Un système tout herbe pour bien transformer son lait

Hauteclaire et Bastien Le Merrer ont repris un élevage il y a 3 ans et demi. Les terres accessibles permettent de nourrir le troupeau en 100 % herbe.

Un homme et une femme avec une vache dans un champ - Illustration Un système tout herbe pour bien transformer son lait
Bastien et Hauteclaire Le Merrer présenteront leur ferme le 29 septembre. | © Paysan Breton – F. Paranthoën

Le troupeau composé d’une cinquantaine de têtes trouve un accès facilité à l’herbe par des chemins sur la ferme de Bastien et Hauteclaire Le Merrer : sur les 68 ha entièrement en herbe, 40 sont directement accessibles. Des échanges parcellaires ont permis de regrouper ce foncier. Les couleurs ne manquent pas dans les pâtures, les éleveurs de Sainte-Sève produisent du lait et en transforment une partie avec des croisés Prim’Holstein, Jersiaises, Brunes, Normandes et des Froments du Léon. Cette dernière race a été choisie car « nous avons voyagé en Europe, observé une grande diversité de vaches. La Froment du Léon a failli disparaître, alors qu’elle offre une qualité beurrière exceptionnelle. Il ne reste que 800 femelles répertoriées ».

25 000 L de lait transformés

C’est pourquoi les 7 femelles du pays élevées chez eux sont traites au pot, leur lait est transformé, « car nous sommes dans une région où le beurre est presque une religion ! Aussi, dans un contexte économique qui se resserre, c’est intéressant. La race a la capacité de fixer les pigments de l’herbe (comme le bêta-carotène) et de les retransmettre dans son lait », explique le couple qui a nommé son activité « Les Vaches à Laezh ». 25 000 L sont transformés chaque année, la ferme vend directement sur place, sur des marchés, dans des commerces et à des restaurants sa crème, son beurre, des yaourts, du skyr, du lait ribot, du lait cru et du gros lait. Les Froments « ne produisent que 2 500 L par an, mais nous les apprécions pour leur rusticité ».

Mono puis bi-traite

Avec des femelles qui vêlent au printemps, la salle de traite est fermée durant l’hiver. « La production de lait monte au printemps, nous trayons 2 fois par jour jusqu’en septembre, puis nous passons à la mono-traite », détaille le couple. Grâce à la réfection des réseaux d’eau et à la création de chemins, les Finistériens ont multiplié les aménagements depuis leur installation en 2023, comme la plantation de 2 km de haie. Une fois l’activité lancée, « nous avons démarré la conversion en bio, il s’agissait de ne pas se mettre trop de contraintes dès le départ ».

Sur la gestion de l’herbe, « nous pratiquons le pâturage tournant (non dynamique) ainsi que le bale-grazing ». Les paddocks reverdissent depuis le retour des pluies, un soulagement. « Il ne faut pas se précipiter pour autant sur les pâtures : les ray-grass viennent de puiser dans leurs réserves pour émettre de nouvelles feuilles, il faut être patient avant de retourner dans ces paddocks », recommandait la semaine dernière Isabelle Pailler, conseillère lait biologique et conventionnel à la Chambre d’agriculture.

La ferme de 2 associés embauche également un salarié « à temps plein, qui travaille un jour par semaine dans l’atelier transformation, le reste du temps se passe dans l’élevage ». Toute l’organisation de l’exploitation sera présentée lors d’une porte ouverte, le mardi 29 septembre.

Fanch Paranthoën

4 ateliers pour comprendre l’organisation

An Dour organise une porte ouverte sur la ferme, en partenariat avec la Chambre d’agriculture, le Cedapa et le Gab 29. Quatre ateliers sont programmés : installation et transmission et profils des jeunes installés ; pâturage et système herbager ; organisation de la transformation à la ferme ; engagements environnementaux. Hauteclaire et Bastien ont par exemple replanté et entretenu des haies de façon durable, et ont pris plusieurs engagements dans des mesures agro-environnementales (MAEC). Tous ces ateliers prendront pour exemple l’expérience des 2 éleveurs. Rendez-vous le mardi 29 septembre, à partir de 14 h, au lieu-dit La Garenne à Sainte-Sève. Renseignements : Soline Barentin, 06 20 73 58 87, ou par mail à soline.barentin@andour.bzh.


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