Une salle de traite des années 80 déjà agrandie par le passé, une étable de 1972 basse de plafond, fermée et mal ventilée… Après un début de carrière comme conseiller (notamment au Cédapa), Amaël Samson voulait s’installer mais pas reprendre la ferme de son père et de son oncle aux infrastructures vieillissantes. « J’ai cherché ailleurs… Mon projet était de ne pas construire alors qu’il y a énormément de fermes avec bâtiment à reprendre. »

Maisons de ferme trop chères
Pour trier les offres à 30 km autour de sa commune d’origine de Langenan, le jeune homme avait retenu deux critères non négociables. « Un accessible d’au moins 30 ha pour pâturer et un cédant qui ne restait pas sur place. » En 2022, il a ainsi visité 10 fermes. « Dans le coût de reprise, trois fois sur quatre, la maison d’habitation – avec les mouches – valait plus que la ferme elle-même… » Après réflexion, Amaël Samson a finalement décidé de revenir chez lui et de reprendre la ferme familiale en avril 2023. « Il y a 120 ha de SAU de terres plutôt humides. Le gros point fort est que toute la surface se situe dans un rayon d’un kilomètre. À mes yeux, le cheptel a aussi une vraie valeur : une bonne qualité génétique et un bon état sanitaire. »
Un cédant qui ne reste pas sur place
Pour bénéficier des meilleures conditions bancaires, le Costarmoricain a négocié dès le départ une enveloppe globale pour l’achat de la ferme, l’installation en créant une nouvelle société et la réalisation d’un futur bâtiment. Le permis de construire a été déposé à l’été 2023. Le terrassement a démarré un an plus tard. Les vaches y sont entrées en avril 2026. L’emplacement offre 55 ha accessibles au troupeau. L’éleveur a choisi une conception économique. « C’est une enceinte évolutive et toute ouverte, sans bardage. J’ai vu des vaches à l’aise par -15 °C en Alsace et en Allemagne. Pourquoi pas chez nous… »


Salle de traite d’occasion
Sous la toiture, une « bonne salle de traite » (TPA, 12 postes en simple-équipement, sortie rapide) achetée d’occasion. Tout est de plain pied – « pas de pont, ni de marche » – avec un chariot pour apporter sans effort le lait aux veaux. À côté, l’aire paillée a été dimensionnée pour un possible passage en trois rangées de logettes avec racleurs demain. Le couloir d’alimentation est couvert. De l’autre côté, un débord de toit protège le couchage des intempéries et du rayonnement. Au total, le coût du projet est évalué à 450 000 €. « Nous avons économisé autour de 100 000 € de main-d’œuvre en réalisant une partie des travaux nous-mêmes. »
Toma Dagorn
2026, difficile année fourragère
« Avec la quantité d’eau tombée cet hiver, la pousse de l’herbe a été limitée. En 2026, j’ai vécu mon plus mauvais printemps puis mon plus mauvais été avec la sécheresse », confie Amaël Samson. Le silo de maïs a été fermé au 5 avril et rouvert le 1er août. Dans son système, l’éleveur a normalement besoin d’ensiler « 18 ha d’un maïs moyen » et peut vendre ses 7 ha de sécurité en grain. Le 3 septembre, avec un gros mois d’avance, il a récolté 24 ha, « le rendement étant estimé en recul de 20 % ».

