Dossier technique

Deux mi-temps en élevages caprin et ovin : À temps partagé sur 2 fermes

Salariée d’Alterrenative’35 depuis 2018, Charlotte Masson travaille dans 2 élevages de petits ruminants. Une activité faite pour elle.

un homme et une femme dans un bâtiment d'élevage de chèvres - Illustration Deux mi-temps en élevages caprin et ovin : À temps partagé sur 2 fermes
Charlotte Masson et Régis Desaize dans l'élevage. | © Paysan Breton

Charlotte Masson, 29 ans, partage son activité entre deux exploitations, à mi-temps sur chacune. Originaire de Seine-et-Marne, la jeune femme apprécie la Bretagne et sa qualité de vie. Attirée par les animaux mais non issue du milieu agricole, lors de ses études, elle s’est orientée vers un Bac STAV avant de poursuivre avec un BTS productions animales à Dol-de-Bretagne. « C’est à ce moment-là que j’ai découvert le monde de l’élevage grâce à un stage en ovins viande dans la baie du Mont-Saint-Michel. »

« Après mes études, j’ai été embauchée à mi-temps par l’éleveuse qui gérait cette exploitation, via Alterrenative’35. J’habite à cinq minutes de la ferme. Au départ, j’avais un autre mi-temps en maraîchage mais cette production ne me convenait pas. Je ne voulais pas non plus travailler avec des vaches laitières », des animaux trop imposants selon elle.

Le goût pour les petits ruminants

En 2019, elle rejoint l’élevage caprin de Régis Desaize à Trémeheuc (35), situé à une demi-heure de chez elle. « Ici, je m’occupe de l’alimentation et de la traite des 350 chèvres, matin et soir, pendant les deux jours où je suis en poste sur l’exploitation. Je travaille de manière autonome. Dans l’autre élevage, je suis également présente deux jours, mais nous travaillons souvent à deux. » La jeune femme assure aussi certains week-ends.

Cultiver une bonne ambiance de travail

Pour elle, la qualité de l’accueil sur les fermes et la relation avec ses employeurs sont essentielles. « La flexibilité compte des deux côtés, c’est du donnant-donnant. Je fais en sorte de m’adapter lorsqu’il y a un imprévu sur une exploitation et l’inverse est vrai aussi. » Par exemple, en juillet dernier, Charlotte Masson a eu son premier enfant. Régis Desaize a alors décalé la traite du matin de 6 h 30 à 7 h afin qu’elle puisse déposer son bébé à la crèche.

L’agriculteur, qui a souffert de fortes tendinites, est passé des vaches laitières aux chèvres en 2017. « J’ai installé une salle de traite 2 x 24, avec des rails qui portent les griffes et accompagnent le mouvement. L’aliment arrive directement dans les auges individuelles grâce à un chariot robotisé », explique-t-il. Pendant le congé maternité de Charlotte Masson, il a recruté une seconde salariée (en passant aussi par Alterrenative’35) qui travaille aujourd’hui à mi-temps sur la ferme. « La salle de traite est bien adaptée pour elles deux. De mon côté, je traie désormais le samedi, le dimanche et le mercredi soir. »

Mélangeuse, brouette électrique, vis d’alimentation…

Pour fidéliser ses salariées, Régis Desaize mise sur « la confiance, la communication et la souplesse ». Il a également investi dans du matériel afin de réduire la pénibilité du travail : une mélangeuse automotrice il y a quatre ans, une brouette électrique il y a trois ans, une balayeuse automatique et, plus récemment, un silo avec vis contenant les aliments (maïs épi déshydraté, luzerne déshydratée, méteil grain). Ils sont acheminés automatiquement vers la salle de traite ou la mélangeuse. « Tous ces équipements nous facilitent vraiment le travail », souligne Charlotte Masson. Elle ne souhaite pas s’installer, heureuse d’être salariée.

Agnès Cussonneau

Un coup de main RH dans les fermes

Régis Desaize a choisi de travailler avec Alterrenative’35 car il apporte « un cadre sécurisant » pour l’emploi des salariés, notamment sur le plan réglementaire. L’objectif du groupement qui recherche en permanence de nouveaux salariés est de favoriser la mise en place de CDI à temps plein. « Une fois par an, les employeurs ont une réunion avec Pascale Martin, la directrice, pour faire le point sur le travail avec les salariés. Cela nous aide dans notre organisation, notre manière de manager et cela peut aussi permettre à certains employeurs de résoudre des conflits », explique Régis Desaize.


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