Dossier technique

La Pie Rouge depuis toujours

Gaec de la Noée, Pleugriffet (56) - La race à la robe rouge plaît pour ses taux et bénéficie depuis longtemps d’un travail de sélection sur le gène sans cornes. Dans ce Gaec Morbihannais, on élève la race depuis plus de 30 ans.

Un homme et une femme à côté d'une vache - Illustration La Pie Rouge depuis toujours
Bruno et Chloé Le Meur, en compagnie de Maria. | © Paysan Breton – F. Paranthoën

Bruno Le Meur a commencé sa carrière sur la commune de Bréhan (56) en 1993, en s’installant sur la ferme familiale, « avec 25 vaches en race Pie Rouge », aime-t-il rappeler. Depuis que le siège de l’exploitation a migré vers Pleugriffet (56), les choses ont changé : la SAU se porte désormais à 160 ha, le troupeau est monté à 130 femelles. Un élément est pourtant resté dans le cœur de l’éleveur, avec une couleur de la robe des vaches en pâturage majoritairement en rouge. « En 1997, un achat mutualisé d’embryons par France Pie Rouge a été fait, j’en ai reçu 5 et gardé une génisse. J’ai ensuite développé la souche grâce à des transplantations ; de bons taureaux sont sortis de l’élevage ». Le Morbihannais aime ce type de laitière, « c’est une race qui peut faire un peu moins de lait que les Prim’Holstein, mais qui a plus de taux. Ce sont des animaux moins grands, mais larges, bien implantés ».

Nous privilégions le sans cornes

Dans leurs choix génétiques, les associés du Gaec de la Noée privilégient le sans cornes. « Sur les 20 génisses nées cette année, 3 sont cornues, 17 portent le gène sans cornes ; 12 d’entre elles sont hétérozygotes, 5 homozygotes ». Ce choix de sélection de taureaux majoritairement PP ne se fait bien sûr « pas au détriment des accouplements, de la production laitière. Mais choisir des taureaux sans cornes ne dégrade pas les autres index ». La ferme sélectionne dans le catalogue de chez Synetics des taureaux comme Prime PP, Vasquez PP ou Volf PP.

Inséminer tôt

Associé avec Johann Jegat, Bruno Le Meur distribue très rapidement du fourrage aux animaux les plus jeunes. De 2 buvées/jour les premiers jours de vie, les génisses passent rapidement à 1 buvée, mais « ont tout de suite accès aux mélanges distribués aux vaches en production ». Ce mélange se compose de foin, d’enrubannage, d’ensilage d’herbe et de maïs, de correcteur azoté et d’aliment de production. À l’âge de 6 mois, ces jeunes passent à une ration génisse, plus fibreuse et moins riche, confectionnée à base de paille, des refus des vaches, de correcteur, d’aliment de production et de minéraux. Côté comptabilité, le coût alimentaire du groupe dont le Gaec fait partie est de 144 €/1 000 L ; il est ici de 91 €. Concernant le coût des concentrés et « quand le groupe est à 102 €/L 000 L, nous sommes à 47 €/1 000 L ». Pour arriver à descendre ces coûts, « nous faisons beaucoup pâturer. 69 ha sont accessibles autour des bâtiments ». Le troupeau n’est rentré que 1 ou 2 mois dans l’année en période hivernale. La production s’est établie en moyenne l’an passé à 7 927 L de lait vendu/vache. S’agissant des taux, la moyenne d’étable est de 45,2 de TB et de 34,2 de TP. « Nous recherchons des taux non pas par la voie alimentaire, mais par la voie génétique ».

Rares sont les fois où Bruno Le Meur utilise un mètre ruban pour décider de la mise à la reproduction de ses génisses. « Nous inséminons selon le développement, au jugement de l’œil. Certaines jeunes femelles peuvent être inséminées dès 12 mois ». Autre caractéristique de l’élevage de la Noée, le fait « d’inséminer presque toutes les femelles en Limousin, Parthenais, Inra 95, Bretonne Pie Noir ou en Blanc Bleu, sauf les meilleures vaches à plus de 165 d’Isu qui sont accouplées en semence sexée ». Depuis 2020, tout l’élevage est génotypé.

Juge et participant

Pour cette prochaine édition du Space, c’est Maria (Junior x Hirutsk) qui défilera lors du concours interrégional, le mercredi 16 septembre. La future participante possède « une bonne ligne de dos, elle est très typée Pie Rouge. Sa mamelle a un peu de volume, mais ne bouge pas ». Toujours fraîche après 8 lactations et habituée au Space, salon dont elle a déjà foulé le ring, Maria est également montée 2 fois à Paris, et a aussi défilé à Ohhh la Vache et plus récemment à Terr’Armor.

Bruno Le Meur attire l’attention sur les conditions particulières de cette année fourragère, avec « un climat qui change, des pâtures grillées… J’ai des craintes pour l’avenir de la production laitière, quand on ajoute à cela la pyramide des âges et le vieillissement de la population agricole, ou encore un prix du lait qui a baissé de 70 €/1 000 L en un an ». Mais le Gaec pourra compter sur Chloé Le Meur, fille de Bruno, elle aussi passionnée de génétique, pour encourager la représentante et pour la faire défiler. « Ici, les vaches sont assez calmes. Il n’y a pas de préparation avant concours, que ce soit au niveau alimentaire ou dressage ». Peut-être que Maria marchera dans les pas de Onda, première de section des animaux en 1re ou 2e lactation du concours de la race nommée à l’époque Pie Rouge des Plaines en 2001. Cette jeune femelle née dans l’élevage de Bruno Le Meur fut cette année-là sacrée grande championne du Space.

Fanch Paranthoën

CARTE DE VISITE : •130 vaches laitières ; •160 ha de SAU ; • 40 ha de céréales, en blé et triticale ; • 55 ha de maïs ; • 65 ha d’herbe.


Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *


Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.

Fermer l'écran superposé de recherche

Rechercher un article