Salarié de Finistère Remplacement depuis 2004, Philippe Talgorn travaille dans « environ 60 exploitations agricoles, régulièrement chez une quinzaine d’agriculteurs », résume-t-il. Une forte expérience donc dans le sud de son département, avec des systèmes et des organisations différents. Le Finistérien intervient pour 2/3 de son temps en élevage laitier, le tiers restant est consacré aux porcs. En lait, les ¾ des installations où il exerce son métier sont en traite robotisée.
Les informations importantes doivent être lisibles
Les conditions de travail sont pour lui un sujet primordial. « Je considère que lorsqu’un agriculteur embauche un salarié, il doit mettre les moyens en face pour bien l’accueillir ». En production laitière, « il manque encore beaucoup de vestiaires et de toilettes… Or quand l’accueil est bon, c’est encourageant, cela me donne envie de revenir, et sans doute de m’investir davantage ». Hors de question pour lui de démarrer sa semaine dans un environnement en désordre ; il lui arrive si besoin « de commencer la semaine en lavant le tracteur. C’est important, car je l’utiliserai toute la semaine ».
Un œil extérieur bienvenu
Lors de sa prise de fonction pendant un remplacement, Philippe Talgorn encourage les agriculteurs à noter au clair les consignes, à rendre facilement accessibles les documents nécessaires. « On change très souvent de troupeau. Des informations comme quelle est la vache qui doit vêler, ou lesquelles sont à tarir doivent être lisibles. En traite robotisée, le métier est plus simple, car grâce au logiciel toutes ces informations sont automatisées : quand on est seul, tout est déjà à jour ».
Toutes ces années de remplacement lui ont forgé un œil critique et une capacité à conseiller les adhérents du service. Le salarié est ainsi capable de donner son avis « sur des plans de bâtiment, pour rendre le travail confortable et pour simplifier le travail ». Touche-à-tout, l’agent de remplacement est aussi bien capable de suivre techniquement un troupeau, mais aussi de récolter de l’herbe, de transporter de l’ensilage de maïs, de préparer les terres pour les cultures, d’entretenir les paddocks, de passer l’épareuse, ou encore d’effectuer divers travaux de maçonnerie ou de construction.
Fanch Paranthoën
La pause fait gagner du temps
Instant incontournable dans une journée, la pause-café « est un moment de partage, qui contribue à améliorer la qualité de vie. Certains considèrent cette pause comme du travail, en mettant cet espace de temps à profit pour échanger sur les vaches, pour prendre du recul. C’est une façon d’anticiper les activités à venir, et ainsi de faire baisser la pression ». Se poser permet de faire gagner du temps : « On a tous une vie privée derrière, respecter les horaires est important ».

