Dossier technique

Une mélangeuse automotrice pour accompagner la croissance du troupeau

Au Gaec Sagrais, dans la Manche, Patrick et Clément Portier ont fait le choix d'une mélangeuse automotrice pour accompagner l'agrandissement du troupeau sans alourdir le temps ni les conditions de travail.

Un homme dans une cabine de mélangeuse automotrice et un 2ème à terre devant la porte de la cabine - Illustration Une mélangeuse automotrice pour accompagner la croissance du troupeau
Patrick et Clément Portier, éleveurs dans la Manche. « L’automotrice nous a permis d’optimiser l’alimentation, d’absorber la croissance du cheptel, tout en préservant notre confort et notre temps de travail. » | © M. Portier

« L’automotrice nous a apporté beaucoup de souplesse pour absorber la croissance du troupeau », constate Patrick Portier, installé en Gaec avec son fils Clément. La production est passée de 1,1 million de litres en 2021 à 2,6 millions cinq ans plus tard. À la veille de l’installation de Clément, le renouvellement de la mélangeuse s’imposait. « Notre Keenan et son tracteur dédié arrivaient en fin de carrière. Passer à l’automotrice permettait aussi de se passer de ce tracteur », explique Patrick. L’investissement de 143 000 €, réalisé en 2021, pouvait sembler ambitieux au regard du troupeau de l’époque. « Mais nous anticipions mon installation et le projet d’agrandissement », rappelle Clément.La Kuhn SPV Power de 17 m³ nourrit aujourd’hui près de 400 animaux. Les 160 vaches laitières reçoivent leur ration matin et soir, y compris l’été.

Entre 1 h et 1,5 h/jour pour alimenter le troupeau

« Avec deux distributions quotidiennes et un robot repousse-fourrage, nous n’avons quasiment plus de refus. Comme en plus, la machine dose précisément le chargement des ingrédients, les fourrages sont mieux valorisés. » Les génisses et les taries sont alimentées tous les deux jours, sauf en période de fortes chaleurs où les génisses reçoivent une ration quotidienne. Un mash de produits secs est également préparé tous les 8 à 10 jours pour les fraîchement sevrées.

Des rations préparées en un temps réduit

« Hors débâchage des silos, une demi-heure suffit pour préparer et distribuer une ration. Au total, l’alimentation du troupeau me prend entre une heure et une heure et demie par jour », estime Patrick Portier. Cette efficacité tient aussi à l’organisation du site : tous les ingrédients sont regroupés à proximité des bâtiments. « Les silos, le maïs sec et humide ainsi que les aliments sont tous stockés à plat, ce qui permet une reprise directe à la fraise. Pour le foin et la paille, nous utilisons des balles rotocutées ou ensilées, ou du fourrage haché à la calibreuse de la Cuma. » La machine ne reçoit ainsi que des fibres courtes, ce qui accélère le mélange réalisé pendant le chargement.

Un confort de conduite apprécié

« Le confort de travail est remarquable. Tout se fait sans descendre de la cabine, souligne l’éleveur. Après une courte prise en main du joystick et des modes de conduite sur le terminal, le pilotage devient intuitif. » Seuls quelques réglages sont nécessaires selon les produits, comme un régime de fraise réduit pour davantage de précision au chargement des minéraux ou pour limiter les contraintes avec les betteraves qui contiennent aussi des pierres. « Dans les silos, la descente automatique de la fraise garantit un front d’attaque très propre, l’un des principaux atouts de la machine. » Hormis le remplacement d’une porte trop basse, aucun aménagement n’a été nécessaire dans les bâtiments. Malgré sa cuve monovis surbaissée entre les essieux, l’automotrice atteint 3,25 m de hauteur. « Avec sa faible garde au sol, elle convient surtout aux terrains plats », avertit l’éleveur, qui note également que son poids en charge sollicite fortement les anciennes dalles de béton non ferraillées.

1 600 heures sans incident majeur

Le petit essieu arrière directeur assure une excellente maniabilité. « Au début, il faut s’habituer à l’arrière qui se déporte, mais la caméra facilite les manœuvres. » Les rétroviseurs rabattables électriquement permettent également de longer les murs des silos. Après 1 600 heures en cinq ans, les associés se disent satisfaits de la fiabilité de leur automotrice, qu’ils envisagent de conserver encore autant d’années malgré un amortissement sur sept ans. « Nous remplaçons les sections de la fraise deux fois par an. Elle est davantage sollicitée au chargement des betteraves. À part cela, nous assurons l’entretien courant et confions les vidanges au concessionnaire. Nous n’avons connu qu’une seule panne, sur le moteur hydraulique du convoyeur de la fraise. » Un suivi facilité par la télémétrie

Clément Portier consulte régulièrement le portail Kuhn Connect pour suivre les données de télémétrie. « En plus des alertes de maintenance, nous visualisons précisément les heures passées au mélange, à la distribution, aux déplacements ou au ralenti. Nous suivons aussi la consommation de GNR, qui atteint en moyenne 11 L/h sur l’année. » Le jeune éleveur regrette en revanche de ne pas pouvoir modifier les rations à distance. « Comme je les gère et que c’est surtout mon père qui conduit la machine, je dois régulièrement intervenir sur le terminal de pesée pour mettre à jour les paramètres. »

Michel Portier

5 rations distribuées

L’automotrice du Gaec Savrais prépare cinq rations différentes : laitières, taries, génisses, génisses de plus de 10 mois et fraîchement sevrées. L’élevage est engagé dans la démarche Bleu Blanc Coeur avec la coopérative Agrial.La ration principale des laitières comprend : ensilages de maïs, d’herbe et de luzerne, maïs grain sec et humide, tourteau de colza, minéral et de la betterave l’hiver. Une ration de base riche pour limiter au maximum les concentrés.


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