Depuis quelques années, l’équipement suisse Ara d’Ecorobotix est présent sur le marché. Ce matériel de précision permet un traitement ciblé des adventices détectées au préalable par caméra. « Dans les prairies, son intérêt est de pouvoir désherber rumex et chardons sans abîmer le trèfle. Et ce avec une bonne efficacité en temps d’intervention », rapporte Clélie Choiselat, chargée de projets nouvelles technologies pour la Fédération Bretagne des Cuma.
2 ha/h, déplacement compris
Les premières Cuma équipées dans la Manche puis dans l’Orne ont calculé qu’il fallait au moins 700 ha engagés pour proposer un coût de prestation raisonnable. « Dans la Manche, grâce à la collaboration de 10 Cuma, les interventions ont concerné 1 400 ha dès la première année. » Le matériel tourne de mars à octobre et peut passer plusieurs fois dans les mêmes prairies si nécessaire.
Intervenir sans abîmer le trèfle
Dans l’Orne, la prestation tracteur -chauffeur-pulvérisateur est facturée 80 €/ha. « Un tarif à comparer au temps passé à traiter ou désherber manuellement ou à l’impact négatif sur les trèfles d’un traitement à plein sur une parcelle. » En moyenne, l’attelage intervient sur 2 ha/h, remplissage de la cuve et déplacements sur route inclus. Dans la parcelle, la vitesse de chantier est de 3 à 7 km/h selon l’infestation en vivaces. Pour faciliter l’organisation, le chauffeur arrive la cuve pleine et se réapprovisionne avant de quitter l’exploitation. « Une seule et même molécule étant utilisée par tous les agriculteurs ».


Doses réduites
Geoffroy Houette, des Ets Werschuren à Dol-de-Bretagne (35) qui distribuent le matériel dans l’Ouest, revient sur son fonctionnement. Les adventices sont détectées par six blocs de caméras 3D qui filment le sol, aidées par des flashs Led assurant une bonne qualité d’image. « Un algorithme intégrant l’IA et spécifique à chaque culture traite les images. Le système sait reconnaître un rumex à tous les stades, dès 5 cm. » Puis grâce à une rangée de buses disposées tous les 4 cm sur les 6 m de largeur du matériel, l’empreinte de pulvérisation est réduite à un carré de 6×6 cm. « Ce traitement ultra-localisé permet une utilisation plus vertueuse des désherbants. Sur le terrain, on passe de 20 g/ha de produits en traitement en plein à 2 g/ha avec la solution Ara. » Bientôt, cette dernière sera disponible en 9 et 12 m de large.
Toma Dagorn
Mieux désherber et faire durer la prairie
Le pulvérisateur Ara est vendu 165 000 € auxquels il faut ajouter un abonnement annuel de 4 500 € pour la mise à disposition et les mises à jour des algorithmes adaptés à chaque culture (prairies, légumes…). Gina Riboldi, agronome à la Chambre d’agriculture, a rappelé l’importance de préserver les prairies en faveur de la qualité de l’eau et de la lutte contre l’érosion du sol. « Mais la gestion des rumex et chardons est parfois problématique. Cette possibilité de traiter efficacement en localisé peut permettre de faire durer des prairies deux ou trois ans de plus avant de les retourner. »

