À travers sa solution Neo, Innoval propose « différents blocs de monitoring » pour suivre ses animaux grâce à des colliers (chaleurs, ingestion, rumination…), son bâtiment grâce à des capteurs ou l’abreuvement grâce à des compteurs connectés. « Le croisement des données offre une vision globale de son élevage », note Stéphane Saillé, directeur Innovation du groupe.
Stress léger pénalisant
Dès mai 2023, des capteurs de température et d’hygrométrie ont été installés dans des étables-pilotes. Température ambiante et humidité relative de l’air sont en effet les composantes combinées pour calculer le THI (Temperature humidity index), indice permettant de définir les plages de confort ou de stress thermique pour les animaux. Pour un THI inférieur à 68, les bovins évoluent dans des conditions thermo-neutres. Ensuite, quand le THI grimpe, on parle de stress thermique léger entre 68 et 71, de stress léger à modéré entre 72 et 79, de stress modéré à sévère de 80 à 89 et de stress sévère au-delà… « Mais attention, les vaches en stress thermique léger – dès 20 °C pour une hygrométrie de 70 % fréquente en Bretagne – montrent déjà des premiers signes. » La fréquence respiratoire augmente (plus de 60 mouvements par minute), la température rectale augmente… « Et production et reproduction commencent à être impactées. »
Pics de THI au printemps
Stéphane Saillé surveille les THI mesurés dans les bâtiments équipés. « En Bretagne, certes sur des durées courtes, on constate des pics de THI relativement élevés dès le mois de mai. » En analysant 5 000 données journalières du couple THI – consommation d’eau recueillies en 2024 et 2025, le spécialiste s’est intéressé à l’impact du THI sur l’abreuvement. « Sur les périodes au THI inférieur à 68 en bâtiment, la consommation moyenne est de 89 L d’eau/VL/jour. Pondéré par la production, cela fait 3 L bue pour 1 L de lait produit », rapporte-t-il. Mais dès que le stress thermique se fait ressentir, la donne change. « Pour un THI de 68 à 71, la consommation d’eau monte à 105 L en moyenne. Au-dessus de 72 de THI, on atteint 115 L bus et il faut alors 3,9 L de boisson pour produire 1 L de lait. »
Toma Dagorn
Adapter l’abreuvement à la ration
La matière sèche du régime alimentaire impacte la consommation d’eau, rappelle Stéphane Saillé. Au pâturage, l’herbe étant riche en eau, les vaches boivent par exemple moins. Pour illustrer, le spécialiste rapporte le cas d’un élevage équipé de compteurs connectés qui a démarré l’affouragement en vert le 30 août. « Aussitôt, la consommation moyenne est passée 80-85 L d’eau par vache par jour à 60 L. »

