Dossier technique

Parasol, parapluie… et bien plus encore

Gaec Libre comme l’herbe, à Langouët (35) - Installés depuis décembre 2025 à Langouët (35), Paul et Théo Loeillot ont choisi leur exploitation pour son important réseau de haies. Pour les deux jeunes éleveurs, les arbres constituent un véritable outil au service de leur système herbager.

deux éleveurs à côté d'une vache. - Illustration Parasol, parapluie… et bien plus encore
Paul (à droite) et Théo (à gauche) sont installés depuis décembre 2025. | © Paysan Breton

Après des études d’ingénieur agronome et plusieurs expériences dans le milieu agricole, Paul et Théo Loeillot franchissent le pas de l’installation en décembre 2025. Originaires de Picardie, les deux frères trouvent à Langouët, au nord de Rennes, l’exploitation qu’ils recherchaient. « Nous souhaitions une structure en agriculture biologique, avec un parcellaire groupé, et si possible, des arbres », expliquent-ils. La présence d’une dizaine de kilomètres de haies sur la ferme a ainsi largement pesé dans leur décision. Entre 2010 et 2021, leur cédant a planté près de 12 km de haies, d’abord en bordure de champ, puis en intra-parcellaire, avec l’appui de Breizh Bocage et d’Agrobio 35. « Langouët est une commune qui a été beaucoup remembrée », raconte Théo Loeillot. « Sur notre ferme, par exemple, il y a peu de vieux arbres. » Les jeunes éleveurs comptent poursuivre cette dynamique dès cet hiver avec la plantation d’un kilomètre supplémentaire afin de diviser un îlot de 9 ha récemment repris. D’autres arbres seront également plantés pour étoffer certaines haies.

Limiter les extrêmes

« Notre objectif est avant tout d’offrir de l’ombre aux animaux et de créer un effet brise-vent », explique Paul Loeillot. « Nous voulons que les arbres soient à la fois un parasol et un parapluie. » Les bénéfices ne se limitent pas aux épisodes de fortes chaleurs. Les deux associés observent aussi leur intérêt pendant les périodes humides. « Nos vaches sortent toute l’année. Cet hiver, nous les avons vues s’abriter instinctivement sous les arbres. Ils atténuent les effets des épisodes climatiques extrêmes. » Les linéaires intra-parcellaires sont implantés sur des micro-talus réalisés à l’aide d’une charrue forestière. Du côté de la pente, l’outil forme un fossé qui intercepte les eaux de ruissellement et leur laisse le temps de s’infiltrer dans le sol.

Ce système permet de limiter l’érosion sur nos parcelles

« Ce système permet de limiter l’érosion sur nos parcelles de méteil, mais aussi pendant le pâturage hivernal », souligne Paul Loeillot. Le travail lié à l’entretien des haies ne préoccupe pas les deux frères. « Nous allons laisser les haies vivre. Les vaches assureront l’entretien à leur hauteur et, pour les talus, nous sommes équipés d’une épareuse. » Pour les chantiers plus importants, ils pourront également faire appel au Collectif Bois Bocage 35.

Deux ateliers

L’exploitation compte aujourd’hui 45 vaches laitières croisées Normande, Brune des Alpes et Jersiaise. Les vêlages sont actuellement groupés à l’automne, mais les frères prévoient de les décaler au printemps afin de « mieux correspondre au calendrier de pâturage et pouvoir tarir en hiver ». L’alimentation du troupeau repose exclusivement sur l’herbe. La SAU est de 87 ha, dont 12 sont réservés à du méteil céréalier. En parallèle, ils développent un atelier porcin plein air naisseur-engraisseur. « L’objectif est de transformer 60 cochons par an », précise Théo Loeillot, responsable de cette production. Quelques porcelets sevrés seront vendus à l’extérieur et des demi-carcasses seront également commercialisées en magasin de producteurs. Le reste de la viande sera transformé sur place et valorisé sous forme de charcuterie sèche. Là encore, les arbres occupent une place importante. Les éleveurs ont commencé à planter des châtaigniers dans les haies existantes des parcelles destinées aux porcs. « L’idée est de recréer une ambiance forestière maîtrisée dans laquelle les animaux pourront exprimer leur comportement naturel. »

Alexis Jamet

Deux laboratoires en projet

Les associés prévoient de construire deux laboratoires de transformation. Le premier sera dédié au lait, avec l’objectif de transformer environ 10 % de la production en fromages et autres produits laitiers. Le second sera consacré à la viande. « Je vais m’occuper de la partie viande en m’appuyant sur un boucher pour la découpe », explique Théo Loeillot. Son frère prendra en charge le laboratoire laitier, avec l’appui d’un salarié à temps plein. Les produits seront commercialisés dans des magasins de producteurs ainsi que dans les magasins à la ferme d’exploitations voisines. « Nous aimerions aussi être présents sur un marché rennais chaque semaine. »


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