Carole et Jean-Bastien Trubert sont installés sur l’exploitation familiale, créée en 1958. Le frère et la sœur mettent un point d’honneur à développer l’entreprise dans la continuité du travail réalisé par leurs parents. Initiée en 2002 avec la vente de caissettes de viande fraîche, la vente directe s’est progressivement développée jusqu’à devenir aujourd’hui la pierre angulaire de l’exploitation. Sur les 4 000 porcs abattus, la moitié est destinée à la transformation et au circuit court, tandis que l’autre moitié rejoint le circuit long, via le groupement Eureden. Depuis 2002, la production est également labellisée Label Rouge Opale. Côté cultures, la ferme du Châtellier s’étend sur 176 ha. « Nous gardons toutes les céréales et nos pois protéagineux pour la Faf », précisent les éleveurs. « Nous achetons seulement le tourteau de soja et les minéraux. »

Une large gamme
« Nous commercialisons nos produits dans trois magasins de producteurs : le Carbasson à Pacé, Douz’aromes à Betton, et les Fermlers de la Baie à Saint-Malo », expliquent les deux associés. « Notre point de vente à la ferme est quant à lui ouvert le vendredi et le samedi matin. Cela nous permet de garder un lien direct avec nos clients. » D’ailleurs, les clients n’ont que l’embarras du choix parmi la gamme proposée par le duo Trubert. Les 160 références sont confectionnées sur place, dans le laboratoire de 191 m2. « Quatre bouchers-charcutiers travaillent à plein temps avec nous », déclarent-ils. « Chaque semaine, ils transforment 35 porcs, soit environ 3 tonnes de viande. » Deux fois par semaine, les cochons sont transportés à l’abattoir de Saint-Aubin-d’Aubigné et les carcasses reviennent en camions frigorifiques. « C’est l’abattoir qui nous a trouvé le transporteur », ajoute Carole Trubert. « Avant, nos animaux étaient tués à Quintin. Nous avons dû nous retourner rapidement quand l’abattoir a fermé. » Un agrandissement du labo est prévu afin de continuer à diversifier la gamme et augmenter le confort des salariés, avec notamment l’installation d’une rampe d’affalage.

Arrêt du naissage
Avant 2023, la Ferme du Châtellier élevait 170 truies en système naisseur-engraisseur. « Les bâtiments étaient vieillissants », souligne Jean-Bastien Trubert. « Avant le Covid, nous avions chiffré une maternité neuve : il y en avait pour 1,4 million d’euros. » Les deux éleveurs ont alors changé leur fusil d’épaule et rejoignent la maternité collective de Bréal-sur-Montfort.
La maternité collective nous a enlevé une grosse charge de travail
Les cochons arrivent à 7 kg et repartent à 120-125 kg, à 182 jours. L’exploitation est aujourd’hui équipée de 640 places de PS et 1 248 d’engraissement. « La maternité collective nous a enlevé une grosse charge de travail », indique l’agriculteur. « Nous avons ainsi plus de temps pour gérer la Faf, les cultures, la transformation et la vente directe. » Sur la partie élevage, l’exploitation embauche également une personne en situation de handicap à 35 heures par semaine. « Par ailleurs, nos parents continuent de nous aider », ajoute Carole Trubert. « Ils ont aussi un contrat de salarié. »
Alexis Jamet
Développer l’autonomie protéique
Depuis quatre ans, Carole et Jean-Bastien Trubert cultivent 10 ha de pois, à la suite de la reprise de terres leur permettant d’être autonomes sur la gestion de leur lisier. Selon les parcelles, le rendement varie entre 30 et 60 q/ha. Outre les bénéfices agronomiques de cette légumineuse, celle-ci remplace une partie du soja dans la ration des animaux. Côté protéines, 1 kg de pois équivaut à 2 kg de soja et 1 kg de blé. Il faut cependant rester vigilant sur l’appétence, plus faible que celle du soja. Ainsi, le pois ne peut pas être utilisé comme aliment 2e âge pour les porcelets. Pour les charcutiers, la part de légumineuses ne dépasse pas 10 %.

