Aviculture : Trouver des alternatives au gaz

 - Illustration Aviculture : Trouver des alternatives au gaz
La chaudière à biomasse semble bien adaptée pour chauffer les poulaillers mais l’investissement est élevé et les aides sont pas encore à la hauteur.
La filière avicole anticipe les futures augmentations du prix du gaz en cherchant des modes de chauffage permettant de s’affranchir ou de réduire la dépendance à cette énergie fossile.

« La filière avicole a choisi de travailler sur les alternatives au gaz propane pour le chauffage des poulaillers dans le cadre du RMT bâtiment d’élevage de demain », introduit Gaëtan Laval, ingénieur bâtiment énergie à l’Itavi, lors d’un webinaire, le 26 mai. En grande majorité les poulaillers sont équipés de chauffages radiants ou aérothermes fonctionnant au gaz propane. L’investissement est peu élevé, ils sont faciles à mettre en place et à utiliser. Par contre, ils produisent du CO2 dans la salle d’élevage et la combustion fait monter l’hygrométrie dans le bâtiment. Les appareils de chauffage augmentent le risque d’incendie. Les éleveurs sont dépendants d’une énergie fossile qui se raréfie avec un prix qui fluctue. « En 10 ans le prix du gaz a augmenté de 34 % pour arriver à 750 € HT/tonne en 2019 (prix du propane domestique). L’arrivée de la taxe TICPE étendue au gaz propane va faire grimper le prix de 66 €/tonne à partir de 2021. L’exonération de 50 € / tonne pour les éleveurs ne suffira pas puisque le prix du gaz va augmenter de 33 % d’ici 5 ans, dû à cette taxe TICPE. Il faut donc réfléchir dès maintenant aux alternatives. »

Combiner pompe à chaleur et photovoltaïque

La production d’eau chaude à partir d’une pompe à chaleur est une alternative. « Il existe 3 types de pompes à chaleur : l’aérotherméale prélève les calories de l’air, l’aquathermale prélève les calories d’une nappe d’eau souterraine et la géothermale les calories du sol. » Des élevages bretons sont équipés en aquathermie et en aérothermie pour assurer une partie du chauffage des poulaillers mais le gaz reste indispensable en appoint et en secours. Yves Guyon, aviculteur et gérant de Breizh Brumisation dans le Finistère, a installé sur un de ses poulaillers une pompe à chaleur (Pac) de 15 kW fonctionnant avec l’électricité produite par des panneaux photovoltaïques produisant aussi une partie de l’énergie nécessaire pour la ventilation et l’éclairage. La Pac produit de l’eau chaude pour alimenter le plancher chauffant ainsi que l’aérotherme. « On recense aussi des poulaillers chauffés à partir d’eau chaude issue d’une unité de méthanisation. »

Les chaudières bois se développent

Les aviculteurs se tournent de plus en plus vers les chaudières à biomasse comme réelle alternative au gaz. Une chaufferie bois permet de ne plus être dépendant du gaz même si, concrètement, les éleveurs conservent la possibilité de chauffer au gaz en cas de panne de la chaudière. « Le bois plaquette est une ressource facilement accessible localement. Par contre l’investissement est élevé et ce système nécessite plus de travail que lorsque le poulailler est chauffé au gaz. L’investissement reste encore élevé puisqu’il faut compter 96 000 € pour équiper un poulailler de 1 500 m2 avec un coût opérationnel de 7 200 €/an », note Gaëtan Laval. Le solaire thermique pourrait aussi être une solution de chauffage permettant de valoriser la toiture du bâtiment avec une ressource facilement accessible. Mais l’investissement est élevé pour une énergie intermittente qui ne permet pas de couvrir les besoins en hiver.

« Ces différents systèmes de production d’énergie pour chauffer les poulaillers sont éligibles aux aides du fonds chaleur. Il faut alors se tourner vers l’Adème. Il existe aussi des aides de la Région pour accompagner ces investissements. »


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