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Le robot de la ration poursuit sa route

Le fabricant Lely a présenté les résultats d’une enquête menée chez les utilisateurs de son robot d’alimentation.

Vu l’état des trésoreries des ateliers laitiers, l’heure n’est sans doute pas à rêver à investir dans un robot d’alimentation. Et pourtant, cette technologie qui pousse les portes des exploitations depuis quelques années séduit. Sur le terrain, des éleveurs, souvent jeunes, y pensent ou y ont pensé. C’est en effet une des solutions pour faire face à la difficulté à renouveler la main-d’œuvre des chefs d’exploitation qui partent à la retraite.

D’abord limiter l’astreinte

Mardi 14 décembre, lors d’une journée à Liffré (35) qui rassemblait les éleveurs équipés de Vector (le robot chez Lely), Thierry Jouannic, responsable technique alimentation pour la marque rouge, a rappelé : « En production laitière, la traite représente 50 % du temps de travail. Mais l’alimentation vient ensuite avec 28 %, soit environ deux heures par jour pour un élevage de 100 vaches et la suite ». Finalement, des heures d’astreinte supplémentaires, en plus de celles passées dans la fosse de traite, puisqu’il est nécessaire de nourrir les animaux en production à horaires fixes. D’ailleurs, une enquête interne auprès de tous les utilisateurs (75 % sont aussi équipés de robot de traite) confirme : « 31 % ont investi pour alléger le travail, 30 % pour économiser du temps… »

167 944 € le projet moyen en France

Dans l’assemblée, un observateur faisait un rapide calcul : « En fait, sur une année, le poste alimentation, dans un troupeau d’au moins 100 vaches, occupe près d’un mi-temps. » Pour installer un tel système sur une ferme, compter 120 000 à 150 000 € : « Plus il y a d’aliments différents à incorporer, plus il faudra de vis différentes ; plus le bol parcourt de la distance, plus il faudra installer de longueur de platine (rail) au sol… » Somme à laquelle il faut parfois rajouter des charges liées à l’aménagement des bâtiments, au parcours (béton) ou au stockage. En moyenne, en France, le coût total moyen d’une installation, selon l’enquête, atteint 167 944 €. Pour certains, à l’heure de renouveler une grosse remorque mélangeuse ou une automotrice qui réclament chauffeur, carburant et temps de présence, la question se pose.

Aucun animal n’est oublié

Le travail d’un robot d’alimentation aurait aussi des intérêts zootechniques. Il est toujours opérationnel pour soigner au mieux chaque lot d’animaux. « Les rations sont préparées avec précision, distribuées à l’heure. Aucun groupe d’animaux n’est jamais oublié. » Face aux charges de travail, dans les campagnes, ce n’est pas toujours le cas. « Très occupé par les gros chantiers dans les champs, on avait parfois tendance à négliger quelquefois les génisses ou les taries », confie un producteur qui a investi.

Et Thierry Jouannic de poursuivre : « Une alimentation de qualité dépend bien sûr de facteurs nutritionnels comme la composition chimique, la structure physique et l’appétence. Mais d’autres facteurs comme l’accessibilité et la disponibilité de la ration ainsi que la précision du mélange sont primordiaux également. » Même si une étude de l’Institut de l’élevage à la ferme de la Jaillère (44) a démontré qu’une seule distribution quotidienne fonctionnait parfaitement, le spécialiste considère que « même deux apports quotidiens ne suffisent pas à limiter les décharges d’acide dans le rumen » et prône 6 à 8 passages du robot par jour pour des laitières en production. « Multiplier les distributions de ration fraîche, c’est aussi limiter le tri. » À l’arrivée, chez les utilisateurs de la technologie, l’enquête révèle « en moyenne un gain d’1,9 kg de lait / VL / jour après un an et de 3 kg trois ans après la mise en route… »

75 Vector en service en France
Plusieurs fabricants se sont frottés ces dernières années au robot d’alimentation. Certains n’ont pas percé. D’autres s’enracinent, voire lancent actuellement de nouveaux produits. Chez Lely, parmi les leaders dans l’Hexagone, on fait le bilan : « Nous en avons vendu 400 dans le monde. Avec 75 projets lancés depuis août 2012, la France est au second rang et le développement actuel se fait à un rythme de 20 à 30 nouveaux équipements par an. » Ils concernent presque exclusivement de fermes laitières, « exception faite de deux ateliers 100 % en viande bovine dans le Maine-et-Loire, de deux ateliers en chèvres et un en mouton. »
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