« Au sein de notre groupement, le pad cooling se développe petit à petit », déclare Samuel Chombart, responsable de l’OP Fermiers du Sud-Est, situé à Ballaison (74). « Actuellement, nous avons deux éleveurs qui se sont équipés il y a une quinzaine d’années. Quatre projets de bâtiments neufs pour poules pondeuses au sol sont également dans les tuyaux. » Cette OP compte 120 éleveurs en intégration, dont 100 en pondeuses et 20 en poulettes. Elle produit environ 500 000 millions d’œufs tous les ans.
Entre 20 000 et 50 000 €
Le pad cooling se compose généralement de plaques alvéolaires, en cellulose ou en plastique, installées sur une ou plusieurs parois du bâtiment. De l’eau est distribuée en haut des panneaux et s’écoule sur leur surface. Les ventilateurs d’extraction créent une dépression dans le bâtiment, ce qui attire l’air extérieur à travers les panneaux imprégnés d’eau. Une partie de l’eau s’évapore alors, absorbant de la chaleur et refroidissant l’air avant son entrée dans le poulailler. L’eau qui ne s’évapore pas est récupérée dans un bac, puis remise en circulation. Un apport d’eau permet de compenser les pertes liées à l’évaporation. « Le coût de ce système varie beaucoup en fonction de la taille du bâtiment, de sa ventilation ou de son volume d’air », explique Samuel Chombart. « Pour un poulailler de 40 000 pondeuses, cela peut aller de 20 000 à 50 000 €. »
Et la brumisation ?
« Aujourd’hui, les éleveurs privilégient plutôt le pad cooling à la brumisation car celle-ci est légèrement moins efficace pour les bâtiments en production sol », souligne le responsable. Selon lui, la brumisation permet de réduire la température d’un poulailler de 4 à 7 °C, contre 8 à 11 °C avec le pad cooling.
Le pad cooling est plus efficace que la brumisation
Ce dernier présente également l’avantage de limiter les retombées d’eau au sol, susceptibles de dégrader la litière. Autre différence : les consommations d’eau et d’électricité. « On estime que le pad cooling consomme 30 % d’eau en plus que la brumisation, mais environ 50 % d’électricité en moins, car il ne nécessite pas de système haute pression. »
Attention au sanitaire
Le pad cooling présente néanmoins certaines limites. Les panneaux en cellulose ont une durée de vie estimée entre 7 et 12 ans. Leur structure poreuse rend par ailleurs le nettoyage et la désinfection difficiles en cas de contamination sanitaire, notamment par des salmonelles. « C’est pourquoi les nouvelles installations ont tendance à privilégier le plastique », ajoute Samuel Chombart. Le système montre également ses limites lors des épisodes de chaleur lourde et humide. Lorsque l’air extérieur est déjà chargé en humidité, l’évaporation est moins efficace et le refroidissement diminue. L’augmentation de l’humidité intérieure peut également compliquer l’évacuation de la chaleur par les poules. Le pilotage du système doit donc tenir compte de l’ambiance globale du poulailler, en particulier de la température, de l’humidité et de la ventilation.
Alexis Jamet
La technique avant tout
Si le pad cooling ou la brumisation permettent de limiter les effets des fortes chaleurs, la conduite des animaux et la technicité de l’éleveur restent primordiales. Samuel Chombart cite notamment l’adaptation de l’alimentation à la baisse d’ingestion, grâce à une mouture plus grossière et à des aliments plus appétents. « On peut aussi habituer les poulettes à manger tôt le matin pour favoriser leur consommation avant les heures les plus chaudes de la journée. » Certains éleveurs augmentent également progressivement les consignes minimales de température dès le printemps, afin d’habituer les animaux aux conditions plus chaudes et de les préparer à l’été. « En d’autres termes, on monte les minimums de quelques degrés », explique le responsable. Enfin, des compléments alimentaires, notamment à base d’électrolytes, de vitamines ou d’antioxydants, peuvent être utilisés pour accompagner les volailles pendant les épisodes de chaleur, et éviter les phénomènes d’acidification du sang.

