Choisir ses équipements selon ses besoins

Dans un contexte laitier plus fluctuant, la mécanisation pèse directement sur la rentabilité de l’exploitation. Pour faire les bons choix, le prix d’achat ne suffit pas. Il faut aussi prendre en compte l’utilisation du matériel, la main-d’œuvre disponible et les contraintes du parcellaire.

Un agrculteur qui regarde son matériel agricole lors d'un coucher de soleil avec un ordinateur en premier plan - Illustration Choisir ses équipements selon ses besoins
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60 % des exploitations délèguent une partie de leurs travaux, principalement pour les chantiers de récolte.

Dans un élevage laitier spécialisé, la mécanisation, et notamment la traction, représente environ 22 % du coût de production. Avec une hausse d’environ 30 % entre 2021 et 2023 et la nouvelle augmentation du GNR au printemps 2026, connaître le coût de chaque matériel et vérifier la cohérence de l’ensemble du parc devient essentiel.

843 €/ha de coût de mécanisation

En 2025, le coût moyen de mécanisation était de 843 €/ha : 569 €/ha pour le matériel de l’exploitation et 274 €/ha pour les travaux délégués. L’écart atteint 347 €/ha entre les groupes d’exploitations aux coûts les plus faibles et les plus élevés.

Calculer son coût de mécanisation

Pour connaître son coût de mécanisation, il faut prendre en compte les travaux réalisés par des tiers, le carburant, l’entretien et les réparations, les petits matériels, les assurances ainsi que les remboursements d’emprunts et de crédits-baux. Ces charges sont ensuite rapportées aux surfaces agricoles utiles.

Un matériel coûteux mais très utilisé peut ainsi être justifié. À l’inverse, un matériel peu utilisé peut présenter un coût élevé à l’hectare. La puissance, l’état et le niveau d’équipement jouent également sur son coût.

L’enjeu est ainsi de vérifier si chaque matériel est suffisamment utilisé pour répartir les charges fixes.

Le parcellaire et le temps de travail modifient le calcul

Deux exploitations de même surface n’auront pas nécessairement le même coût de mécanisation. En effet, la taille des parcelles, un parcellaire dispersé et des accès difficiles réduisent le débit et augmentent le temps passé, la consommation de carburant et l’usure du matériel. Une prestation réalisée par une ETA ou une Cuma doit donc être comparée, à service équivalent, au coût complet d’un chantier réalisé en propre : traction, carburant, chauffeur, transport, mais aussi effort de trésorerie.

Enfin, le coût de la main-d’œuvre entre dans l’arbitrage. Posséder son parc matériel apporte autonomie et réactivité, mais mobilise des chauffeurs aux périodes de pointe, nécessite de l’entretien et parfois du recrutement. Déléguer peut libérer du temps pour l’élevage, la gestion ou la vie de famille, mais aussi pour se former ou exercer des responsabilités professionnelles. Le choix dépend donc des priorités de chacun : déléguer certains travaux ou conserver les moyens humains et matériels nécessaires pour absorber les pointes d’activité.

Dominique Laloue / Orcom

Renouvellement de matériel : quelle stratégie lors de l’installation ?

À l’installation, deux jeunes sur des systèmes équivalents peuvent choisir des trajectoires différentes. Déléguer davantage au départ peut permettre de prioriser l’élevage, de préserver la trésorerie et de laisser le temps de préciser les besoins. L’investissement peut ensuite être progressif sur les matériels les plus utilisés. À l’inverse, un parc repris, cohérent, entretenu et bien dimensionné peut être conservé. L’enjeu est de construire une stratégie adaptée au système de production, à la main-d’œuvre et à la capacité à supporter de nouveaux emprunts.


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