À l’EARL de la Coulée douce, le chargement étant faible, le système tout herbe est parfaitement adapté. Le printemps commence bien après un premier tour de déprimage. Le second tour est entamé. Le fauchage commencera d’ici 2 semaines, car les prairies naturelles poussent un peu plus lentement, pour commencer à constituer environ 150 bottes d’enrubannage.
Contrairement à ses parents et suite aux stages effectués pendant sa période de formation, Salomé Guillemaud met en place deux nouvelles pratiques : la monotraite et le vêlage groupé. Bien que le vêlage groupé comprenne de nombreux avantages dans son système, il a été un peu perturbé par la FCO cette année.
La phase d’adoption par les nourrices demande de la souplesse
« La particularité de cette année est que j’ai acheté 4 veaux femelles. En effet, à cause de la FCO, j’ai anticipé que je n’aurais pas assez de femelles », explique l’agricultrice.
Pour optimiser son volume de lait, elle a cherché des nourrices qui n’ont pas vêlé à cause de la FCO et qui produisaient donc moins de lait. Mais cela n’a pas bien fonctionné. Certaines refusent catégoriquement. Heureusement, il y a des caractères qui le font facilement et c’est aussi plus simple quand elles ont eu un veau. « J’ai dû me résoudre à choisir une Jersiaise qui fait des bons taux et du volume pour prendre 2 des 4 veaux femelles que j’ai achetées. Ce n’était pas mon premier choix ».
« Faut accepter d’être souple. C’est quand même les vaches qui décident. Mais, une fois que les binômes sont faits, tu ne t’en occupes plus pendant deux ans. C’est royal. »
Génisses saillies par un taureau angus
Puis, les 5 nourrices et les 10 petits veaux restent ensemble jusqu’en janvier, soit 10 mois. Les veaux vont boire du lait en libre-service et pâturer jusqu’au sevrage. De janvier à mi-mai de l’année suivante, le lot de génisses est à l’herbe. Elles seront saillies à 15 mois par un taureau angus : cela permet d’avoir des petits veaux qui passent bien pour un premier vêlage à 24 mois. « Le choix du taureau est important et je n’ai pas eu d’intervention sur les vêlages de génisses depuis 3 ans. »
La première année de lactation est en général un peu faible 9 L/j/VL. Mais la production revient ensuite dans la moyenne du troupeau dès la 2e lactation (14 L/j/VL). Concernant le comportement, il n’y a pas de différence à la mise à la traite et elles s’intègrent bien dans le troupeau.
« Je vois que du positif. Moins de travail : je n’ai pas besoin de revenir nourrir les veaux le soir, la croissance des génisses est impressionnante et satisfaisante. Je n’ai aucun frais vétérinaire depuis 3 ans sur mes génisses de moins de 2 ans. Je ne vermifuge pas et je n’ai pas de problème de parasitisme ou de diarrhées. »
Salomé Guillemaud peut donc porter toute son attention aux autres tâches de la ferme.
Civam 56 : 07 70 10 22 64
Dimensionner la surface en herbe à allouer au pâturage des génisses
La 1re étape de la méthode consiste à prendre l’âge moyen en mai d’un lot de génisses. Ensuite, il faut compter 1 are par mois d’âge et le multiplier par le nombre de génisses. À partir de 25 mois, prendre 25 ares/génisse. La surface obtenue est celle qui permet de nourrir les génisses en 100 % pâturage pendant la pleine pousse de l’herbe. Cette surface peut être découpée en 3 à 5 paddocks. Pour l’été, cette surface peut être multipliée par 2. Par exemple, si le lot est constitué de 20 génisses nées en automne 2024, qui auront en moyenne 19 mois en mai 2026, alors la surface nécessaire est de 20 génisses x 19 mois x 1 are = 3,80 ha. Soit, 3 paddocks de 1,25 ha. En été, on peut leur allouer le double de la surface, soit 7,6 ha, et les diviser en 6 paddocks. Plus il y a de paddocks complémentaires, plus on pâture loin dans l’année.
Zone favorable
Kévin Tymen – Plonévez-Porzay (29)
La production laitière est bonne : 22 kg par vache et par jour à 45 de TB et 37 de TP. La pousse d’herbe est importante, mesurée à 68 kg de MS/ha et par jour. Mes besoins pour le troupeau sont de 36 kg/jour, je peux faucher sans prise de risque. Je vais attendre la semaine prochaine pour lancer ces chantiers. Les semis ont été réalisés, soit avec un mélange de RGA tétra et diploïde ainsi que de la fétuque élevée et du trèfle pour des pâtures de longue durée, soit du RGH avec trèfle blanc après le bale-grazing hivernal. Enfin, du RGH/trèfle blanc a été semé sous couvert de méteil fourrager. Le ray-grass hybride prendra le relais après récolte du méteil (65 à 70 jours de pousse).
Civam 29 : 02 98 81 43 94
Zone intermédiaire
Christophe Caro – Plémy (22)
Mes vaches dorment dehors depuis le 30 mars et le déprimage s’est terminé le 14 avril. Les conditions météo, les refus de maïs et 10-12 jours d’avance au pâturage ont entraîné la fermeture du silo de maïs le 7 avril. Les vaches produisent 25 L/jour, à 45 de TB et 35 de TP pour un stade moyen de lactation de 7 mois. Les vaches reçoivent une ration 100 % pâturage avec 1 kg de céréales à l’auge et des minéraux. J’ai une légère impression de manquer d’herbe, mais c’est bon signe au printemps car cela permet d’entrer dans les paddocks au bon stade et de ne pas se faire déborder. Les génisses qui font leur 2e mise à l’herbe sont sorties depuis le 5 avril.
Cedapa : 02 96 74 75 50
Zone intermédiaire
Philippe Aubert – Plesder (35)
On a commencé la mise au pâturage le 22 février, et on a terminé le premier tour début avril en même temps qu’on a commencé le pâturage jour-nuit. En pleine pousse de l’herbe, on fait des paddocks de 3 jours. Comme on a un peu moins de vaches en ce moment, et qu’il y a toujours de l’affouragement, on priorise une sortie de parcelles une fois que c’est bien nettoyé. On est confiants sur le report de stock de l’an dernier, et sur 12 ha qu’on a récupérés et qui serviront à faire de l’ensilage d’herbe ou enrubannage. On est moins confiants sur les aléas climatiques : on est sur un sol drainant, donc cela peut vite être sec. J’espère qu’on aura de la pluie de temps en temps.
Adage : 02 99 77 09 56

