Vincent et Nathalie Lorand, associés au Gaec de la Robinais, à Chavagne (35), ont mis un premier pied dans le photovoltaïque en 2021, à une période où la facture d’électricité de la ferme avait fortement augmenté. Une première installation de 300 kW est alors installée, suivie d’une deuxième de 320 kW en 2025. Ces deux centrales, signées Émeraude Solaire, fonctionnent en revente intégrale. En parallèle, l’exploitation s’est modernisée. En 2024, trois robots de traite remplacent la salle de traite. « Nous passions presque quatre heures matin et soir à traire nos 200 vaches », raconte Vincent Lorand. Les logettes paillées sont également converties en système lisier, entraînant l’acquisition de deux robots aspirateurs. « Nous avons aussi investi dans un repousse-fourrage qui fonctionne toutes les deux heures », ajoute l’éleveur. Autant d’équipements qui augmentent les besoins énergétiques de la ferme.

Stocker et autoconsommer
Le 30 mars 2026, une nouvelle centrale photovoltaïque de 36 kWc est mise en service sur l’exploitation. Cette fois, l’électricité est autoconsommée. La particularité du projet réside dans l’installation de deux batteries de stockage de 15 kWh chacune, une première pour Émeraude Solaire dans le secteur agricole. « Le stockage, c’est l’avenir de notre métier », souligne Frédéric Halna, technico-commercial pour l’entreprise bretillienne. « D’autant plus dans un contexte où les tarifs de rachat de l’électricité sont faibles alors que le coût de l’électricité achetée reste élevé. »
Réduire la facture d’électricité d’environ 40 %
Les batteries sont capables de stocker l’énergie produite mais non consommée et de la restituer la nuit ou lors de pics de consommation. Sur l’année, le taux d’autosuffisance estimé est de l’ordre de 35 %. Le 25 juin 2026, pendant l’épisode caniculaire, l’autonomie énergétique a même atteint 68 %. « En mai 2025, nous avions consommé environ 6 500 kWh », précise Vincent Lorand. « Un an plus tard, nous sommes autour de 4 200 kWh, soit une baisse d’environ 40 % de la facture d’électricité. » Autre avantage : en cas de coupure générale de courant, les batteries continuent d’alimenter les équipements essentiels de l’exploitation.

Une installation évolutive
« Une installation similaire à celle du Gaec de la Robinais représente un investissement d’environ 42 000 € », indique Frédéric Halna. « Les batteries sont garanties pour environ 6 000 cycles, soit une quinzaine d’années à raison d’un cycle par jour. » Sur l’exploitation des Lorand, le retour sur investissement est estimé à huit ans. Et si les besoins énergétiques augmentent demain, l’installation pourra facilement être agrandie. « Il reste de la place sur le toit », souligne l’éleveur. « C’est également le cas dans le conteneur qui accueille l’onduleur et les batteries. Le système est modulaire : les batteries se raccordent en série sous forme de racks de 5 kWh. »
Alexis Jamet
Prendre en compte la géobiologie
La géobiologie consiste à étudier les interactions entre un bâtiment, son environnement et les êtres vivants qui l’occupent. Certains géobiologues recherchent notamment la présence de champs électromagnétiques, de courants parasites, ou encore de failles géologiques susceptibles, selon eux, d’influencer le comportement ou le bien-être des animaux. Dans le monde de l’élevage, ces interventions sont parfois sollicitées lors de la construction ou de la rénovation de bâtiments, ou encore avant l’installation d’équipements électriques importants. Les méthodes utilisées varient selon les praticiens : mesures d’installations électriques, détection de courants vagabonds, utilisation d’appareils de mesure ou de techniques comme la radiesthésie. « Il nous a recommandé d’implanter le conteneur qui abrite les batteries et l’onduleur a environ 35 mètres du bâtiment des vaches laitières. J’en avais aussi fait intervenir un lors de l’installation des panneaux de 300 et 320 kW, situés sur un bâtiment de stockage mais aussi sur celui des génisses et des vaches taries. »
