Veiller à ne pas acheter la besnoitiose

GDS Bretagne attire l’attention sur la besnoitiose, maladie vectorielle non réglementée mais pouvant provoquer d’importantes pertes économiques. Les insectes vecteurs étant là, la prévention passe par un dépistage avant introduction (prise de sang) lors de l’achat de bovins.

Des broutards à l'auge dans un bâtiment d'élevage - Illustration Veiller à ne pas acheter la besnoitiose
L'achat d'animaux hors-Bretagne destinés à l'engraissement doit faire l'objet d'analyse concernant la besnoitiose à l'introduction. | © Paysan Breton - A. Cussonneau

Pour les grands concours tel le Space, les animaux sont dépistés pour la besnoitiose. « La maladie est peu connue, mais il faut prendre conscience que le risque est avéré car elle est bien présente en Occitanie ou Auvergne Rhône-Alpes qui fournissent notamment des animaux pour l’engraissement… », rapporte Grégoire Kuntz, de GDS Bretagne. Cette maladie parasitaire contagieuse (protozoaire Besnoitia besnoiti) est transmise par piqûre des mêmes vecteurs que la DNC : taons et stomoxes présents dans l’environnement. « La transmission se fait de proche en proche. Un bovin infecté se fait piquer. La douleur le fait réagir et l’insecte qui n’a pas fini son repas de sang décolle – les mandibules pleines de parasites – pour repiquer un autre bovin à quelques mètres », détaille le vétérinaire. « Le risque voisinage est donc assez faible. L’entrée de la maladie dans un élevage se fait avant tout par l’introduction d’un animal infecté. » Grégoire Kuntz appelle ainsi à la prudence lors d’achat. Il recommande « d’acheter en priorité des bovins bretons » et de réaliser des analyses en amont (se rapprocher du GDS : possibilité de prise en charge du dépistage, billet de garantie conventionnelle à faire signer au vendeur…). La besnoitiose provoque de lourdes pertes économiques (baisse de production, réforme précoce, stérilité potentielle des taureaux…). « Au départ, les symptômes ne sont pas spécifiques : température, baisse d’appétit et de production. Il peut y avoir de la mortalité chez les animaux naïfs. Dans la phase suivante des œdèmes, on observe un gonflement au niveau du fanon, de la tête, des membres antérieurs. Puis des mois voire des années plus tard, il y a une phase de sclérodermie : la peau qui s’épaissit et perd ses poils est décrite un peu comme une peau d’éléphant. » Les animaux contaminés n’ont souvent plus beaucoup de valeur, rapporte le vétérinaire, alors que les animaux asymptomatiques (porteurs sains) servent de réservoir de parasites. « Or il n’y a ni traitement, ni vaccin. Et le recours aux insecticides est vain. »

Ces dernières années, des cas de besnoitiose sont remontés en Pays-de-la-Loire et Normandie. Pendant trois ans, GDS Bretagne a donc mené une surveillance. « Des dépistages ont été réalisés sur les élevages qui détenaient ou ont détenu des bovins venus de régions considérées comme à risque. » En Bretagne, sur 2024 et 2025, 6 échantillons sont revenus positifs sur 893 tests sur lait de tank. La première année, 7 positifs ont été trouvés en filière viande sur 357 troupeaux (prise de sang). « Il y a des passages liés à l’achat d’animaux. Les cheptels concernés et leur voisinage ont été suivis. »

Toma Dagorn


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