Le retour des pluies orageuses du week-end dernier est une bonne nouvelle pour la valorisation des apports d’azote et remplir les réserves hydriques des sols. En revanche, ces pluies coïncident avec le début floraison des blés pour les parcelles les plus précoces. Le risque climatique vis-à-vis de la fusariose des épis repose sur les quantités de pluies reçues autour de la floraison des blés sur la période des 7 jours avant et 7 jours après qui encadrent la floraison. Le risque climatique est principalement présent sur les secteurs ayant reçu plus de 10 mm de pluie autour du stade floraison.
Évaluer le risque agronomique à la parcelle
Le risque agronomique dépend du précédent cultural, de la technique d’implantation de la culture et de la sensibilité de la variété vis-à-vis de la fusariose des épis. Couplé au risque climatique, il permet d’évaluer le risque global et de décider ou non d’une intervention. Le risque fusariose sur épis est actuellement présent essentiellement pour deux situations suivantes bien présentes en Bretagne :
Le risque repose sur les quantités de pluies autour de la floraison
• Situation 1 : parcelle en non-labour, précédent maïs (fourrage ou grain), ayant reçu entre 10 et 40 mm, quelle que soit la variété ;
• Situation 2 : parcelle avec labour, précédent maïs (fourrage ou grain), ayant reçu entre 10 et 40 mm, avec une variété sensible.
Intervenir au stade début floraison pour maximiser l’efficacité
Le premier facteur d’efficacité du traitement est son positionnement : il faut être le plus proche possible du début de la floraison de la céréale (stade correspondant à la sortie des toutes premières étamines).
Par ailleurs, les essais d’Arvalis ont mis en évidence que le volume de pulvérisation est plus important que le choix des buses ou le recours à d’éventuels adjuvants. Aussi, il est recommandé d’intervenir avec un volume d’eau minimal de 150 L/ha.
Arvalis
Substances actives les plus efficaces
Parmi les substances actives les plus efficaces, le prothioconazole est la seule à disposer d’une polyvalence sur les principales espèces du complexe des fusarioses. D’autres spécialités à base de tébuconazole ou de metconazole permettent également de lutter efficacement contre F. graminearum, mais présentent un intérêt limité sur les espèces du genre Microdochium.Pour les parcelles présentant également un risque de rouille jaune, privilégier des solutions à base de tébuconazole efficace sur ces deux maladies.Il faut néanmoins rappeler que les meilleures protections fongicides ne dépassent pas, en moyenne, les 50 % d’efficacité. Il est donc primordial d’agir en amont, sur l’ensemble des leviers à notre disposition (choix variétal et travail du sol notamment), ne serait-ce que pour contrecarrer l’effet du climat, non maîtrisable et difficilement prévisible.

