Dossier technique

C’est les watts qu’elle préfère

EARL Élevage Mouche, à la Mouche (50) - Les frères Bellet multiplient les investissements pour sécuriser leur approvisionnement en électricité. Grâce à une batterie de plus de 200 kWh, l’exploitation espère couvrir jusqu’à 70 % de ses besoins énergétiques.

3 hommes devant un parc dans une exploitation agricole - Illustration C’est les watts qu’elle préfère
Les trois associés: Victorien, Mathieu et Julien Bellet. | © Paysan Breton

À l’EARL Élevage Mouche, l’énergie est un véritable leitmotiv. Depuis 2020, les trois associés de l’exploitation investissent massivement dans ce secteur. Aujourd’hui, la structure cumule 850 kW en vente totale, répartis sur les toits de quatre bâtiments, une méthanisation en cogénération d’une puissance de 299 kW et, plus récemment, une toiture de 100 kW en autoconsommation avec stockage. « Je suis convaincu que l’électrification des usages va augmenter », déclare Julien Bellet, l’un des associés de l’EARL.

Nous pensons à investir dans un télesco électrique

« Sur notre exploitation, la facture d’électricité approche les 30 000 €/an. Nos principaux postes de dépense sont les trois robots de traite et la ventilation. De plus, même si nos contrats de vente totale sont garantis sur 20 ans, le prix d’achat continue de baisser (7,92 centimes/kWh en mars 2026). L’investissement dans le stockage est une réponse à cette évolution. »

Stocker le surplus

La batterie, d’une capacité de plus de 200 kWh, a été installée fin février. Reliée à l’installation solaire de 100 kW, elle est capable de stocker l’énergie non consommée et de la redistribuer la nuit en fonction, par exemple, des besoins des robots de traite. « L’objectif est d’atteindre une autonomie énergétique de 70 % sur l’année, avec bien sûr un pic de production d’avril à septembre », indique Matthieu Nicole, expert photovoltaïque chez Objectif Énergies, qui a installé l’entièreté des panneaux solaires et la batterie sur l’exploitation. « Sans batterie, on n’annulerait qu’environ 35 % de la facture. » Début mars, lors d’une journée ensoleillée, les associés ont par exemple enregistré un taux d’autoconsommation à 83 %. D’après le constructeur, l’autoconsommation associée au stockage permet de ramener le coût de l’électricité à moins de 10 centimes par kWh sur 20 ans, garantissant ainsi un retour sur investissement d’environ huit ans. La batterie, elle, est garantie dix ans. « L’électricité coûte aujourd’hui 15,5 centimes HT/kWh », ajoute Julien Bellet. « Je ne serai pas surpris qu’elle atteigne 25 centimes dans les cinq prochaines années. »

Vers une ferme plus électrifiée

Julien, Victorien et Mathieu Bellet comptent tirer parti de cette installation en poursuivant l’électrification de la ferme. « Nous pensons par exemple à investir dans un télesco électrique. C’est de loin l’outil le plus utilisé. Un robot d’alimentation pour les vaches serait une autre piste. » Selon les trois éleveurs, réduire autant que possible la dépendance aux hydrocarbures est impératif, même si cela signifie « signer un pacte avec la Chine pour la fabrication des batteries. »

Alexis Jamet

Des laitières et des chevaux

L’EARL Élevage Mouche élève un troupeau de 150 vaches laitières qui produisent 1,4 million de litres de lait par an. Une cinquantaine de bêtes de viande sont également présentes sur l’exploitation. « Nous avons aussi un élevage de 200 chevaux de race selle français », ajoute Matthieu Bellet. « Ce sont des animaux de concours, spécialisés dans le saut d’obstacles. » La SAU de la ferme est de 185 ha, dont 120 ha de prairies nécessaires aux chevaux. « Nous ne sommes pas autonomes en cultures », indique l’agriculteur. « Nous achetons de la paille et du maïs à l’extérieur. »


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