Dossier technique

Stasia et Rolex à l’heure pour le Space 

EARL de Verven, Plouigneau (29) - Deux vaches appartenant à Quentin Nedellec sont présélectionnées pour le Space. Le jeune homme est impatient de participer à la fête en présentant ses propres animaux. 

Deux jeunes hommes présentent deux vaches de race Holstein sous un noyer - Illustration Stasia et Rolex à l’heure pour le Space 
Quentin Nédellec et Yohan L'Hostis avec Rolex et Stasia, les deux vaches de l'EARL de Verven présélectionnées pour le Space | © Paysan Breton - T. Dagorn

Quentin Nedellec s’est installé en 2020 en s’associant avec sa mère Chantal au départ en retraite de son père. Depuis juin 2025, aidé d’un salarié, il est désormais seul à tenir les rênes de l’élevage familial de 80 vaches. Malgré un quotidien bien occupé, les concours sont des rendez-vous importants pour lui. « C’est un moment de retrouvailles pour tout un groupe d’amis autour des vaches des uns et des autres. De mon côté, j’aime bien conduire mes animaux sur le ring. C’est une fierté, un aboutissement. » Lui a fait ses premiers pas en présentant des animaux de la ferme « aux comices du coin » dès 2016, accompagné de sa cousine Manon Prat, une autre passionnée. Avant cela, il avait attrapé le virus en travaillant deux ans salarié à mi-temps chez Christine Lancien de l’EARL des Blés Noirs à Plounérin (22). « J’ai accompagné l’équipe de l’élevage au Départemental puis au Space… » Des moments que l’on a ensuite envie de revivre.

Ration sèche chez les génisses

Après un rendez-vous raté en 2025 à cause de l’impact de la FCO dans le troupeau, cette année, Quentin Nedellec devrait enfin prendre part au prochain Space avec ses vaches. Deux animaux de l’EARL de Verven ont en effet été présélectionnés. Déjà sortie au dernier Départemental à Brest, actuellement en 3e lactation, Stasia (Victor x Fitztoc) est pointée 87 points en Note globale, 89 en Mamelle et 87 en Membres. « C’est une vache qui reste jeune dans son squelette, qui se déplace sur de bonnes pattes et présente des attaches de qualité », résume son propriétaire. Cette belle vache issue d’une souche maison descend d’une lignée productive : elle produit 12 000 kg de lait par lactation et sa mère Pastasia, aujourd’hui en 5e veau, vient de dépasser les 52 800 kg en carrière.

L’autre candidate pour Rennes se nomme Rolex (Progénésis Kipper x Didot). Pointée 88 points en Note globale, 92 en Capacité laitière et 91 en Bassin, elle sort du lot au sein du troupeau. « C’est une vache un peu hors normes par sa taille. Mais elle est également très éclatée, avec beaucoup d’ouverture de côte, un bassin large et une mamelle qui se tient, ce qui va bien avec son format impressionnant », précise Quentin Nedellec. Avant d’expliquer : « Dans notre conduite sur aire paillée, nous n’avons jamais vraiment fait attention à la taille des animaux dans la sélection. » Cela viendra peut-être alors qu’un nouveau bâtiment en logettes devrait être inauguré au printemps 2027 (l’option logettes creuses paille – chaux devrait être privilégiée justement au profit du confort des animaux de grande taille). Rolex fait partie du premier lot de génisses élevées en ration sèche jusqu’à confirmation de gestation (paille – aliment jusqu’à 8 mois, foin – aliment ensuite). « Ce changement a rapporté davantage de croissance. Les génisses restent sèches et les mamelles bien accrochées en faveur de la longévité. L’âge au premier vêlage a progressivement diminué de 28 à 24 mois. » Laitière elle aussi, la grande a déjà produit 11 296 kg de lait en 220 jours en 4e lactation (13 000 kg sur sa 3e campagne). Elle est issue d’un rameau très présent, représentant autour de 30 % des individus de l’élevage. « Le résultat d’ascendantes qui ont duré en carrière couplé à l’usage de semences sexées. »

Des achats d’embryons pour diversifier et progresser

En matière d’accouplements, les parents de Quentin Nedellec ont longtemps sélectionné en priorisant la production et les taux dans le choix des taureaux. « En arrivant, j’ai davantage axé mes choix sur la qualité des mamelles et la morphologie. » Doorman a été par exemple beaucoup employé en paillettes sexées. « Aujourd’hui, je reviens vers des taureaux plus classiques bons en production et en fertilité qui est le petit point faible actuellement. Toutes les génisses sont génotypées et je constate que leur index Fertilité se dégrade de génération en génération. La possibilité d’acheter des doses plus fertiles ne doit pas cacher cette tendance. » Les taureaux du moment se nomment Bigwig, Airdrop et Parfect. Le Finistérien travaille avec trois fournisseurs de semence. « J’aime bien avoir un peu de stock des taureaux qui me plaisent », sourit-il. Quelques achats d’embryons sont réalisés sur des sites internet spécialisés (ils sont posés sur des génisses bien cyclées pour obtenir un bon taux d’accroche).

Les femelles nées d’embryons ont de meilleurs pointages

« Je choisis des produits issus de grandes familles de vaches. Sweet Apple (King Doc x Destry) issue d’embryon a fait grande championne au comice en 2025. Plus globalement, j’observe que les femelles nées d’embryons achetés présentent ensuite les meilleures notes de pointage dans le troupeau. » Sur un coup de tête, en 2019, Quentin a aussi acheté avec un ami une génisse arrière-petite-fille de la célèbre Silvermaple Damion Camomile Ex-95 lors d’une vente aux enchères à Libramont (Belgique). « Nous l’avons sortie une fois au Régional de Saint-Brieuc. Depuis, elle fait des veaux… »

Toma Dagorn

CARTE DE VISITE : • 100 ha ; • 80 vaches Prim’Holstein ; • Niveau d’étable de 9 400 kg / VL / an ; • 83,6 points en Note Globale au pointage ; • 20 mères Blondes d’Aquitaine ; • 1 000 m2 de poulailler (dindes de chair)

Le pâturage bon pour les pattes

Quentin Nedellec tient à ce que ses animaux sortent. Sur la ferme qui compte des fonds humides, 40 ha sont accessibles. Le troupeau sort nuit et jour du 15 mars au 15 octobre. Le futur bâtiment abritera d’ailleurs une salle de traite neuve 2 x 10 postes traite par l’arrière, « et non un robot », en faveur de la préservation du pâturage. « Une stratégie favorable à la santé des pattes », estime le jeune éleveur. « Il y a peu de problèmes de boiterie ou de dermatite. » Dans la même idée, afin de garder les pieds propres et secs, la stabulation neuve sera équipée d’un robot collecteur pour nettoyer fréquemment les sols. Le Finistérien ne voulait pas des vagues de lisier engendrées par les racleurs.


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