« Mon système fonctionne sur 3 pieds : un pôle ‘végétal’, un ‘animal’ et un autre ‘énergie’ », évoque Jean-Marie Gaude qui a rejoint son père Jean-Michel sur l’exploitation familiale basée à Saint-Igeaux (22) en 2014. Il gère désormais seul la ferme (avec de l’aide familiale) qui comprend 4 400 m2 de poulaillers (4 bâtiments), un élevage de 40 mères limousines plus la suite (repris progressivement à un voisin sur 5 ans) et une unité de compostage (1 000 t).
Sur la SAU de 170 ha, poussent environ 80 ha d’herbe, 50 ha de céréales, 10 ha de colza, 10 ha de maïs grain, 9 ha de miscanthus et 10 ha de lin fibre, culture arrivée cette année. Une autre activité vient aussi contribuer aux résultats économiques mais surtout au dynamisme sur l’exploitation : deux gîtes touristiques.
Plus du tout de gaz propane
L’éleveur recherche l’autonomie, notamment énergétique. « Nous n’utilisons plus de gaz propane sur l’exploitation. Les poulaillers sont chauffés via des aérothermes reliés à nos chaudières à copeaux de bois installées en 2020 », a-t-il expliqué à l’occasion d’une visite d’Arnaud Lécuyer, vice-président de la Région, et d’autres élus sur la ferme le 16 avril.

D’une capacité de 350 kW chacune (marque ETA), les chaudières servent aussi à sécher les roundballers de foin, dans 2 modules de 20 places, et d’autres matières dans 2 cellules de séchage à plat (miscanthus, méteil, chanvre, fétuque…). « J’effectue 4 coupes par an sur les prairies (qui fournissent 200 t MS). L’herbe est séchée d’avril à mi-octobre. Ce fourrage de qualité me permet une autonomie alimentaire de 100 % sur le cheptel bovin. Il est complété par du maïs grain concassé, réservé aux plus jeunes animaux : 8 à 9 t/an. Pour préserver son amidon, ce maïs est séché à une température inférieure à 40°C. »


50 % du bois issu des haies de l’exploitation
Le bois alimentant les chaudières est issu des haies de l’exploitation pour la moitié. « Je sèche les plaquettes pour parvenir à 10 % d’humidité. Cela permet de réduire la poussière dans les chaudières. La consommation annuelle est de 500 t de bois. » Les chaudières sont reliées à un ballon tampon de 10 000 L qui stocke l’eau chaude à 80°C.

Énergie solaire
Sur le bâtiment en bois abritant les chaudières, les installations de séchage et les plaquettes de bois, des panneaux photovoltaïques ont été installés. Dessous, a été positionné un espace où est aspiré l’air réchauffé par les panneaux qui participe aussi au séchage. Le coût total de l’installation réalisée par GR Énergies a été de 1,2 million €. L’exploitation a bénéficié d’aides de 300 000 € (Ademe, PCAEA) et de l’appui technique du Segrafo. Une autre chaudière biomasse de plus petite dimension (40 kW) permet le chauffage des gîtes et de la piscine couverte. Des panneaux photovoltaïques sont aussi installés sur d’autres bâtiments, la puissance totale étant de 305 kWc.
Agnès Cussonneau
Les haies, couteau suisse naturel
Le bocage est bien présent sur l’exploitation. Plusieurs plantations de haies et talus ont été réalisées depuis 1991 (avec 12 essences différentes). « Au départ, elles ont été positionnées autour des bâtiments volaille, contribuant à réduire la consommation d’énergie, de 20 – 25 % », précise Jean-Michel Gaude. « Nous avons bénéficié d’une MAEC pour les plantations. Un Plan de gestion durable des haies (PGDH) a été mis en place. » « J’emploie des bûcherons professionnels sur l’équivalent d’un mois et demi, pour une optimisation de la gestion et de la productivité des haies. Le broyage et le transport des plaquettes sont également délégués », ajoute Jean-Marie Gaude. À terme, « mon objectif est d’avoir des parcelles en moyenne de 6 ha entourées de haies. Ces dernières permettent de protéger les vaches au pâturage mais aussi mes cultures. Abritant des auxiliaires, elles permettent de réduire les traitements phytosanitaires. J’utilise notamment moins d’insecticides sur le blé. »

