L’imposant appareil décolle. À son bord et en guise de passagers, une cinquantaine de kilos de semence. Ce drone de la société Oligoplus a pour mission du jour de semer à la volée un couvert végétal dans une parcelle de maïs non récoltée. Rapidement, il épand ses graines en volant entre 3 et 5 m au-dessus des grandes plantes, avec une largeur d’épandage comprise entre 6 et 10 m.
Plus de biomasse dans le couvert
« Plus on sème tôt, plus on produit de la biomasse à l’hectare », rappelle Maxime Imhoff, dirigeant de l’entreprise de services agricoles basée dans les Vosges. Semer avant moisson ou ensilage, une technique qui « fait gagner du temps. Sur céréale, nous intervenons 2 semaines avant moisson. Souvent, les agriculteurs sèment 2 semaines après le passage de la moissonneuse. C’est donc finalement 1 mois d’ensoleillement de gagné pour le couvert ».
Les pales écartent le feuillage
En pratique, le technicien-pilote qui intervient lors de la prestation fait voler l’engin en mode automatique. Le drone est « programmé pour éviter les obstacles. Si un poteau est présent dans le champ, il le contournera ».
Semer dans une culture développée engendre-t-il une perte de semences, qui resteraient coincées au creux des feuilles du maïs ? L’imposant drone génère de petites turbulences avec ses puissantes pales, « le feuillage est écarté, la plupart des graines touchent le sol. Par précaution, nous augmentons tout de même la densité à l’hectare de 30 % ». Toutes les 10 minutes, le drone revient à son point de décollage pour changer de batterie et, au besoin, refaire le plein de graine. L’opérateur dispose d’un groupe électrogène pour être autonome en énergie et pour pouvoir recharger l’appareil à tout moment de la journée.

Oligoplus propose aussi en prestation de la pulvérisation de précision de fertilisants. Pour l’entreprise, cette technique offre de nombreux avantages. « On peut ainsi nourrir les plantes quand un épandeur ou un pulvérisateur ne peut pas passer, par exemple en conditions humides ou quand la culture devient trop haute. Demain, avoir des drones dans un champ sera normal, nous sommes dans l’ère du drone agricole », conclut le dirigeant.
Fanch Paranthoën
Gagner du temps
À la fin du mois d’août, le Gaec Lucas, basé à Botsorhel (29), a fait semer une vingtaine d’hectares de couvert dans du maïs qui sera ensilé autour du 15 septembre. Auparavant, les producteurs de lait implantaient leurs couverts végétaux dans les champs libérés de leur culture avec « un cover-crop de 5 m de large équipé d’un semoir. Il nous fallait environ 2 après-midi pour semer », note Dylan Lucas. Cette année, il aura fallu au drone 2 h 30 pour couvrir 20 ha. « C’est un énorme gain de temps. Les semences du mélange contenant du trèfle commencent à germer, l’objectif est de capter de l’azote et de le retrouver pour la culture suivante ». Côté coût, le Gaec a été facturé 40 €/ha, semences non comprises. Dans un schéma classique, en comptant l’utilisation d’un tracteur et d’un semoir type APV et le carburant, le coût d’une prestation de semis se situe entre 65 et 70 €/ha, pour un débit de chantier de 2 ha/h. À noter que cette estimation ne prend pas en compte le temps de travail, et qu’un travail du sol est alors effectué.

