente vers des modèles polyvalents, le plus souvent proposés dans des largeurs de 2,80 à 3,20 m. Pensés avant tout pour le broyage de l’herbe, ces équipements tirent leur épingle du jeu par leur capacité à intervenir aussi bien sur les couverts végétaux que sur les résidus de culture. Autre atout : leur efficacité dans les prairies permanentes, lorsque celles-ci ont une surface irrégulière (bon suivi de sol grâce au rouleau près du rotor) ou sont colonisées par une végétation ligneuse. Les structures de grande taille ou les Cuma peuvent se tourner vers des versions repliables, à condition qu’elles soient correctement configurées pour un usage en prairie, la plupart étant initialement conçues pour les cultures. Certains constructeurs proposent également des combinaisons avant/arrière, doubles ou triples, permettant d’atteindre des largeurs de travail supérieures à 8 m. L’offre se décline souvent en plusieurs versions pour une même largeur, les différences portant principalement sur la puissance admissible, la robustesse du carter et l’épaisseur des tôles de protection. Le diamètre du rotor, ainsi que le nombre et la répartition des marteaux, est aussi un point de différenciation.
Attelage réversible et déport
Les broyeurs à axe horizontal présentent l’avantage de pouvoir disposer d’un attelage réversible, pour une utilisation à l’avant comme à l’arrière du tracteur. La fonction de déport, mécanique ou hydraulique, est également très répandue pour faciliter le travail en bordure de parcelle ou à proximité d’obstacles.


Afin d’ajuster la finesse de broyage en fonction du volume et de l’humidité de la matière, ces machines intègrent fréquemment un capot arrière à ouverture réglable. Le nombre et le réglage des contre-couteaux varient selon les modèles. Enfin, le rouleau constitue l’élément central pour le suivi du sol et le réglage de la hauteur de travail.
Michel Portier
En chiffre : 2,40 à 3,40 m : Largeur de travail pour les broyeurs portés fixes – 4,50 à 8 m : Pour les modèles repliables, portés et semi-portés, ou en combinaison avant/arrière – 9 000 à 13 000 € HT : Tarif moyen d’un gyrobroyeur autour de 3 m – 10 000 à 15 000 €HT : Tarif d’un broyeur à axe horizontal de 2,80 m – 17,7 €/ha : Coût d’utilisation moyen pour des broyeurs à axe vertical et horizontal de 2,80 à 3,30 m utilisés en Cuma sur une surface moyenne de 250 ha, selon le guide des prix de revient 2025 des Cuma de l’Ouest.
Les bonnes conditions pour broyer les refus
Lorsque le pâturage est bien conduit, le broyage des refus ne doit pas être systématique. Lorsqu’il s’avère nécessaire, il est préférable d’intervenir rapidement après la sortie des animaux afin d’éviter le durcissement de l’herbe. Plus celle-ci vieillit, plus elle devient difficile à broyer et à se décomposer, ce qui retarde d’autant la reprise de la prairie. L’intervention doit idéalement se faire par temps sec, afin de garantir une coupe propre et un dessèchement rapide des résidus. Il convient toutefois d’éviter les périodes de fortes chaleurs ou de sécheresse prolongée, qui peuvent pénaliser la repousse et fragiliser la dynamique de la prairie.
Faucher plutôt que broyer
Lorsque les refus sont homogènes et peu envahis par les mauvaises herbes, la fauche peut constituer une alternative pertinente au broyage. La faucheuse garantit une qualité de coupe irréprochable tout en assurant un bon débit de chantier. L’herbe ainsi coupée peut ensuite être consommée par les animaux ou exportée. En raison de la présence de bouses, la valorisation de ce fourrage se fait de préférence sous forme de foin, plutôt qu’en ensilage ou en enrubannage. La fauche peut également s’envisager de manière préventive via la pratique du topping. Dans ce cas, l’herbe est coupée juste avant l’entrée des animaux sur la parcelle. Cette intervention permet d’anticiper la formation de refus liés aux déjections, de limiter la montée en épis des graminées et de favoriser une repousse plus régulière et homogène de la prairie.

