Décrypter l’offre et les nouvelles technologies des monograines

L’offre en semoirs monograines s’est fortement développée ces dernières années. Nouvelles distributions, généralisation de l’entraînement électrique, réglages de plus en plus précis : les constructeurs font évoluer rapidement leurs gammes pour répondre aux attentes du terrain.

Un semoir Tempo de la marque Väderstad enrichit de nouveaux réglages en cabine et d’automatismes, attelé à un tracteur dans un champ - Illustration Décrypter l’offre et les nouvelles technologies des monograines
Précurseur dans le semis rapide qui s’enrichit de nouveaux réglages en cabine et d’automatismes., Väderstad vient de lancer la nouvelle génération du Tempo. | © Väderstad / Niklas Johansson/Niklas Aerial Media AB

Une vingtaine de marques se partagent aujourd’hui le marché du semoir de précision. Aux côtés des acteurs français historiques Monosem et Kuhn, le suédois Väderstad s’est implanté avec le Tempo, lancé il y a une quinzaine d’années. Sa particularité : une approche du semis à grande vitesse, au-delà de 10 km/h.

Vitesse et pression

Ce principe repose, entre autres, sur une distribution sous pression. Un flux d’air est généré dans le tube de descente pour accompagner la graine et maintenir une vitesse régulière jusqu’au sol. Cette technologie a depuis été adoptée par plusieurs constructeurs comme Amazone, Lemken, Horsch ou Kverneland. Ces deux derniers conservent toutefois, en parallèle, des modèles de semoirs disposant d’une distribution fonctionnant en dépression. Car si les doseurs sous pression sont adaptés aux débits de chantier élevés, ils demandent, en revanche, plus de précision dans les réglages.

Lorsque la vitesse diminue ou que les conditions de sol se dégradent, la régularité de semis peut être impactée.

Ils sont également plus sensibles avec les petites graines semées à faible profondeur, avec un risque accru de rebond. Le réglage de la pression d’air est donc déterminant, tout comme l’adaptation du tube de descente et le choix de l’indispensable roulette de rappui qui stoppe la graine dans le sillon.

Polyvalence et dépression

Les distributions par dépression ont perdu du terrain mais restent encore largement utilisées. Leur principal atout : la polyvalence. Elles acceptent des graines de tailles variées et sont plus simples à régler. Leur limite reste la vitesse de travail.

Les distributions par dépression font de la résistance

Plusieurs constructeurs continuent de les développer, y compris sur des modèles récents : Monosem, Kuhn, Kverneland, Horsch, John Deere, Maschio Gaspardo, Sola… Ce dernier, en partenariat avec Sky Agriculture, intègre une distribution fournie par Precision Planting. Une logique également suivie par Agrisem.

Une courroie de transport

Pour améliorer la régularité à vitesse élevée avec une distribution par dépression, certains fabricants ajoutent un système d’accompagnement des graines. John Deere et Monosem utilisent une courroie à brosses. Precision Planting propose une courroie à ailettes. Ces dispositifs restent toutefois limités à certaines cultures, en particulier le maïs. Maschio Gaspardo propose une approche hybride avec son modèle Chrono. La sélection de la graine se fait par dépression, tandis que son transport dans le tube est assuré sous pression.

Parmi les arrivées récentes sur le marché, Pöttinger s’appuie sur la technologie à dépression de MaterMacc, dont il a fait l’acquisition. Lemken développe son modèle Faya à partir du savoir-faire d’Equalizer (marque qu’il a également rachetée) avec un doseur sous pression. Bednar a, de son côté, conçu son propre système sous pression.

Une électrification généralisée

Si le choix du type de distribution reste un sujet de discussion, l’entraînement électrique fait désormais l’unanimité. La plupart des semoirs monograines en sont équipés de série ou en option, y compris sur les microgranulateurs. Il permet un réglage plus simple et plus précis, ainsi que l’accès aux fonctions Isobus : coupure de rang, modulation de dose rang par rang, correction en courbe. La simplicité de réglage évolue aussi avec l’apparition des sélecteurs automatiques qui permettent de maintenir la régularité de semis quand les conditions évoluent.

Les éléments semeurs évoluent également. Les pressions de terrage augmentent, jusqu’à 300 à 350 kg sur certains modèles. L’objectif est de garantir une profondeur régulière, y compris à vitesse élevée ou en conditions difficiles (sols durs, semis simplifié). Pour adapter plus facilement la force de terrage à la consistance du sol, le réglage hydraulique (et parfois pneumatique) se développe chez plusieurs constructeurs.

Gros plan sur un système d'ajustement hydraulique de la pression d'un semoir monograine
L’ajustement hydraulique de la pression sur les éléments semeurs 
offre du confort, mais aussi la possibilité de s’adapter finement 
à la consistance du sol lorsqu’il est automatique.

Terrage automatique des éléments

Certaines machines vont plus loin avec un ajustement automatique du terrage. Des capteurs mesurent l’effort sur les roues de jauge des éléments (ou sur le circuit hydraulique) et adaptent la pression en continu, sur toute la largeur du semoir ou rang par rang. Ce dispositif permet de maintenir une profondeur homogène dans les sols hétérogènes, mais aussi de tenir compte des différences de tassement dans des parcelles où se sont succédé de lourds engins.

La gestion de la profondeur de semis et de la pression des roues de rappui reste souvent mécanique. Le spécialiste Precision Planting propose cependant des solutions pilotées depuis la cabine adaptables sur des semoirs de différentes marques en rétrofit.

Seul Agrisem a le droit de les intégrer d’usine sur son modèle Chief. La profondeur peut être ajustée automatiquement en fonction de l’humidité mesurée dans le sillon, tandis que la pression sur les roues de rappui est régulée à partir de capteurs d’effort.

Avec sa nouvelle génération de Tempo, Väderstad pilote aussi la profondeur de semis depuis le terminal, avec la possibilité de la moduler à partir d’une carte de préconisation. La pression des roues de rappui est également ajustée électriquement depuis la cabine.

Enfin, en conditions avec résidus, la gestion des chasse-débris évolue aussi. Precision Planting et John Deere proposent un réglage de leur pression depuis la cabine. Cette fonction apparaît désormais en option chez Horsch et Amazone.

Michel Portier

En chiffre : 20 marques environ de semoirs monograines présentes sur le marché français ; 10 km/h c’est l’allure à partir de laquelle on entre dans le semis rapide ; 2 conceptions de distribution s’affrontent : pression ou dépression ; 350 kg Jusqu’à 350 kg de force de terrage sur les éléments semeurs

Le choix du châssis

Les semoirs monograines se déclinent en de nombreuses configurations de châssis. Dans l’Ouest, les modèles portés restent majoritaires, même si les traînés sont intéressants pour gagner en largeur de travail sans besoin d’un gros tracteur. Ils sont régulièrement associés à une herse rotative et à une trémie frontale pour la fertilisation. Pour répondre aux contraintes de transport, les constructeurs proposent différentes architectures : châssis repliables ou télescopiques, permettant de réduire la largeur sur route. La polyvalence est également recherchée avec des équipements facilitant le réglage de l’écartement entre rangs afin d’adapter rapidement le semoir à plusieurs cultures.

Fertilisation au semis

La fertilisation starter est largement utilisée en maïs, en particulier dans les sols froids et humides. Elle favorise une levée rapide et homogène, sécurise l’implantation et améliore la compétitivité vis-à-vis des adventices. La localisation de l’engrais permet également d’en optimiser l’efficacité et d’en réduire les doses. De nombreux semoirs sont ainsi équipés de socs ou de disques fertiliseurs positionnés en amont des éléments semeurs. Dans l’Ouest, l’apport d’engrais solide via une trémie frontale reste la solution la plus répandue. L’engrais liquide présente toutefois un intérêt pour sa disponibilité immédiate. Les constructeurs développent aussi des fonctions de modulation rang par rang. Pour gagner encore en précision, Amazone et Kverneland proposent une dépose des granulés en poquets, sous la graine ou entre deux graines. En fertilisation liquide, certaines solutions se distinguent par leur niveau de précision. Precision Planting associe par exemple deux coutres fertiliseurs positionnés au niveau des roues de jauge, ainsi qu’une languette de rappui intégrant trois diffuseurs permettant d’injecter deux engrais plus ou moins proches de la graine.


Tags :

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.

Fermer l'écran superposé de recherche

Rechercher un article