« Ils sont fous ces Bretons ! » Tout droit sortie d’un album d’Astérix, cette exclamation est également le nom d’un tout nouveau festival breton. Et sans doute faut-il effectivement avoir un petit grain de folie pour imaginer réunir au début de l’automne, au cœur des Montagnes noires, des amateurs de musique traditionnelle, des fans de rock, des adeptes de jazz et des passionnés de musique électronique.
C’est pourtant bien ce qu’Enrique Porhiel, coordinateur du festival « Ils sont fous ces Bretons ! », et les quelque 250 bénévoles mobilisés à ses côtés entendent réaliser les 2 et 3 octobre prochains, dans le cadre magique du domaine de Trévarez, à Saint-Goazec (29). Quel plus bel écrin pour un festival mêlant musiques traditionnelles et contemporaines que le parc de ce château construit à la fin du XIXe siècle et doté d’un confort alors d’avant-garde : ascenseurs, électricité, eau chaude courante, chauffage central…

Arrêt à la station
Au-delà de sa dimension musicale, ce festival se veut une grande fête populaire, une ode au territoire. Une orientation qui se traduit de plusieurs manières. « En associant, par exemple, les gens qui vivent ici et qui sont nos premiers relais de communication, note Enrique Porhiel. Et aussi en impliquant les entreprises du coin, de manière à mettre en lumière tous les acteurs du territoire ».
La première journée du festival – le vendredi – sera ainsi consacrée au monde économique et aux professionnels. Au programme : une dizaine de conférences sur des sujets variés comme les cosmétiques en Bretagne, l’attractivité territoriale, le tourisme en entreprises, le rôle de l’intelligence artificielle… Sans oublier l’adaptation de l’agriculture au changement climatique, une thématique abordée en partenariat avec la Chambre d’agriculture. « Des intervenants vont expliquer le travail de recherche et développement réalisé sur le terrain, souligne Melaine Sauvée, responsable de la station expérimentale de Trévarez. Nous présenterons la démarche bas carbone menée sur le troupeau conventionnel de la station, avec les essais effectués et les résultats obtenus ». Une personne de l’Institut de l’élevage évoquera également les services rendus au climat par les systèmes polyculture-élevage, en s’appuyant sur les mesures d’albédo – le pouvoir réfléchissant – de différentes cultures.
Mettre en lumière tous les acteurs du territoire
Pleinement associée à ce festival, la station, qui fait historiquement partie du domaine de Trévarez, proposera par ailleurs des visites, de 14 heures à 17 heures, aux détenteurs de billets (professionnels le vendredi, grand public le samedi). Ouvertes à partir de l’âge de 8 à 10 ans, et d’une durée de 45 minutes, ces visites gratuites seront accessibles sur inscription.
Après le monde des entreprises, la seconde journée du festival mettra, elle, l’accent sur le tissu associatif des 11 communes de la communauté de Haute Cornouaille. Histoire, là encore, d’illustrer la vitalité d’un territoire où il fait bon vivre.
Une programmation en or
Cette ouverture sur différents univers se traduit bien sûr également dans la programmation. Pour sa première édition, ce festival soutenu par le Crédit Mutuel de Bretagne ambitionne de faire dialoguer les styles et les générations. Sur le site, quatre espaces vont ainsi cohabiter. Parallèlement aux deux scènes principales sur lesquelles se produiront notamment Aziliz Manrow et Jean-Charles Guichen (cf. photo), une scène sera dédiée au jazz et au fest-noz, tandis que la clairière du parc vibrera, elle, au rythme des musiques électroniques. Bref, il y en aura pour tous les goûts. Y compris pour les nostalgiques des années 80, avec une pépite certifiée d’époque : le groupe Gold qui se produira le samedi.
Côté organisateurs, on espère réunir, chaque soir, quelque 8 000 personnes. Le tout dans une excellente ambiance. Car, c’est bien connu, plus on est de fous, plus on rit !
Jean-Yves Nicolas

