Dossier technique

Plus de confort pour plus de production

Gaec des Rochers, Châtelaudren-Plouagat (22) - La robotisation s’est accompagnée de changements, que ce soit au niveau alimentation, organisation ou confort du troupeau. Des efforts et des investissements qui paient : la production a augmenté de 300 000 L avec un effectif réduit.

Un homme devant un robot de traite - Illustration Plus de confort pour plus de production
Arnaud Le Clech est associé avec son père | © Paysan Breton – F. Paranthoën

Depuis la mise en place des 2 robots de traite dans ce Gaec Costarmoricain, « la production du troupeau n’a cessé de croître », résume Arnaud Le Clech. L’éleveur est associé avec son père Dominique, l’exploitation embauche son épouse à mi-temps, un autre salarié vient compléter les effectifs.

La traite robotisée est venue remplacer une salle de traite de 2 x 7 postes en épi en décembre 2023. Depuis, l’effectif a diminué, passant de 120 vaches à 115 ; en parallèle, la production a augmenté pour atteindre quasiment 1,7 million de litres contre 1,3 avant les investissements.

10 kg de lait de gagné par jour et par vache

Pour arriver à un tel résultat, les éleveurs ont multiplié les changements. Forcément avec les 2 stalles de chez GEA, le nombre de traites a augmenté pour atteindre une fréquentation de 3 passages par jour en moyenne. Mais le gros des efforts a été porté sur l’alimentation. « D’une production de 34 kg/VL/jour, nous sommes arrivés à 44 kg ». Ces 10 kg quotidiens supplémentaires sont le fruit d’une ration « plus densifiée. Nous incorporons désormais des acides aminés et des acides gras, comme de l’huile de palme, des tourteaux de colza gras ou des graines de lin pour les préparations au vêlage, car je suis très vigilant sur la composition de la ration de ces animaux ». La ration est apportée tous les jours à l’auge et contient de l’ensilage de maïs, de l’ensilage d’herbe et un correcteur azoté. Un aliment VL riche en énergie est distribué aux robots. « Les acides gras permettent de produire plus de lait et d’optimiser les taux. Même si le volume de lait a augmenté, ils se sont maintenus », fait remarquer Arnaud Le Clech. Ces taux s’établissent désormais à 43,5 de TB pour 33 de TP, en amélioration par rapport à l’année passée.

Les bonnes barres au garrot

L’objectif est ici de « saturer les 2 robots. Avec le volume de lait produit, les stalles sont rentabilisées au plus vite », décrit l’éleveur. Chacun de ces robots a coûté environ 150 000 €, « ils ont été installés à une période où le bâtiment était déjà amorti ». Côté maintenance de ces équipements, le Gaec est facturé 15 000 € par an. La consommation électrique est supérieure à une salle de traite, la consommation d’eau est d’1 m3 par jour et par robot. La marque GEA a été sélectionnée car le modèle « se rapproche le plus de la salle de traite : le tarissement et les soins se font directement au robot, l’accès à la mamelle est très pratique ».

En plus d’avoir investi dans ces machines, le Gaec des Rochers a profité des travaux pour améliorer le confort du troupeau, en installant des systèmes de ventilation et un robot racleur, en ouvrant les côtés du bâtiment et en posant de nouveaux matelas sur les 96 logettes. « De tapis rigides de 3 cm, nous sommes passés à des revêtements en mousse de 7 cm. Aussi, de nouvelles barres au garrot ont été installées. En forme de V, elles permettent aux vaches de se lever beaucoup plus facilement. Avant, la barre les frottait à chaque fois qu’elles se levaient ». Un abreuvoir supplémentaire a été fixé à proximité des robots. Il est couplé au prérefroidisseur pour distribuer une eau tiédie. Tous ces aménagements et investissements vont dans le sens d’une forte production ; « ce sont des petits plus, mais les laitières n’hésitent plus à se lever pour aller au robot ». Côté paillage, de la paille broyée est épandue sur les matelas à l’aide d’un petit automoteur qui balaie en même temps la bordure arrière des logettes.

Une vache dans une logette
Les barres au garrot ont été modifiées. En forme de V, elle permettent aux vaches de se lever sans contraintes. Un plus qui explique en partie la bonne fréquentation (3 fois par jour) du robot.

S’aider de la génétique

Concernant la gestion de la reproduction, l’objectif de faire vêler à 24 mois est atteint. Les jeunes génisses reçoivent toutes les attentions pendant leur phase de croissance. Ainsi et dès leur naissance, elles reçoivent « du colostrum en quantité et en qualité. Je les drenche 2 fois, avec 4 puis 2 litres de colostrum ».

L’intervalle vêlage-vêlage est de 370 jours. « Nous réalisons un suivi de reproduction avec notre vétérinaire tous les mois. Mon idée est de rapprocher le plus possible les pics de lactation entre chaque vêlage. Raccourcir le délai entre ces pics fait facilement gagner 2 kg de lait par jour en moyenne ».

Pour l’insémination, l’exploitation préfère se concentrer sur quelques taureaux. « La génétique Bovec en propose seulement 5 au catalogue, ce qui suffit. Le 1er critère est la production laitière, puis la qualité des pattes et des mamelles : il faut que la vache se branche facilement aux robots », conclut le jeune éleveur.

Fanch Paranthoën

Repères : Gaec des Rochers ; 2 associés, Arnaud et Dominique Le Clech ; 1,5 salarié ; 150 ha ; 60 ha de blé ; 48 ha de maïs ; 42 ha d’herbe.

Pouvoir travailler seul

L’alimentation est « distribuée tous les soirs à la mélangeuse, ce qui nous permet, notamment le dimanche matin, de commencer notre journée plus tard. Comme les vaches ont toujours de l’ensilage le matin suivant la distribution et peuvent se faire traire à tout moment, c’est plus confortable pour chacun d’entre nous. En fait, nous n’avons pas besoin de robot pousse-fourrage ». La ferme familiale est sur ce site depuis 3 générations. « Après mes grands-parents, mon père et mes 2 oncles ont repris la ferme. À l’époque, un des associés s’occupait de la traite, un autre de l’alimentation, le troisième du nettoyage des logettes. Désormais, je peux tout faire tout seul ».


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