À quelques jours de l’ouverture du salon, Didier Lucas se montre confiant. « Cette édition se présente sous de bons auspices. Les exposants sont présents et les agriculteurs sont en attente », souligne le président du Space. Une mobilisation qui confirme, selon lui, « ce besoin de rencontres directes au sein des filières ».
Mais cette 40e édition ne doit pas seulement célébrer le chemin présent et parcouru. Elle doit aussi permettre de se projeter dans l’avenir. « Le contexte agricole et économique évolue très vite. Les besoins d’hier ne sont pas forcément ceux d’aujourd’hui. Le Space doit s’inscrire dans cette trajectoire », insiste Didier Lucas. Dans les dix prochaines années, près de la moitié des exploitations devraient changer de main. Ces transmissions entraîneront de nouveaux investissements et feront évoluer les manières de travailler. Le salon entend rester le lieu où les agriculteurs peuvent découvrir les innovations, confronter leurs expériences et préparer leurs projets.
L’eau, c’est vraiment le thème de l’actualité
Cette évolution du Space « doit être conduite avec les entreprises qui y participent ». Pour Didier Lucas, il s’agit de construire avec les exposants « un rendez-vous répondant aux besoins des agriculteurs dans un contexte en pleine mutation ». Une condition pour préserver l’attractivité du Space auprès de la nouvelle génération.
L’eau, un sujet qui s’impose
Le thème de l’Espace pour Demain, « L’eau… à la source de l’élevage ! », résonne particulièrement en ce mois de septembre après l’été sec qu’a connu la Bretagne et plus largement la France et l’Europe. « C’est vraiment le thème de l’actualité », estime Didier Lucas. Qualité de l’eau, abreuvement, récupération des eaux de pluie, adaptation des systèmes fourragers ou optimisation des usages en élevage seront abordés à travers des témoignages d’agriculteurs, des ateliers d’experts et plusieurs débats.
Le président souhaite que le salon permette d’élargir la réflexion au-delà des seules économies d’eau. Dans une région dépourvue de grandes nappes souterraines et dont la population augmente fortement en été, il invite à réfléchir au stockage de la ressource pendant les périodes excédentaires. « Il faut peut-être apprendre à capter l’eau à certains moments et créer de nouvelles réserves », avance-t-il, en citant les retenues de Guerlédan et de Rophémel, dans son département des Côtes d’Armor. À ses yeux, les capacités de stockage doivent être adaptées aux besoins futurs des territoires, plutôt que de contraindre leur activité à la seule ressource aujourd’hui disponible.
Réfléchir sans dogmatisme
Didier Lucas estime également que ces ouvrages pourraient contribuer au soutien des débits des cours d’eau lors des sécheresses les plus marquées et, ainsi, à la préservation des milieux. Un sujet sensible qu’il souhaite voir discuté « sans dogmatisme », en associant agriculteurs, entreprises, experts, collectivités et services de l’État. « Le Space est un bon endroit pour poser toutes ces réflexions. »
Cette fonction de débat complète la vocation commerciale et technique du salon. Une centaine de conférences et tables rondes sont annoncées. La génétique, l’international et l’innovation resteront également des piliers du rendez-vous. Pour la première fois, la Ferme Digitale réunira une dizaine de start-up autour du numérique et de l’intelligence artificielle appliqués à l’élevage. Autant de sujets qui répondent à une même ambition : aider les éleveurs à s’adapter et à construire les exploitations des prochaines décennies.
Didier Le Du

