Dossier technique

Un poulailler en constante évolution

SCEA La Ville Es Archers, à Iffendic (35) - La SCEA La Ville Es Archers a profité d'une porte ouverte pour présenter les évolutions de son élevage. Jardins d'hiver, intelligence artificielle, méthanisation… Autant d'investissements qui traduisent la volonté des éleveurs d'améliorer le bien-être animal, leurs conditions de travail et les performances de l'exploitation.

Une femme et trois hommes devant le jardin d'hiver d'un bâtiment d'élevage de volailles - Illustration Un poulailler en constante évolution
De gauche à droite: Alexandre Lepage (salarié), Chantal Lepage, Ludovic Perrin et Sylvain Sauvage (groupe Michel). | © Paysan Breton

À la SCEA La Ville Es Archers, l’élevage de volailles existe depuis près de quarante ans. « Nous avons commencé avec des canards en 1987, dans de vieux bâtiments », raconte Ludovic Perrin, installé depuis six ans et associé avec sa belle-mère, Chantal Lepage. Deux poulaillers neufs de 1 000 m2 sont ensuite construits en 1991 et en 1994. « Au départ, nous nous sommes fait la main sur du poulet, une espèce moins technique que d’autres », ajoutent les éleveurs. Aujourd’hui, ils produisent presque exclusivement de la dinde, tout en intercalant ponctuellement des lots de poulets afin de « casser le cycle parasitaire » ou « se dégager du temps pendant les pics de travail, comme la moisson ou les ensilages. »

Deux jardins d’hiver de 400 m2

Il y a deux ans, les deux bâtiments ont été modernisés et équipés d’un jardin d’hiver de 400 m2 chacun. Les travaux ont coûté environ 200 000 € par bâtiment. « Les jardins d’hiver répondent aux attentes sociétales mais ils améliorent aussi le bien-être des animaux et celui des éleveurs », souligne Ludovic Perrin. « Forcément, avec 400 m2 en plus, les volailles sont moins tassées. »

Les volailles sont moins tassées

À l’intérieur, tout est pensé pour permettre aux oiseaux d’exprimer leurs comportements naturels, grâce notamment à des perchoirs et des pierres à picorer. Cet espace supplémentaire permet également de valoriser la production à travers des cahiers des charges spécifiques. « Le lot actuellement en place est élevé selon le cahier des charges Bleu Blanc Cœur », déclare Chantal Lepage. « Certains lots sont également destinés à la marque Côté Jardin. » Les dindes commencent leur croissance à l’intérieur avant d’accéder au jardin d’hiver à partir de six semaines. Elles sont abattues à 12 semaines pour les femelles et 18 semaines pour les mâles.

Un élevage test

En partenariat avec le groupe Michel, qui travaille avec la SCEA depuis 1987, les éleveurs expérimentent dans leurs bâtiments le système coMi Sense. « L’objectif est de détecter tout évènement anormal grâce à l’analyse des images vidéo et de sons à l’aide de l’intelligence artificielle », explique Sylvain Sauvage, technicien pour le groupe Michel. « Nous sommes encore en phase de récolte de données mais, à terme, cet outil permettra à l’éleveur de piloter plus finement son élevage et de détecter les problèmes plus rapidement. »

Miser sur l’énergie

Depuis cinq ans, les éleveurs possèdent une méthanisation en injection d’une puissance de 84 Nm3/h, qu’ils ont en commun avec un agriculteur voisin. L’ensemble du fumier de volailles et le lisier issus de l’élevage de 180 truies naisseur-engraisseur de la SCEA y sont valorisés. « Nous avons installé un lisioduc pour acheminer le lisier de l’exploitation à la fosse tampon de la méthanisation », indique Ludovic Perrin. « Cela nous économise du temps de travail et limite les nuisances olfactives. » L’incorporateur est également alimenté avec des Cive (principalement de l’orge), complétées par un peu de maïs ensilage et des déchets industriels. Depuis la mise en route de l’unité, les éleveurs estiment avoir réduit de moitié leurs achats d’ammonitrate. En parallèle, une éolienne d’une puissance de 2 MW, raccordée au réseau, produit de l’électricité depuis les années 2000.

Alexis Jamet


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