Dossier technique

La volière photovoltaïque protège les volailles

Produire de l’électricité tout en élevant des volailles, telle est la technique rendue possible par les volières photovoltaïques.

Un élevage de perdrix sous une volière photovoltaïque - Illustration La volière photovoltaïque protège les volailles
Un élevage de perdrix sous une volière | © @Mexens

David Pasquay est aviculteur dans les Deux-Sèvres, il élève des canards en gavage et en pré-gavage. En 2019, débute la construction sur son exploitation d’une volière photovoltaïque. La parcelle qui accueille l’installation couvre 6,5 ha, 33 000 m2 de panneaux sont posés sur des structures par l’entreprise Mexens. Ces panneaux sont montés sur une charpente légère, les modules photovoltaïques forment la couverture de l’enclos. Des filets de protection sont tendus entre les panneaux et sur la partie latérale de l’installation. Au point le plus bas, la charpente se situe à 3 m de hauteur pour pouvoir passer avec du matériel d’entretien.

Les filets protègent contre les goélands

Contre les prédateurs, les filets avec une maille de 55/50 mm empêchent les oiseaux extérieurs de rentrer dans le parcours. « J’avais auparavant de gros problèmes avec les goélands : les effaroucheurs ne suffisaient pas. Sur 12 000 canards, 120 pouvaient disparaître. Aussi, en conditions chaudes en été, les canards apprécient les zones d’ombre et les petits courants d’air ».

Cette volière produit aujourd’hui 6,5 MWc. « Je dispose d’un bâtiment central pour la claustration, qui sert en hiver. L’alimentation en extérieur a été automatisée. J’ai investi au total 300 000 € en comptant la maçonnerie, l’abreuvement et le système d’alimentation », témoigne le producteur. Seule ombre au tableau, « le transformateur, situé à 14 km. Le coût de raccordement a failli faire échouer le projet ».

Observer le comportement

Le responsable du pôle agronomie pour Mexens, Baptiste Voltz, présente une étude menée dans un élevage de la région d’Agen (47), doté à la fois « d’un parcours avec volière photovoltaïque et d’un témoin, disposant d’un bois à proximité des poulaillers. Les 2 lots étaient constitués de la même race, à savoir le cou nu ». Un autre témoin, en plein champ, est également intégré à cette étude. Des stations météorologiques ont permis de calculer un indice THI (qui combine humidité et température, et qui mesure l’inconfort des animaux). Des caméras ont capté les déplacements, que ce soit à proximité du bâtiment ou à 75 m de celui-ci, entre 8 h et 18 h. Grâce au protocole Ebene, le comportement a été mesuré (repos, étirement des pattes, exploration, agression…). « Avec un printemps plus frais, les poulets sont davantage allés dans le parcours avec panneaux solaires. L’été, ce sont les sous-bois qui ont été préférés ». Sous les abris solaires, les animaux suivent la zone d’ombre en fonction de la course du soleil. « L’appropriation est aussi plus rapide en été, 28 % des présences ont été notées à plus de 35 m du bâtiment ». Les zones de sous-bois sont moins explorées, mais le comportement de repos y est plus souvent observé. « Sans doute que les poulets arrivent tout de suite dans une zone de confort », avance Baptiste Voltz, en explication au phénomène.

Fanch Paranthoën


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