Comment choisir le bon mode de financement ?

Acheter un matériel agricole ne consiste pas seulement à comparer les prix. Financement sur fonds propres, emprunt ou leasing : chaque solution a des conséquences sur la trésorerie, la fiscalité et les projets futurs de l'exploitation.

Deux hommes regardent un écran d'ordinateur portable au milieu d'une cour de ferme avec un tracteur en arrière plan - Illustration Comment choisir le bon mode de financement ?
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L’achat comptant peut sembler la solution la plus économique puisqu’il évite les intérêts d’emprunt. Pourtant, mobiliser une part importante de sa trésorerie n’est pas toujours judicieux. En agriculture, les aléas climatiques, sanitaires ou économiques imposent de conserver des marges de sécurité pour faire face aux imprévus. Avant d’investir, l’exploitant doit donc s’interroger sur sa capacité à financer son activité quotidienne et ses futurs projets après cet achat. Une trésorerie solide reste souvent le meilleur amortisseur des périodes difficiles.

Emprunt ou leasing : deux logiques différentes

Le crédit bancaire demeure le mode de financement le plus utilisé. Il permet d’étaler le coût du matériel tout en devenant immédiatement propriétaire. Les intérêts sont déductibles et le matériel est amorti progressivement dans les comptes. Le crédit-bail ou leasing répond à une autre logique : financer l’usage plutôt que la propriété. Les loyers sont connus à l’avance et l’investissement pèse moins sur la trésorerie.

Préserver sa trésorerie avant tout

Cette formule est particulièrement adaptée aux matériels qui évoluent rapidement ou qui sont renouvelés régulièrement. Elle peut également présenter un intérêt fiscal pour les exploitations soumises à l’imposition des plus-values professionnelles. En cas de cession d’un ancien matériel générant une plus-value, un premier loyer majoré peut permettre d’augmenter les charges de l’exercice et ainsi d’en atténuer l’impact fiscal. En revanche, son coût global peut être supérieur à celui d’un emprunt et les conditions de restitution ou d’achat en fin de contrat doivent être étudiées avec attention.

Un choix qui dépend avant tout de l’exploitation

Il n’existe pas de solution universelle. Le bon financement dépend de nombreux critères : solidité financière de l’exploitation, niveau d’endettement, fréquence de renouvellement du matériel, perspectives de développement ou encore situation fiscale. Comparer uniquement les mensualités ou le taux d’intérêt est insuffisant. Il convient d’évaluer le coût global de l’opération, les conséquences sur la trésorerie et la capacité à financer les investissements futurs. Il convient d’anticiper le financement de la TVA, acquittée sur chaque loyer. Ce décalage de trésorerie ne doit pas être négligé. Réaliser plusieurs simulations avec son conseiller permet souvent de mettre en évidence la solution la plus adaptée. En matière de financement, la meilleure décision est celle qui préserve durablement l’équilibre économique de l’exploitation.

Luc Hoarau / Orcom

Les questions à se poser avant de choisir

Avant de signer, ces questions vous aideront à vous positionner :• Ma trésorerie restera-t-elle suffisante après l’investissement ?• Quelle sera la durée réelle d’utilisation du matériel ?• Vais-je le conserver longtemps ou le renouveler rapidement ?• Enfin, quel sera l’impact du financement sur mes futurs projets et sur la capacité de l’exploitation à investir demain ?


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