Dossier technique

Des variabilités individuelles face à la chaleur

Une hétérogénéité des comportements des génisses au pâturage a été observée dans le cadre du projet Pat’stress, entre races laitières et allaitantes mais aussi entre les individus.

génisses près d'un abreuvoir - Illustration Des variabilités individuelles face à la chaleur
Toutes les génisses ne réagissent pas de la même manière à la chaleur (photo prise en élevage). | © Paysan Breton

Le projet Pat’stress qui a été mis en œuvre sur 2 fermes expérimentales du réseau Farm XP a notamment concerné le monitoring du stress thermique au pâturage. « Nous avons testé différents indicateurs qui existent : la température corporelle individuelle grâce à des thermobolus, le comportement de halètement par lot (non adapté pour la variabilité individuelle) et le THI (Temperature humidity index) », a présenté Suzanne Dumerchat, qui travaille sur la ferme expérimentale des Établières, lors des Biennales 2026 du réseau Farm XP.

Des lots de génisses testés

L’essai a été réalisé au printemps et en été, sur des lots de 10 génisses, en 2023 aux Établières (en race charolaise) et en 2024 à Derval (en race Prim’Holstein). « Plusieurs périodes de stress thermique ont été testées : un stress modéré correspond à un THI compris entre 72 et 80, et un stress élevé, à un THI supérieur à 80. En cas de stress thermique élevé, nos observations ont montré que la température ruminale augmente de manière significative, de 0,62°C à Derval et de 0,20°C aux Établières. »

Au niveau du temps passé à proximité de l’abreuvoir, mesuré via des données GPS et des boucles RFID, il augmente nettement quand le THI dépasse 72. Autre donnée qui pourrait intéresser une sélection génétique à venir : « Nous avons observé une variabilité individuelle importante des durées à proximité des abreuvoirs. »

Davantage couchées, moins de rumination

« Toutes ces données nous ont permis de mettre en évidence une hétérogénéité des comportements et des réponses au stress thermique au pâturage », souligne Suzanne Dumerchat. À Derval, sur les génisses laitières, une tendance à avoir davantage de temps couché et une diminution des temps de rumination a été enregistrée en cas de THI élevé. Aux Établières, en race allaitante, il n’y a pas eu de différence de postures ni d’activité.

« Nous souhaitons renouveler cet essai sur plusieurs saisons, dans différents contextes. L’objectif sera aussi de croiser les indicateurs physiologiques, comportementaux et environnementaux pour définir des seuils d’alerte. Nous pourrions ainsi demain accompagner les éleveurs à l’interprétation des indicateurs issus des capteurs et valoriser ce travail dans une démarche de bien-être animal et de durabilité des élevages. »

Agnès Cussonneau


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