Après une licence dans le domaine sportif, Pierre Benech décide de se reconvertir dans le milieu agricole. Un choix qui n’a rien d’un hasard. Le jeune homme de 26 ans baigne dans cet univers depuis toujours. « Ma mère est commerciale pour un couvoir et mon père est éleveur de vaches allaitantes », raconte-t-il. « Un de mes oncles était également éleveur de poulets de chair. » Après ses études en Staps, il suit une formation d’un an pour devenir technicien avicole chez Eureden, puis travaille trois ans au couvoir Perrot en tant que technicien avicole reproduction. Fort de cette expérience, Pierre Benech s’installe en 2025 comme éleveur de poules reproductrices, à Pédernec (22).
Un poulailler isolé et automatisé
Le bâtiment flambant neuf de 3 200 m2 (28 x 113 m) accueille 22 500 poules et 2 000 coqs depuis le 13 août. Le nouvel aviculteur a opté pour un système de ventilation en pression zéro qui permet d’éviter les courants d’air directs sur les volailles. En cas de fortes chaleurs, une ventilation « tunnel » complète le dispositif, en plus de la brumisation. « Ce poulailler est très bien isolé », souligne le Costarmoricain. « Pendant la canicule de juillet, il faisait 25 °C à l’intérieur. Pour cette raison, je n’ai pas prévu de système de chauffage, bien qu’il puisse facilement être ajouté si cela devient nécessaire. » Côté alimentation, Pierre Benech a choisi des mangeoires à chaîne plate de chez Big Dutchman, en particulier pour leur facilité d’utilisation. « On voit tout de suite l’aliment », explique-t-il.
Je voulais que tout soit simple
« Je voulais que tout soit simple et le plus automatisé possible pour faciliter le travail d’un remplaçant si besoin. » Même chose pour le centre de conditionnement, signé Vencomatic. Les œufs coulants sont détectés automatiquement. Les autres sont ensuite calibrés avant qu’un robot ne les dépose sur les plateaux puis sur les chariots.
S’investir pour réduire les coûts
Le jeune aviculteur a signé un contrat de 15 ans avec le couvoir Galina Perrot, filiale du groupe LDC. « Cela me sécurise sur toute la durée de retour sur investissement », affirme-t-il. La production répond à la charte Nature d’Éleveur. Le cahier des charges impose une surface de fenêtres équivalente à 3 % de la surface au sol, une densité d’animaux réduite, et un enrichissement du milieu. « La longueur des mangeoires a aussi été surdimensionnée pour éviter toute compétition », ajoute Pierre Benech. Le poulailler représente un investissement de 545 €/m2. Un coût que Pierre Benech a limité en réalisant lui-même une partie des travaux. « J’ai monté les chaînes d’alimentation, les pondoirs et les pipettes », déclare-t-il. « C’était dur, mais j’étais très bien entouré. » Pour sa première année en tant qu’agriculteur, le jeune homme compte « faire le dos rond » et ne pas compter ses heures. « Dans mon prévisionnel, j’ai prévu une enveloppe pour me faire remplacer. Mais avant d’en arriver là, je veux parfaitement connaître mon outil de travail. »
Alexis Jamet
Des aides du couvoir
Le couvoir Galina Perrot a financé 35 % du projet de l’éleveur. Ce dernier a également bénéficié de la DJA (22 000 €), de 2 500 € de la communauté de communes, et d’aides Agri Invest. « Le couvoir a également financé une partie du bureau, situé à l’étage du poulailler, explique Pierre Benech. Celui-ci servira à accueillir des groupes venus visiter mon exploitation. Depuis ce bureau, une fenêtre donne directement sur le poulailler. » Le financement du bâtiment par Galina Perrot s’inscrit dans un partenariat de long terme : en contrepartie, l’éleveur produit les œufs à couver selon le cahier des charges de l’entreprise. Celle-ci représente près de 30 % du marché national et s’appuie sur un réseau de 123 éleveurs partenaires répartis sur 351 900 m² de bâtiments de reproduction. Elle dispose de quatre couvoirs, dont deux en Bretagne, à La Roche-Jaudy (22) et Pontivy (56), qui approvisionnent les élevages de volailles de chair en poussins.

