La diversification des espèces fourragères et l’augmentation des stocks font partie des leviers activés par Serge et Lionel Dupont, deux frères associés dans le Gaec Les Marais à Gaël (35), pour s’adapter aux aléas climatiques. Employant un salarié en CDI, ils produisent plus de 1 million de L de lait et gèrent un atelier de 25 mères blondes d’Aquitaine, avec engraissement total des femelles et des mâles (JB).
Plus que le rendement, la valeur des fourrages recherchée
La SAU de 195 ha compte 70 ha de cultures de vente (céréales et colza). Sur ce parcellaire, une dizaine d’hectares sont inondés tous les ans. Les producteurs produisent 50 ha de maïs, récoltés majoritairement en ensilage. Toutefois, « chaque année, nous gardons en moyenne 5 ha pour faire du maïs grain servant à l’alimentation des vaches laitières et à l’engraissement des bovins. La farine de maïs est stockée dans une cellule à plat à côté du tourteau de colza et du tourteau de soja », présente Serge Dupont.

Installation de deux robots
« Notre objectif est d’avoir une forte production par vache laitière, obtenue d’abord par des fourrages de haute valeur alimentaire », souligne l’éleveur qui est épaulé par son conseiller Eilyps pour la constitution et l’adaptation des rations au fil de la campagne. « La production par vache laitière est comprise entre 36 et 40 kg/jour, avec un TP de 33,5 et un TB de 42. »
La culture de luzerne, arrivée il y a 10 ans sur la ferme, a doublé en surface, atteignant désormais 10 ha. En parallèle, « l’effectif a également augmenté, passant de 65 à 90 vaches laitières. Et il va encore s’accroître avec l’installation de 2 robots dans la nouvelle stabulation qui sera mise en route cet été. Nous visons environ 110 vaches à la traite ».
Variétés de luzerne résistantes et pérennes
Dans ce système robotisé, où dans un premier temps le pâturage sera arrêté, « avoir des stocks en quantité et en qualité sera encore plus important ». La luzerne assure une pousse toute l’année et affiche 15 à 25 % de MAT selon le stade et la coupe. « Nous utilisons des semences inoculées et des variétés type nord. Je les sélectionne plutôt sur leur résistance aux maladies et leur pérennité, en regardant le site internet Herbe-book. L’implantation se fait généralement après une céréale ou un colza, en automne, en association avec du trèfle qui tapisse le sol afin de limiter les adventices. »
Le moins possible de labours
« Des parcelles pas trop humides sont sélectionnées pour la luzerne qui garde un bon potentiel de production en été. » Déchaumage et décompactage précèdent un combiné herse-semoir. Globalement sur l’exploitation, « le labour n’est réalisé que si nécessaire, pour réduire les coûts, conserver la structure des sols, leur capacité de filtration et déstabiliser le moins possible la biodiversité. »


Les 65 ha de prairies sont en association RGA-trèfle blanc ou en RGH-trèfle violet. « Pour le RGA également, je me réfère au Herbe-book, avec une vigilance sur la remontaison. Par le passé, j’ai tenté d’implanter de la fétuque mais je n’ai pas trouvé de variétés adaptées à nos sols argileux, la valeur alimentaire ne suivait pas. » Les prairies sont fauchées 3 fois par an, avec la constitution d’un silo à chaque coupe. Du foin est par ailleurs réalisé, pour l’alimentation des jeunes animaux et du troupeau allaitant qui va également pâturer.
Analyses régulières des stocks
Les éleveurs organisent leurs stocks sur une grande plate-forme situées au cœur des bâtiments. Les 3/4 de la surface sont en enrobé et 1/4 est bétonné. « Une zone en sol stabilisé va être ajoutée. » Les fourrages sont conservés dans des silos distincts de différentes hauteurs, permettant d’optimiser la conservation en fonction des saisons. De l’enrubannage est aussi réalisé. « Trois murs maintiennent deux silos couloirs de maïs qui peuvent être ouverts des 2 côtés. » Des analyses des stocks sont réalisées tous les 2 mois et à chaque changement de silo.

Grâce à cette performance sur les fourrages, le troupeau fait partie des mieux placés de son secteur en MCA (marge sur coût alimentaire). « Pour davantage de réactivité par rapport aux fenêtres météo, nous disposons de notre matériel pour les semis, les fauches, et d’un andaineur en Cuma. L’ETA s’occupe des récoltes », note le Bretillien.
Agnès Cussonneau
Gagner en temps de travail
Le choix de robotiser la traite a été fait pour réduire l’astreinte notamment le week-end. « Mon frère ou moi travaillons 10 h par jour le week-end, quand nous sommes seul sans notre salarié. Nous utilisons une salle de traite 2 x 6. Pour 80 VL, la traite seule demande 2 h », précise Serge Dupont.

