Un stock de protéines avec le méteil fourrage

La composition du méteil fourrage a évolué au fil des quinze années d’implantation au Gaec du Rendez-vous, à Sulniac. Le pois a disparu au profit des trèfles.

groupe de personnes dans un champ - Illustration Un stock de protéines avec le méteil fourrage
Dans le cadre du programme d'actions bassin versant porté par Golfe du Morbihan Vannes Agglo et AQTA, la Chambre d'agriculture organisait un après-midi bout de champ le 8 avril.

Les méteils fourrages comprennent de plus en plus de légumineuses et sont semés plus tôt. En dérobée, avant maïs, l’implantation de trèfles annuels dans les méteils est conseillée. Au Gaec du Rendez-vous, le mélange, semé mi-octobre, entre deux maïs, compte 60 kg d’avoine, 20 kg de vesce commune et 10 kg de trèfles Micheli et Squarrosum. Les semences sont dans une même trémie ; la profondeur de semis est équivalente à un blé. Ce méteil a remplacé le RGI pour sa facilité de destruction. Le pois a disparu dans le mélange au profit des trèfles annuels, car jugé trop tardif en développement. « Il faut semer tôt après la céréale récoltée, dès début septembre si possible, pour que le trèfle puisse se développer », indique Benoît Possémé, conseiller à la Chambre d’agriculture.

Supérieur à un RGI

Les objectifs d’un tel mélange sont d’assurer un rendement minimal de 5 t MS/ha, à 16% de MAT ; la récolte doit être réalisée précocement pour implanter un maïs, et pouvoir être détruite sans glyphosate, en sans labour. « Il y a peu de références avec des trèfles. Mais des essais réalisés sur trois années à Loudéac montrent qu’il est plus productif qu’un RGI, avec un taux de MAT supérieur ». Une tonne de matière sèche de plus à l’hectare environ et plus de 19 % de MAT, contre 15 % pour le RGI. « Si c’est le cas à Loudéac, c’est d’autant plus vrai dans le sud du Morbihan », estime le conseiller.

Un compromis entre rendement et valeur

Les mêmes essais ont montré qu’entre le 9 avril et le 17 avril, le rendement est passé de 2 tonnes à 3,6 t de MS par hectare quand la MAT chutait de 23 % à 20 %. Au Gaec du Rendez-vous, la récolte, en enrubanné, est réalisée quand la vesce commence à fleurir. « Je fauche à plat », indique Fabien Luherne, l’un des associés. « J’andaine un ou deux jours après et j’enrubanne l’après-midi du jour suivant ». Trois jours, en moyenne, pour obtenir un produit à plus de 30 % de matière sèche. Le méteil est distribué à raison de 2 kg de MS dans une ration qui comprend 2 kg d’enrubanné de luzerne (MS), 5 kg de maïs ensilage (MS), 2 kg de maïs grain, 2 kg de blé, en période de pâturage. En ration hivernale, à Loudéac, le méteil à 28 % de MS était donné à hauteur de 7 kg, avec 10 kg de maïs, 2 kg de correcteur azoté et 1 kg de maïs grain, pour 29 kg de lait produit par vache.

Bernard Laurent

Autre exemple de mélange

Le méteil associe une graminée à épiaison fin avril pour laisser de la souplesse à la récolte et des légumineuses les plus précoces possibles au printemps pour éviter les récoltes tardives. Exemple de semis réalisé fin septembre en Centre-Bretagne : 35 kilos de seigle forestier « Forestal », 20 kg de vesce velue « Réa », 5 kg de trèfle incarnat et 5 kg de trèfle squarrosum.


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