Dossier technique

Plus de lait mais moins de travail

Gaec de Saint-Éloi à Plaine-Haute (22) - Depuis qu’un 2e robot a été installé, la vie de Pascal et Noëlle Le Breton a changé : malgré un troupeau agrandi et un volume de lait livré bien supérieur, le temps de travail dans l’étable a baissé. 

Un éleveur devant la table d'alimentation fréquentée par des vaches de race Holstein - Illustration Plus de lait mais moins de travail
Pascal Le Breton | © Paysan Breton - T. Dagorn

Pascal et Noëlle Le Breton ont installé le premier robot en 2012. « Le projet était d’abord une salle de traite tandem pour trier facilement les vaches en sortie. » Après un an à travailler sur les plans, vu la maçonnerie « déjà coûteuse à l’époque », l’automatisation s’est finalement imposée. « Un robot, ça se pose… L’investissement n’était que de 25 000 € supplémentaires et on gagnait la place d’un bureau et d’un box à génisses. »

Stalle saturée

Sur ce VMS Classic (renouvelé en 2018), le couple a alors conduit 75 à 80 vaches à la traite pour un niveau d’étable à 32 – 33 kg / VL / jour et une livraison de 750 000 L par an. « Mais avec une stalle saturée, nous perdions de la production potentielle tout en forçant sur l’aliment… Le robot trayait 20 h par jour et on pénalisait sa fréquentation à 2,2 traites / VL / jour. » Alors, en 2023, cinq logettes ont été retirées pour faire de la place à un 2e automate. Un VMS 300 démarré en mars 2024.

Avec la 2e stalle, la vie des primipares a changé

Dans l’étable comptant 70 places de couchage, le troupeau s’est alors élargi à 90 vaches à la traite. Selon les calculs du couple, il fallait une production de 35 – 36 kg de lait / VL / jour pour amortir l’investissement. « Nous nous sommes donné un an de transition pour y arriver. » Le temps de caler la ration, de tester des aliments et de régler les paramètres de passages aux robots (lait attendu et intervalle de temps entre traites…).

Les progrès ne se sont pas faits attendre. Sur 2024 – 2025, le Gaec a livré 900 000 L de lait avec en moyenne 77 vaches à la traite à 34 kg de lait / jour. Sur 2025 – 2026, 1,125 million de litres pour 86 vaches à 39,5 kg… « En désaturant grâce à la 2e stalle, nous atteignons désormais 3 traites par vache par jour. » La vie des 1re lactation a changé. « Avant, elles ne faisaient pas trop de lait, voire on finissait par les faire partir… Aujourd’hui, elles produisent 10 kg de lait par jour en plus. »

43 kg de lait / VL / jour

Avec l’augmentation de la productivité, le mélange à l’auge a été reconcentré en tourteau de soja (3,2 kg / VL / jour), en aliment à base de lin extrudé sur base colza (1 kg) et en sucres (150 g dans le minéral). Au robot, la VL riche en fibres (base maïs grain) et le correcteur contiennent 3,5 % de matière grasse. « Cet ingrédient a un coût mais les animaux répondent bien. » Une option déplafonnée dès 21 jours pour les multipares et dès 28 jours pour les primipares a été rajoutée « afin de monter plus vite en lait et d’aller chercher des pics de lactation supérieurs ». Récemment, le niveau d’étable a atteint 43 kg de lait / VL / jour et les associés prévoient de livrer 1,150 million de litres de lait avec 85 vaches à la traite pour la campagne en cours. « En gros, on livre près de 50 % de lait en plus pour seulement 10 à 15 vaches en production supplémentaires. » Désormais, si les associés ont conscience que le facteur limitant est le logement (moins d’une logette par animal), l’objectif est de maintenir le coût alimentaire. Sur 2025 – 2026, il se situait à 127 € / 1 000 L (« 11 € de moins qu’en 2024 – 2025 car le prix de l’aliment a baissé ») pour 17 € / 1 000 L de coût fourrager (ensilages d’herbe et de maïs) et 110 € de coût de concentré.

Des vaches de race Holstein dans des logettes paillées
L’ajout de matelas aux logettes paillées a apporté du confort et facilité l’entretien au quotidien

Astreinte réduite

Les associés ont aussi gagné en qualité de vie. Les robots ont été implantés pour « ne jamais aller chercher une vache » grâce à des portes intelligentes et des box. Aujourd’hui, il faut compter 18 h de travail / VL / an (élevage des veaux, soins, gestion des robots), 21 h en incluant l’alimentation. « En Bretagne, avec encore beaucoup de salles de traite, la moyenne est plutôt autour de 35 h. » L’ancien apprenti embauché en 2024 permet aussi de s’organiser plus simplement pour répartir les 92 h de travail (en moyenne) du lundi au dimanche sur l’élevage.

Une vache de race Holstein avec son veau nouveau-né dans une logette paillée
Des boxs sont aménagés dans le bâtiment autour des robots

Surtout, le 2e automate a sensiblement réduit l’astreinte. « Avec 10 à 15 vaches en plus, nous passons désormais 150 h par an de moins autour des robots ! », termine Pascal Le Breton qui bénéficie de données précieuses et précises grâce à deux ans de suivi (avant / après le 2e robot) des temps de travail par activité mesurés par la MSA grâce au système Aptimiz.

Toma Dagorn

Moins de pression sur le dépannage

L’ancien automate trait une vache en 8 minutes, le nouveau en 6,5 minutes. Avant, le robot seul trayait 20 heures par jour. Aujourd’hui, les deux stalles travaillent 20 à 25 heures en cumulé. Surtout, avec une stalle saturée auparavant, le système était fragile. « Le robot faisait 7 traites à l’heure. S’il y avait un problème, il fallait une journée pour s’en remettre », rapporte Pascal Le Breton. Avec deux automates, il y a de la souplesse. « Je ne paie plus de contrat de maintenance pour la nuit car s’il y a une panne d’un côté, l’autre continue à traire. » Et pour faire des économies, l’ancien robot n’est plus révisé que tous les 5 mois (au lieu de 3 mois avant).


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