Dossier technique

L’eau, un bien précieux en élevage

Les compteurs sont-ils obligatoires ? Combien d’analyses par an ? Quel est le coût de la récupération des eaux de pluie ? Autant de questions posées lors de la réunion technique organisée au Gaec de Maneandol, à Bubry.

brumisation des vaches dans un bâtiment d'élevage - Illustration L’eau, un bien précieux en élevage
La journée au Gaec de Maneandol, en juin, (ici la brumisation des vaches) était organisée 
par Lorient Agglo et animée par d’Alice Elvinger et Pascale Guillermic, de la Chambre d’agriculture.

La principale consommation d’eau concerne l’abreuvement des vaches. Une vache laitière produit du lait composé à près de 87 % d’eau et doit compenser les pertes liées à la production, à la respiration et à la transpiration. Selon son niveau de production, son alimentation et les conditions climatiques, elle consomme entre 60 et 150 litres d’eau par jour. En période chaude, les besoins peuvent dépasser ce litrage, pour les animaux les plus productifs. Au Gaec de Maneandol, la consommation de la centaine de laitières est estimée à 3 287 m3, soit 77 % de la consommation de l’exploitation. Un chiffre qui se situe dans les moyennes de groupe. La qualité de l’eau est déterminante : elle doit être propre, fraîche et disponible en permanence. « L’eau provient d’un forage et nous réalisons une analyse d’eau chaque année », indique Alice Thomazo, qui travaille avec son fils Mathis. « L’eau est traitée depuis plusieurs années, au chlore ». Ce forage, d’une profondeur de 10 mètres, a un débit de pompage de 5 m3/h. « Le dernier entretien date de 2024 et la pompe a été remplacée en 2015 ». Le compteur, dont l’installation est obligatoire dès qu’il y a prélèvement d’eau, est relevé de temps en temps ; il n’y a pas de branchement au réseau public.

Les eaux de lavage représentent 23 % de la consommation

La deuxième source de consommation est liée aux opérations de traite. Le lavage de la laiterie, des aires d’attente et le nettoyage des équipements, du tank à lait et des canalisations nécessite une eau de bonne qualité sanitaire. On estime que ces usages représentent entre 20 et 25 % de la consommation totale sur l’exploitation. Avec 973 m3, ils représentent 23 % au Gaec de Maneandol, qui compte deux robots de traite. Le robot aspirateur à lisier sept trajets quotidiens ​​​​​​​ consomme 180 m3 d’eau. Les eaux de nettoyage, blanches et vertes, sont dirigées vers la fosse. L’eau est également utilisée pour le refroidissement du lait et le rafraîchissement des animaux lors des fortes chaleurs. « Le système de brumisation installé sur la table d’alimentation fonctionne une quinzaine de jours par an ». Probablement un peu plus cette année. Avec l’augmentation des épisodes caniculaires liée au changement climatique, ces usages tendent à se développer afin de limiter le stress thermique des troupeaux.

Fermer les vannes

Au total, les besoins en eau du Gaec sont estimés à 4 485 m3 par an. Cela représente 12 m³ d’eau consommés quotidiennement (8 à 20 m3 pour les élevages de 100 vaches).

12 m3 d’eau consommés par jour en moyenne

Pour éviter les risques de fuite sur le réseau (enterré) de distribution au champ, une vanne a été installée par bac. Elle est coupée à la sortie du champ et le réseau d’alimentation général est coupé en hiver quand les vaches ne sortent plus. En période de pâturage, elles sortent toutes au même moment, en matinée. « Il faudrait relever le compteur régulièrement, une fois par mois », concède l’éleveuse, « et peut-être installer des compteurs intermédiaires pour connaître les consommations poste par poste ». Un raccordement à la Saur pourrait également être envisagé, en fonction du coût. Un étang, à proximité, fait office de réserve à incendie.

Bernard Laurent

Récupérer les eaux de pluie ?

La récupération des eaux de pluie peut être un moyen de sécuriser l’approvisionnement et peut être utilisée pour les lavages. Au Gaec de Maneandol, sur les 2 000 m2 de toiture, seuls 400 m2 sont dépourvus d’amiante. La récupération pourrait être envisagée seulement sur cette surface. Les estimations, réalisées par la Chambre d’agriculture, montrent que 278 m3 pourraient être collectés, soit 6 % de la consommation totale estimée. Le montant de l’investissement est variable selon l’équipement choisi : 50 €/m3 pour des fosses géomembranes à 300 € par m3 pour des cuves béton enterrées, auxquels il faut ajouter le coût de l’équipement et du fonctionnement pour le traitement de l’eau. Des aides publiques sont possibles.


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