Dossier technique

Réduire la consommation d’énergie en veau de boucherie

Un nouvel élevage d'expérimentation Denkavit a été inauguré en janvier dernier. Il comprend plusieurs équipements permettant de réduire la facture énergétique : chauffe-eau solaire, photovoltaïque, lacto-liquide.

panneaux solaires sur un bâtiment d'élevage et cuves à côté - Illustration Réduire la consommation d’énergie en veau de boucherie
Les panneaux solaires en toiture et les cuves de stockage de matière grasse et de lacto-liquide, à droite. | © Paysan Breton

Pour la recherche et développement en France, sur son site de Montreuil-Bellay (49), Denkavit dispose d’un nouveau bâtiment où les veaux de boucherie sont répartis dans 6 salles de 160 places chacune, soit 960 places en tout. À côté, 3 tunnels datant d’une quinzaine d’années abritent 306 veaux au total. « Nous travaillons aussi avec 2 éleveurs partenaires à proximité, pour environ 700 places », souligne Baptiste Ribourdouille, gestionnaire du site d’élevage de Montreuil-Bellay et référent bien-être animal Denkavit France.

De nouveaux produits et concepts permettant d’optimiser la croissance et les performances des veaux y sont testés, en premier lieu les formulations d’aliments d’allaitement ou solides, les plans d’alimentation ou encore du matériel (auges, distributeurs, enrichissement et jouets…). « Nous réalisons des notations (digestion, mortalité, consommation d’eau), calculons plusieurs critères (GMQ, IC) et analysons les données issues d’abattoir (poids de carcasse, couleur, état d’engraissement, conformation). »

131 m2 de panneaux chauffe-eau solaire en toiture

L’énergie a été un des points d’attention lors de la conception du site. Un système de chauffe-eau solaire a été installé par G2 Énergy (coût de 48 600 €, hors ballon de stockage et circuit d’eau, avec des aides possibles de l’Ademe). Les panneaux en toiture affichent une surface utile de 131 m2 au total. L’installation est reliée à un ballon de stockage d’eau chaude de 16 000 L. « Grâce à ce système, nous allons économiser plus de 30 % de la consommation d’énergie pour le chauffage de l’eau. »

L’autre source d’énergie provient d’une chaudière gaz à condensation. « Nous avons aussi un projet de photovoltaïque sur le bâtiment qui permettra d’alimenter en électricité aussi bien l’élevage que notre usine de fabrication d’aliments à proximité. »

Utilisation de lacto-liquide

La réduction de l’énergie passe aussi par l’utilisation de lacto-liquide, produit qui arrive directement des laiteries, un peu plus riche en protéines que du lactosérum. « L’objectif est de réduire les transports et le séchage des composants de l’aliment d’allaitement des veaux. La consommation d’eau est aussi moins importante. »

Le lacto-liquide est conservé dans deux cuves de 27 000 L chacune sur l’élevage, avec à côté une autre cuve de 17 000 L de matière grasse pour reconstituer l’aliment d’allaitement. « Deux pompes à chaleur permettent d’un côté de rafraîchir le lacto-liquide (qui se conserve à 6-7°C pendant une semaine maximum) et de l’autre, de réchauffer la matière grasse qui ne doit pas se figer (température requise autour de 40°C). » À l’heure actuelle, une vingtaine d’éleveurs du Grand-Ouest sont équipés de ce type d’installation qui devrait prendre de l’ampleur à l’avenir.

Séparation des effluents liquides et solides

Autre équipement innovant, des racleurs (24 en tout) avec séparation de phase ont été installés dans les préfosses, passant toutes les 2 heures. L’urine est évacuée dans une gouttière au milieu et les racleurs entraînent les effluents solides. « Cela réduit les odeurs dans le bâtiment. Deux types de fosses ont été mises en place : pour le liquide et pour le solide. Les effluents sont utilisés dans une méthanisation. »

Agnès Cussonneau

Des équipements qui favorisent le bien-être

Sur l’élevage, le travail est facilité par des équipements comme les taxiS-lait et les Daf qui mélangent aliment et paille. Le bien-être animal est aussi une priorité. « 100 % des sols sont en azobé recouvert de caoutchouc. Les veaux disposent de 11 % de surface en plus par rapport à la réglementation et 100 % des parcs ont des enrichissements (brosses) et d’autres objets sont testés tels que des ballons, du bois. Des pipettes situées à l’intérieur des auges permettent un accès facilité à l’eau pour tous les veaux, quelle que soit leur taille », détaille Baptiste Ribourdouille.Le stress thermique a aussi été pris en compte dans la conception de ce nouveau bâtiment. « En hiver, quand les températures sont inférieures à 15°C, le chauffage se met automatiquement en route. L’air entre par six bouches situées en hauteur au-dessus du couloir central et se réchauffe ainsi avant d’entrer dans les salles. Nous conseillons aux éleveurs d’avoir des entrées d’air indirectes pour éviter les changements brutaux de température au niveau des veaux. À l’avenir, l’air pourra être rafraîchi à l’entrée via un cooling. » La ventilation par extraction d’air est automatisée en fonction des courbes de poids des veaux.


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