« C’est le machinisme qui m’attire », livre Loan Hingant, 20 ans. Dans l’atelier de la concession Blanchard Agriculture à Trémeur (22), il se sent comme un poisson dans l’eau. « Tous les jours, je suis confronté à de nouvelles pannes. À chaque fois, il faut savoir résoudre le problème », sourit le jeune homme. Il évolue ici comme apprenti pour la 2e année consécutive dans le cadre d’un BTS Génie des équipements agricoles (GDEA) à la MFR de Loudéac (22).
Avec un professionnel, tu n’as pas la même attitude
Auparavant, il avait aussi été alternant en ETA pour son Bac pro. « J’ai adoré mes quatre ans d’apprentissage. » Ce rythme scolaire qui privilégie le temps passé en entreprise plutôt que sur les bancs de l’école, l’action et la pratique plutôt que la théorie lui convient parfaitement. « À l’école, j’avais parfois des problèmes à rester concentré », dit-il. « Mais au côté d’un professionnel, tu n’as pas la même attitude… »
Bien accueilli et entouré par l’équipe
Loan se rappelle son arrivée à la concession. D’abord l’entretien d’embauche passé avec Marc Brieuc, son maître d’apprentissage, et un responsable de l’entreprise. « Ils m’ont posé des questions sur la mécanique en me poussant jusqu’aux limites de mes connaissances. C’était un peu impressionnant. » Puis son accueil avec la remise de ses EPI, d’une mallette pleine d’outillages et d’un ordinateur. « En tant qu’apprenti, tu n’es pas laissé à l’écart. Au contraire, je me suis senti tout de suite bien entouré. Chaque fois que j’ai besoin d’un conseil, tout le monde me répond. » Les liens se tissent facilement quand les plus anciens sont tous là pour transmettre leur passion, explique l’étudiant. À ses yeux surtout, un bon maître d’apprentissage est quelqu’un avec qui on peut avoir « une relation franche » comme avec Marc Brieuc.

Gagner en autonomie et en responsabilités
Pour Loan, la recette est simple pour bien s’intégrer : « Si les maîtres d’apprentissage voient que tu t’intéresses, ils vont s’intéresser à toi. » Les choses se font ensuite naturellement, étape par étape. « Plus tu gagnes la confiance des autres, plus on te confie des tâches intéressantes, des travaux plus compliqués ou des machines plus grosses. » Lui intervient dans le secteur des récoltes : ensileuses, moissonneuses, presses… « À chaque fois, il est indispensable de bien comprendre le fonctionnement de la chaîne cinématique. » Le jeune homme a à disposition des carnets pour chaque machine et des informations sur l’ordinateur. « C’est un travail avant tout manuel et il faut oser se lancer. Mais si tu n’es pas serein pour démonter, tu appelles quelqu’un pour t’aiguiller puis au fur et à mesure, tu gères tout seul. » C’est le chemin sécurisé de l’apprentissage en alternance. « Au fil du temps, on m’a donné de l’autonomie et des responsabilités. »

Son contrat se termine fin août. Une embauche va lui être proposée par l’entreprise. « Je me suis bien intégré à l’équipe. Je me sens bien ici et j’ai envie de rester. » Le jeune homme apprécie les relations avec ses collègues mais aussi avec les clients.
Toma Dagorn
Former pour recruter
« Nous faisons attention à tous les jeunes qui frappent à la porte. Aujourd’hui, former des apprentis est presque le seul moyen de recruter », explique Marc Brieuc, responsable d’atelier spécialisé Récoltes chez Blanchard Agriculture. Sur le site de Trémeur (22), il y a en permanence 5 ou 6 apprentis issus de filières Bac pro et BTS. « En Bac pro, ils réalisent des tâches accompagnées. Ensuite, ils gagnent en autonomie jusqu’à être capables de prendre en charge une moissonneuse, faire le devis et le travail. En sortie de BTS, ils doivent être employables et capables de partir en dépannage sur le terrain. » Marc Brieuc évalue la capacité des jeunes : ponctualité, respect des règles, politesse, relation client… « Chez nous, ils ne font pas que serrer des boulons ou faire les niveaux, ils font des mises en route de matériel en clientèle. Ils profitent des journées de formation : ils montent en compétences et ressortent avec leur livret SAV. » Un apprenti de qualité aura toujours une proposition d’emploi à la fin de son parcours, précise Marc Brieuc. « Les apprentis amènent de la vie. Ils sont là pour apprendre, mais nous apprenons aussi d’eux. Avec les réseaux, ils font de la veille concurrentielle et savent tout ce qui se passe dans les campagnes : les pannes, les démarrages… »

