David Labbé ne laisse rien au hasard lorsqu’un épisode de fortes chaleurs est annoncé. L’éleveur de volailles commence par vérifier l’ensemble des équipements de refroidissement du bâtiment, notamment la brumisation, et s’assure de disposer de suffisamment d’eau pour les animaux comme pour le système de refroidissement. Il suit également l’indice THI (Temperature Humidity Index), qui permet d’évaluer le niveau de stress thermique des animaux, et adapte sa conduite d’élevage en conséquence. « J’utilise l’application ClimatBat de la Chambre d’agriculture », ajoute l’aviculteur. « Celle-ci m’envoie des notifications en cas de forte hausse de la température. »

L’hygrométrie est à surveiller
Lorsque le mercure grimpe, sa priorité est d’empêcher le bâtiment de se réchauffer. « Il faut éviter que la température intérieure dépasse 28°C », souligne le Costarmoricain. Pour cela, il surveille étroitement la ventilation, ferme les ouvertures susceptibles de perturber les flux d’air, limite l’échauffement lié à l’éclairage et ajuste les consignes de ventilation.
Il faut éviter que la température intérieure dépasse 28°C
David Labbé met aussi les animaux à jeun pendant les heures les plus chaudes de la journée afin de réduire la production de chaleur liée à la digestion. Côté hydratation, il ajoute des électrolytes dans l’eau. En période de canicule, la brumisation est déclenchée dès le matin pour éviter que la température intérieure ne s’envole, tout en restant vigilant au taux d’humidité. « En Bretagne, le problème n’est pas seulement la chaleur mais aussi l’hygrométrie », déclare l’éleveur. « Une humidité excessive peut limiter l’efficacité de la brumisation et altérer la capacité des animaux à évacuer la chaleur. Si l’hygrométrie reste à 90 % trop longtemps, ils risquent de s’étouffer. »
Brasser l’air
En 2021, David Labbé a investi dans six brasseurs d’air Mixtherm de 20 000 m³/h installés dans son bâtiment de 1 350 m², pour un coût de 16 000 €. « Chaque brasseur est installé sur deux treuils électriques. Quand il fait chaud, je les descends à environ un mètre du sol. Leur fonctionnement permet de créer de la vitesse d’air dans le milieu du bâtiment. » Selon les références techniques présentées sur l’exploitation, une vitesse d’air de 1,2 m/s peut réduire la température ressentie par les volailles d’environ 9 °C.

Un boîtier performant
Le boîtier de régulation Serenity, de Tuffigo Rapidex, équipe l’exploitation de David Labbé en remplacement de son Avitouch vieillissant. Grâce à son interface tactile et intuitive, inspirée des smartphones, l’ordinateur est le cerveau informatique de l’élevage. Il permet notamment d’afficher en temps réel la température et l’hygrométrie, avec un code couleur (vert, orange, rouge) pour visualiser instantanément les écarts et anticiper les alertes.
Alexis Jamet

